Pensées et discussions à l’aire de la nationale (22) ou dialogue de l’auto fou

 

– T’en as pas marre d’écrire tout le temps des trucs que personne ne lit ?

– C’est seulement parce que je garde espoir… Je sais, je suis con…

– Tu gardes l’espoir que la personne à qui tu jettes toutes ces bouteilles à la mer, lira un jour ça, alors que ça fait déjà un moment qu’elle est passée à autre chose et qu’elle a même oublié jusqu’à ton existence.

– C’est bien pour ça que je parle d’espoir, sinon je parlerais d’évidence.

– L’évidence c’est que t’es en train de passer à côté de tout parce que les gens ne savent pas ce que tu es et ce que tu vaux.

– Ouais, alors, quand les gens me montrent ce que je suis et ce que je vaux, en général, ça ressemble à une bonne grosse bouse et de toute façon, ça se termine mal.

– Ça, c’est seulement parce que c’est ce que t’as envie de croire.

– Ça fait bien longtemps que l’idée même de croire en quelque chose est morte chez moi.

– C’est pas vrai puisque tu crois qu’elle lit tes merdes.

Elle rit. Elle avait raison et je la haïssais d’avoir raison. Il fallait que j’aille pisser comme pour évacuer les dernières lueurs d’espoir que j’avais.

– T’as raison, cache ta honte.

– J’ai pas honte, je vais pisser.

– Tu appelles ça comme tu veux.

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