Si la majorité devient mineure – La semaine politichienne de Smig

On peut toujours se dire que ça ira mieux demain, en l’occurrence dans deux ans et demi et croire dans des lendemains qui chantent et au grand marché commun.

De fait, l’individualisme devient la première religion, la valeur refuge, et chacun prône pour la reconnaissance de sa propre particularité, de sa propre souffrance, le plus souvent ressentie que vécue.

Ainsi, sous prétexte de souffrance animale, un groupuscule exige le retrait des tableaux de maître représentants des scènes de chasse ou de banquets avec des viandes et/ou du gibier.
Ainsi, sous prétexte de pudibonderie, un groupuscule, ou plusieurs, réclame le retrait des œuvres d’art représentant des femmes nues ou dénudées ou insuffisamment couvertes.
Ainsi, sous des prétextes religieux médiévaux, certaines personnes vivants sans doute dans des grottes, menacent des pires sévices le monde, si les œuvres d’art représentant des hommes nus n’étaient pas interdites à la vue. Il faudrait même sans doute les détruire comme les bouddha en Afghanistan, on gagnerait du temps.

Dès lors, s’interroger sur le bien fondé de telles demandes (il n’y en a aucun, que ce soit bien clair) revient à donner une visibilité à l’expression de minorités qui ne souffrent même pas. Ne pas aller dans un musée n’est pas en soi une souffrance, d’autant que les personnes pleurnichant n’y allaient pas avant. Pas de changement donc quel intérêt de manifester ou de se plaindre ou de lutter pour supprimer quelque chose que, de toute façon, on ne faisait pas avant? De toute façon, il n’y a pas lieu d’argumenter. Les opprimés sont légions, nous le sommes tous, finalement, et ils ont toujours raison, donc forcément, tu as tort.

Tu veux porter un parasol dans le cul même si ça empêche tout le monde de se garer? T’as raison! Et qui sommes nous pour t’empêcher de vivre comme bon te semble? Ce n’est pas comme si nous devions faire société ou un truc dans le genre. Tu veux interdire les statues de nu, les toiles avec des animaux, les caricatures, les reproductions (sous toutes ses formes d’ailleurs), tu veux pouvoir porter le voile, crier que tu es une victime de la colonisation finie depuis 60 ans, de l’esclavage fini depuis deux siècles. Tu veux pouvoir dire que tes parents ont reconstruit ce pays (pendant que les autochtones se la coulaient douce à Juan les pins puisqu’ils sont sionistes), tu veux pouvoir dire que ta famille a subi de plein fouet l’esclavage, même s’il n’y a plus aucun survivant, tu veux pouvoir crier que tu es victime des pires soeurs zombres de l’histoire, il y a 80 ans, ce qui avouons le, ne nous rajeunit pas, alors, fais le ! De toute façon, l’état te donne ce droit et te le renier serait un outrage à l’état, à dieu, aux lois, à l’univers, au cassoulet, à l’habeas corpus et aux huîtres.

Il faut donc pouvoir se considérer comme minoritaire parce qu’on est une femme, ou noir, ou lesbienne, ou musulman, ou vegan, ou écolo ou socialiste ou maradonien et toute cette énergie mise dans la reconnaissance de cette pseudo souffrance doit se faire à l’encontre des autres. Cet autre qui est par définition, blanc, catholique, homme, vieux ou cinquantenaire, cadre ou assimilé, cultivé ou érudit ou en quête de l’être. Dès lors, puisque toutes les minorités s’agrègent contre cet individu unique et que toutes les tensions se concentrent sur ce pov’ gars, il n’est pas stupide de considérer que finalement, la véritable minorité devient l’homme blanc , tout ça, tout ça… Il faut bien que j’assume mon statut de facho puisque l’obs a décidé qu’en tant qu’apostat , je l’étais par définition donc j’assume…

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