ça fait toujours mieux que de ne pas être seul à être con …

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. P.Valéry
Et on en est là. Des flics qui utilisent des armes et des violences, sur des gens qu’ils ne connaissent pas, au profit de maîtres qui leur versent, généreusement, une aumône afin qu’ils continuent de protéger les intérêts de ces maîtres qui ripaillent entre eux, en jetant un œil empli de dédain et de mépris sur les canaris perdus.
Et on en est là. Un boxeur qui perd son sang froid pour protéger sa femme et ses amis, et accessoirement lui-même, et qui use de son art pour massacrer un pauvre flic qui ne fait qu’appliquer les ordres de maîtres qui se versent benoîtement des rémunérations de 17000 balles pour organiser un débat dont les résultats sont déjà connus et qui, de toute façon, n’influenceront en rien les politiques menées par ces maîtres à l’avenir comme la hyène sournoise l’a encore rappelé récemment.
Alors, il aurait fallu que les asservis, d’où qu’ils soient, s’unissent pour déboulonner les statues de sel et de glace des maîtres voltigeurs. Mais voilà, le conditionnement, l’éducation, l’habitude, l’absence de sens critique font qu’il est encore préférable pour certains, afin de préserver les maigres avantages tombés du haut de la montagne, de faire perdurer le statut des maîtres.
Pour une porte cassée, on invente le ouinouinisme de base. Le porte parole d’un gouvernement, que personne ne veut plus écouter à l’exception de quelques courtisans ou supporters d’un système insupportable, s’épanche en mine affligée sur les médias complaisants pour réclamer justice au nom de la république et, accessoirement, de la porte parce que, quand même, il y a souffrance mobilière.
Pour un mur de parpaings non scellés disposés devant une entrée de domicile, et rangés par la gendarmerie, donc avec des deniers publics, un dimanche matin, on cultive le ouinouinisme. Et puisque certains ont voulu faire une cagnotte pour aider le boxeur qui a perdu son sang froid, on installe définitivement le ouinouinisme. Oh bien sûr, ça n’est pas malin, ça n’est pas noble ni glorieux, bien sûr. Bien sûr, ça ne respecte pas les codes du noble art et ça ne respecte pas les forces de l’ordre ni les marques de bonne conduite de la haute société. Bien sûr. Mais le ouinouinisme réussit à culpabiliser les victimes avec une aisance qui, elle, respecte l’art et la dignité.
Le ouinouinisme est devenu une vertu politique. Il s’agit de se comporter en victime dès lors que l’on est le bourreau et de culpabiliser les victimes en utilisant les effets de la fameuse catharsis inversée.
Le ouinouinisme est l’élément central du pagliacisme qui est le modèle politique dominant. Concept crée par un amoureux fou de l’ue, ça existe, et qui consiste à mener une politique de clowns. Dans son esprit, cette politique s’apparentait d’abord à la coalition italienne. Evidemment quand on est pro eu, on est pro renzi et un attelage populiste, c’est ce qu’il y a de pire au monde. La politique de la coalition en Italie est, selon lui, menée par des clowns qui courent les plateaux télé, les éditions et abreuvent les comptes FB de petites vidéos pour diffuser des messages. Toute ressemblance avec le système mit en place par le monde carcéral juvien ne saurait être qu’une coïncidence. Je ne crois pas.
Nous avons donc une politique de clowns qui se répand honteusement sur les médias et qui vise à instaurer le ouinouinisme, politique de la victimisation à outrance qu’on retrouve dans les milieux vegan, lgbt, printemps républicain, musulman, antifa, indigène, lrem, anti antisémite, swj, anti raciste, modem, féministe et autres supporters de l’OM ou de fan de la tarte aux quetsches et qui pourrait se définir simplement par: je fais chier le monde, j’insulte tout le monde, j’ai toujours raison même quand j’ai manifestement tort mais ce sont les autres les méchants. Parce que les autres, ils font rien qu’à pas être d’accord avec moi, ouin ouin.
Tout cela n’existe que parce que l’utilisation de la catharsis inversée fonctionne à plein régime et tournent les vents de la déraison. Phénomène vieux comme les lois de la rhétorique et qui consiste juste à envoyer le message à l’autre qu’il devrait simplement, physiquement, fermer sa gueule parce que les autres souffrent davantage que lui, et comme il y a toujours pire, c’est un processus sans fin et tellement pratique qu’il en devient pitoyable. Cela fonctionne d’autant mieux que chaque contestation est noyée sous un flot d’affaires inutiles et de messages insignifiants et insipides. On se fout de savoir avec qui couche un ancien chronique qui a écrit des livres parait il. On se fout de savoir ce que des incompétents notoires qui écrivent des livres de cul mal ficelés pensent de la cagnotte leetchee. On se fout du grand débat national entre gens du même parti et dont les résultats sont déjà publiés et on se fout même que Kéké 1er appelle à davantage de fermeté, on s’en fout parce qu’ils n’ont aucun intérêt mais il faut noyer le poisson, cacher la poussière sous le tapis, éplucher la courgette (ça ne veut rien dire mais je fais ce que je veux!).
Ainsi, le régime politique français actuel est parfait puisque on peut manifester (bon Raoul Auguste a dit hier que ça allait changer), on peut dire ce qu’on veut (bon sauf dans tous les médias et sur FB mais on peut si on respecte la loi sur les médias) on peut contester le régime (bon sauf dans les médias, sur FB, au travail, dans la rue et dans le respect de la loi de l’état d’urgence qui est devenue la loi commune depuis un an) on peut même pratiquer la religion qu’on veut (bon sauf que là, ils vont modifier la loi de 1905 sans nous demander notre avis, parce que les ouin ouin barbus ont envoyé suffisamment de pleureuses sur les plateaux pour que finalement on passe aux choses sérieuses)… mais on peut parce que, d’abord, ailleurs, on ne peut pas !
Alors oui, il y a des dictatures plus horribles et sanglantes et répressives que la France, oui, évidemment et donc, fort de ce constat évident, il devient interdit et indigne de manifester sa désapprobation du régime actuel. Les français sont des enfants gâtés mais cet accès à la gâterie (Non je ne fais pas de demandes particulières à Aurore, quoique), les français le doivent à leurs ancêtres. Et tous les ancêtres. Ceux qui sont morts en France, et dans les territoires qui étaient jadis français, pour cette liberté et ceux qui sont venus d’ailleurs pour accéder à cette liberté. C’est au nom de tous ces sacrifiés là que, aujourd’hui, une partie du peuple, des gens, des citoyens, réclame davantage d’égalité, de liberté et de fraternité. Ces trois mots sont sur le fronton de tous les édifices publics mais ils ne sont plus que des mots qui concourent à former le ouinouinisme pour les politiciens.
Notre dieu juvien et ses affidés ou canidés sont des clowns pleureurs, victimes d’être coupables et qui considèrent que puisque nous ne vivons pas en Corée du Nord, on devrait savoir fermer sa gueule, et celle des autres aussi en passant, ça fait toujours mieux de ne pas être seul à être con.

Alors bonne année

 

 

Et recommence cette litanie que nous avions évitée pendant presque un an. Comme les anniversaires, il faut que reviennent ces temps de vœux auxquels plus personne ne croit vraiment et qui s’avèrent, pour moi, de plus en plus difficiles à supporter. Chaque année, on recommence et, chaque année, je m’aperçois que l’année passée fut pire que la précédente, que la chute est lente mais permanente. J’aimerais me dire que cette fois, ça sera la bonne, que les vœux de cette année seront couronnés de succès et que, enfin, ça ressemblera à quelque chose.
Evidemment, on remercie. On répond, on remercie, on sourit. En tout cas, c’est ce que je m’efforce de faire parce que je ne suis pas qu’un monstre, mais sans vraiment y croire encore. Je sais que mon pessimisme naturel va ternir ces jours et que la joie hypocrite d’enterrer une année triste ne sera pas suffisante pour me rassurer sur les jours qui viennent. Personne ne sait vers quelle catastrophe nous courrons et personne ne veut vraiment le savoir. En réalité, il y a une sorte de fatalisme dans les vœux de cette année, une sorte de soutien et d’espoir de revoir l’autre vivant parce que c’est loin d’être fait.
Alors, il n’est pas de bon ton d’être seul, d’être triste parce que ce jour n’est pas le même que les autres et qu’il faut que forcément, il soit à part. Tu as le droit d’être un dépressif isolé et solitaire tous les jours de l’année, sauf durant cette semaine. Cette semaine, tu n’as pas le droit d’être lucide et de te poser les vraies questions sur toi ou sur le monde. Tu te dois d’être d’affable à défaut d’être joyeux. Tu te dois d’être sortable à défaut de sortir.
Pourtant, je sais que chaque jour qui passera désormais me rapproche du départ. Il s’installe comme une évidence que je ne resterais pas dans mon antre, parce que je n’en ai pas envie. Le spectacle de la quête de notoriété qu’elle soit en gilet, ou en stylo, ou en gyrophare, accentue cette lassitude. Une course à l’échalote de savoir qui sera le représentant, alors que plus personne ne veut être représenté sauf quelques tenants de l’ancien monde des marcheurs. Chaque jour fournit son nouveau représentant de quelque chose ou d’autres choses. Tout le monde représente tout le monde et plus personne ne semble apte à se représenter lui-même.

Alors soyons représentés par ces fous d’hubris qui veulent exciter des sots pour plaire à des gueux qui visent à marcher sur les justes et les faibles puisque c’est l’issue, le but, le jeu.
Alors soyons heureux de voir des pantins désarticulés s’ingénier à vouloir prendre la parole pour des démunis silencieux afin de les ridiculiser davantage dans l’espoir d’un strapontin inconfortable dans une alcôve sombre. Et jouissons, profitons de ces jours de fête, pendant qu’il est trop tard, profitons de ce que cette engeance autorise encore à prendre et prenons ce qu’on nous refuse puisqu’il faut être une icone et non plus un agissant.
Alors bonne année puisque c’est peut être la dernière de ce système, de ce monde, de moi, de nous, de vous.

La semaine politichienne de Smig – Demander un peu de lumière c’est mal

Evidemment ce n’est pas la même chose, évidemment c’est différent, évidemment ce sont d’autres époques, d’autres mœurs mais qu’un futur condamné assis sur son perchoir puisse se permettre d’exiger des génuflexions de la part d’un journal soi disant indépendant et que cette feuille de chou s’acquitte avec déférence de cette tache, invite à s’interroger sur la pertinence de cette une. Finalement, en s’indignant de manière si marquée, les courtisans ne prêtent ils pas définitivement le flan à ce que de plus en plus de victimes pensent à savoir que les dérives d’Hayek et d’Augusto deviennent un véritable modèle de gouvernance pour le panthéon juvien. A force de crier au loup pour pouvoir contrôler toute forme de presse, il semble évident que les préceptes de Bernays soient le modèle. alors oui, il sera toujours facile d’user de cette catharsis inversée qui vise à inviter le suspicieux à vivre dans une véritable dictature pour comprendre, enfin, ce que signifie ce mot. Evidemment, c’est pire ailleurs, évidemment il y a des représailles, des violences, des actes indignes bien plus immondes qu’en France. Et? Est-ce que cela doit nécessairement faire taire toute forme de contestations parce que le reste du monde souffre? Puisque les « autres » souffrent plus que nous, il serait de bon ton de se taire. Cette pensée marcheuse ne mérite que le mépris de ce qu’est la politique. Sous des appellations honteuses de démocratie, les extrémistes du centre veulent interdire la moindre contestation. Cela semble être factuellement l’inverse même de ce qui est prôné. Sous des exigences démocratiques on interdit certaines couvertures, on réprime certaines revendications, on tait certaines personnes, on en calomnie d’autres et on privilégie un système qui ne vise qu’à accentuer les avantages des bons soldats. Les mauvais soldats recevant eux les 300 miettes mensuelles généreusement accordées par ceux qui sont protégés. Une sorte de compensation que le seigneur médiéval accorde aux serfs qui se sacrifient pour contrôler la révolte de leurs frères. Il est des temps où l’indignité ne se mesure plus à l’aune des paroles mais bien uniquement sur la valeur des actes. Alors un futur condamné se permet de reprocher au journal du soir la une maladroite mais pourtant, à travers cette attitude stupide du perroquet breton et maréchal, il apparaît de plus en plus clairement une forme de réalité. Une idée qui se diffuse et qui ramasse des partisans, une idée qu’il faudrait une dictature pour remettre les choses en ordre ou peut être même plus encore que nous sommes déjà en dictature et que ce que le libéralisme ou le capitalisme devaient empêcher, à savoir le totalitarisme, n’est en fait que promu par cette économie. soudain, apparaît l’évidence que le capitalisme échevelé et marcheur ne peut entraîner que des dérives totalitaires et que malgré tout je conserve quelques nuances sur le libéralisme. Certains s’indignent de cette une qui rapproche un national socialiste à un social démocrate par une sorte de juxtaposition subliminale. Aucun marcheur ne semble pourtant s’interroger sur les événements qui ont fait que cette association d’idées ne soit même plus quelque chose de choquant, maladroit, stupide mais qu’elle deviennent plausible et même logique. Les lois de contrôle de l’expression ou encore les lois faisant de l’état d’urgence, la loi commune ou bien encore les lois sur le contrôle et le parcage des migrants et l’accélération des privilèges du type mort de l’isf ou augmentation du cice au détriment d’une justice, (prison ou amendes pour les manifestants) et d’une équité humaine (destruction active de la sécurité sociale) ne font que rendre crédibles cette association d’idées. Certes, ce n’est pas la dictature mais ça n’est pas non plus la démocratie. Certes ça n’est pas l’enfer mais c’est loin d’être le paradis. Tous les événements, toutes les marques, toutes les paroles, tous les actes de ceux qui devaient nous représenter montrent davantage chaque jour que si nous ne montrons pas un minimum d’opposition, le totalitarisme sera factuel et il semble que celui-ci se veuille clairement répressif et violent. A force d’acceptations de l’immonde, on marche toujours plus loin. On s’enfonce vers des ténèbres juviens et il est déjà, apparemment interdit de le dire.

Demander un peu de lumière c’est mal. Certes, nous ne sommes pas en dictature mais nous sommes plus proches de ça que de la démocratie et seuls ceux qui veulent instaurer ce type de régime se plaisent à croire encore autre chose.

La semaine politichienne de Smig – Si c’était le cas, ça se saurait, ça se verra, ça se vivrait

Ainsi donc la représentativité non critiquable est le système politique adéquat et parfait pour certains. Le conservatisme de droite, l’immobilisme de gauche et le totalitarisme central se retrouvent dans l’acceptation muette de ce système. Il est préférable d’élire ce qui nous sert de représentation nationale plutôt que de se saisir soi-même de ce qu’est la politique. Surfant sur cette faisabilité qui prétend que n’importe quel abruti peut être élu, certains n’importe qui envisagent de se présenter aux futures élections inutiles concernant un truc non moins inutile. Le mouvement des gilets jaunes n’étaient valables qu’à partir du moment où il se plaçait en dehors de cette démarche élective. c’est ce qui en faisait sa force et son pouvoir. Chacun devenant apte à prendre la parole et à s’exprimer dans un autre rapport que celui du cadre de la politique politicienne. Forcément, les sirènes de la notoriété, d’un job pas trop contraignant et très bien rémunéré et la sensation fausse de se rendre utile incitent certains à constituer une liste pour se présenter et être élu. De passages télé en plateaux médiatiques, certains auront comblé des lacunes narcissiques en se donnant une existence. Ils ont bien compris que les convictions, que les compétences, que l’intérêt général n’étaient que des leurres pour être élu et que ce qui compte réellement c’est d’obtenir une voix de plus que le quidam en face. Je n’ai rien personnellement contre la voyante bretonne, le courtier en assurances du sud ou le kebabiste de région parisienne. Ils profitent de la bêtise du plus grand nombre pour dévoyer un mouvement et devenir un député européen. Charge honorifique inutile et particulièrement bien rémunérée s’il en est. Alors avec les 5% ou même les 10% soyons fous, obtenus lors d’élections auxquelles quasiment personne ne participera, ils auront le job de leurs rêves d’enfance qu’une situation sociale trop classique ne permettait pas d’envisager. Grâce à toutes ces personnes parmi lesquelles ils ne sont pas et qui arpentent les ronds points, ils vont réussir enfin à devenir des gens respectables et respectés. Ils auront réussi à faire l’inverse des convictions qu’ils voulaient faussement défendre. Il ne faut pas de représentants pour ne pas tomber dans le piège de la politique et ils s’empressent de vouloir en devenir. Il faut instaurer le RIC, tout en sachant que, évidemment, le premier ric révocatoire serait pour eux comme une sorte d’évidence et de logique établie et désormais obligatoire. Etre élu d’un mouvement qui ne veut plus de partis, ni être représenté, c’est s’exposer à des situations totalement évitables. Evidemment que toutes les violences sont condamnables et doivent être condamnées. Bla bla bla…. ils se battent pour tenir ce discours compassé sur les plateaux tout en profitant allègrement des violences pour recevoir de nouvelles invitations pour renforcer et instiller dans l’esprit de chacun qu’ils représentent quelque chose et qu’une fois ça va changer. Ce qui va changer c’est que effectivement la défiance sera définitive concernant les politiciens. désormais entre LREM et les GJ, il est évident que n’importe quoi peut se présenter et gagner des élections et que dès lors, les politiciens n’ont plus aucune utilité. En ce sens, les comiques jaunes pâles tendances sans gilets en fait, finissent d’achever la crédibilité du système représentatif. Si le chanteur du fort peut se présenter sous bannière jaunarde, si le fils putatif physique du présentateur du journal de groland peut acheter le nom d’un mouvement qui ne veut pas de lui, si des députés adeptes du twitt facile et nocturne peuvent s’insulter et insulter leurs prochains de manière apaisée et sans redouter les moindres représailles alors n’importe qui peut être élu. Et si n’importe qui peut être élu, pourquoi ceux-là davantage que ceux-ci? Puisque tout le monde peut désormais se présenter et avoir des chances d’être élu, alors autant que nous participions tous à la même hauteur plutôt que de laisser des n’importe qui défendre nos intérêts comme si véritablement, ils se souciaient de nos intérêts. Si c’était le cas, ça se saurait, ça se verra, ça se vivrait.

La semaine politichienne de Smig – Enfin je croyais et finalement …

Etant sans doute trop impliqué personnellement je vois quotidiennement fleurir de nouvelles attaques concernant Etienne Chouard. Je ne chercherais pas ici à le défendre parce que je n’aurais pas cette prétention. Il est accusé d’avoir discuté avec Soral et d’avoir relayé certains articles ou propos de cette personne. Il s’en est expliqué, s’en est excusé, s’en est détaché très largement pour se concentrer sur son cheval de bataille. (Toujours mieux d’être concentré quand on est sur le cheval ou en parapente).
Il faut donc trouver des éléments à charge pour démonter le personnage puisque le propos est, lui, difficilement attaquable. De manière sans doute maladroite, il prône pour la mise en place d’une démocratie. Cette idée provoque chez beaucoup une peur panique. Le fait que les électeurs puissent enfin se prononcer sur la destinée du pays apparaît comme le pire démon de ceux qui revendiquent la démocratie. Cette idée est devenue par truchement syntaxique, le fait de donner à des personnes le pouvoir de décider pour tous, de ce que chacun va vivre et subir, sans qu’il soit possible de remettre en cause quoi que ce soit. Et tout va bien. Ainsi, les Bergé, Griveaux, Schiappa, O’Petit, Son-Forget, Ferrand, De Rugy décident pour nous de ce que nous allons vivre. Comme ils ont, en plus, obtenu la majorité des 40% de votants du pays, c’est open bar. A partir de ce constat est ce qu’on peut encore considérer efficace et même efficient ce système?
Bien sûr, ils furent élus mais une minorité seulement vota pour eux. Bien sûr, ils sont légitimes dans un système contrefait mais à quel moment est ce que cela est apparu normal, légitime, cohérent que plus personne ne puisse dire quoique ce soit jusqu’à la fin du mandat?
Il semble aussi qu’il soit normal et cohérent de trouver sur les bancs de l’assemblée des personnes déjà condamnées et plusieurs fois pour qu’elles décident du budget et des lois. Il est normal que des repris de justesse décident des lois que nous allons devoir adopter. Il n’y a que dans le monde parallèle des licornes et des bisounours qu’on peut encore croire que ces individus vont voter des lois qui pourraient les desservir et être au profit de la cause commune. Bien sûr, cela n’est pas propre à ce gouvernement, c’est le système qui est ainsi depuis bientôt 60 ans et sans doute même avant. Demander à des personnes engluées dans des intérêts personnels de défendre l’intérêt général, ce qu’on appelle une antiphrase.

Etienne Chouard dans toute sa maladresse d’homme qui n’est ni un politicien ni un homme formé aux médias, y va de sa candeur pour défendre ce qu’il croit juste, à savoir que le peuple doit se saisir de son propre destin et donc construire sa propre constitution qui est le point de départ de la démocratie.
Aujourd’hui, il est mis en position de défenseur numéro 1 du RIC, pourquoi pas… mais comme il aime lui même à le rappeler, ça n’est pas l’essentiel de son combat et c’est même davantage le combat d’Yvan Bachaud ou de Pat Au Logis . Toutefois, pour lui, le RIC est une bulle démocratique dans un système qui ne l’est pas. De fait, il est taxé de facho et de membre de l’extrême droite. Peut être l’est-il après tout. Ce que le cœur d’un homme recèle n’est connu que de lui-même. Néanmoins, s’il est d’extrême droite comme les partisans du statu quo institutionnel le crient partout, ces idées sur la démocratie sont -elles pour autant périmées, fausses, mensongères? Ce qui est intéressant, malgré tout, ce sont les idées et d’où qu’elles viennent. Oui je sais, c’est difficile à admettre et on va encore me rétorquer comme ce fut le cas il y a deux jours que, comme je suis un maghrébin qui profite allègrement des pensions et aides, il est normal que je soutienne un facho notoire. Tout cela est véridique et je cherche encore le lien de causalité entre les deux faits mais apparemment, pour ces apparatchiks d’un parti décédé, il y a une logique. Un antisémite critiqué par des racistes, c’est croquignolet.
D’autre part, il est surprenant de reprocher à un homme des accointances à un système politique dès lors que toute l’oeuvre, la vie et le travail du dit sieur consiste justement à ne plus avoir de système politique. En gros, le gars il dit qu’il ne veut plus de représentant et on lui reproche de trouver tel ou tel parti intéressant. Il veut sortir de l’UE mais comme il n’a pas voté Asselineau, il est méchant, comme si le fait qu’il dise de vote untel ou untel aurait changé quoique ce soit à l’issue du vote national, il a voté JLM et quand on voit comment certaines furies deux soumises le considèrent aujourd’hui, il y a de quoi regretter son vote. Donc si Etienne Chouard est d’extrême droite, grand bien lui fasse, et je m’en fous, parce que certains qui s’enorgueillissent d’avoir des amours politiques valables ont favorisé, promu, élevé ce système au rang de dogme et nous ont mis dans cette situation. Les différentes amours vis à vis du socialisme ou de la droite gaulienne qui ne connait pas de Gaulle ont fait que le refus de politique est croissant et ont mis au pouvoir une bande, une cohorte, une équipe de branquignoles, tous plus nuls les uns que les autres et qui, chaque jour, prouvent que nous avons eu tort de leur faire confiance, en tout cas ceux qui ont voté pour ça. On ne peut appeler autrement que sous ce terme de « ça », ce groupuscule totalitaire, dictatorial, méprisant et méprisable qu’est la dictature en marche arrière.
Alors, certains vont encore ergoter sur le fait que le « peuple » n’est pas compétent pour décider, qu’il faut des compétences reconnues pour décider de la destinée du pays. C’est vrai, et ça l’est tellement que, justement, les incompétents actuels qui décident de cette destinée ne sont plus aptes. Bizarrement, on avance aussi comme argument que le « peuple » peut se tromper et voter ainsi le retour de la peine de mort, la fin du mariage pour tous, l’interdiction de l’avortement, mais quand il se trompe et vote pour des personnes qui ne méritent pas ce mandat, ça n’est pas grave, tout va bien. Oh je sais que je ne suis pas très intelligent mais il y a là quand même quelque chose de particulier. Le « peuple » n’est pas valide et apte pour voter les lois mais il l’est pour désigner des maîtres ou des représentants qui ne connaissent qu’une acception de ce mot. Logique.
Il doit y avoir une logique qui m’échappe à refuser que le « peuple » puisse proposer des lois, en refuser certaines et renvoyer des représentants qui auraient manqué à leur devoir. Personnellement je suis contre toute forme de représentation mais étant déjà un maghrébin profiteur d’extrême droite, je ne vais pas aggraver davantage mon cas. Le RIC n’est pas la panacée, c’est évident. Il n’est qu’un préalable, une obligation et ne ferait que réparer un déni manifeste de démocratie mais le chemin est encore long pour désintoxiquer certains de la représentativité qu’ils en arrivent à trouver légitime alors que l’esclavage est aboli. Enfin je croyais et finalement…
Et puis, finalement d’où viennent ces attaques bien pensantes? D’un certain monsieur Mouchard qui accuse donc le sieur Chouard de bienveillance avec l’ennemi d’extrême droite en partant allégrement en croisière avec le borgne breton et qui dirige aujourd’hui un fascicule qui nous enjoignait de faire ce que nous voulions du moment qu’on se comportait enfin comme de bons castors juniors. Il est des temps où l’identité de celui qui attaque revèle la véracité et l’accuité des attaques et nous sommes dans des temps troublés où le premier antifa peu crédible ou fachos dérébrés qui attaque, sera celui qui aura raison.
Comme le disait Beaumarchais: » j’ai vu les plus honnêtes gens prêts d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville, en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse ! … D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, on ne sait comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ? »

La semaine politichienne de Smig – Parce que rien ne sera plus jamais pareil …

 

 

Depuis quelques années déjà, j’ai le sentiment que les noëls et réveillons sont moins festifs. Chaque année, les sourires et les étoiles dans les regards me semblent moins joyeux, moins marqués. L’attente et l’arrivée du jour dit sont, elles mêmes, moins excitées et excitantes. Je dois sans doute vieillir. Comme je me suis interdit cette marque du temps, je pense que, finalement, il s’agit d’autres choses. Impalpables. Quelque chose dans l’air qui fait que pousser le bonheur au paroxysme n’est plus ce que c’était. Alors, je me dis qu’en fait, ce n’est pas moi qui change, c’est bien le monde autour qui n’est plus ce qu’il était. Les choses changent et elles nous changent. Il n’y a plus de neige, il n’y a même plus les grands froids d’antan. Il n’y a plus de père noël partout dans les rues et les magasins, plus de feux d’artifice, plus de klaxons et de rires.Comme si petit à petit, le monde prenait conscience qu’un tournant arrivait et que rien ne serait plus jamais pareil. De fait, personne ne sait réellement ce qui se passera mais il semble que rien ne sera plus jamais pareil.

Certes, certains croient encore à ce vieux monde alors que les derniers feux d’une civilisation brillent dans un ultime sursaut dévastateur. Plus rien ne sera comme avant. Le peu de confiance qui existait, encore, sur ce système est mort. Au delà même de l’aspect politique qui est déjà enterré, ce sont d’autres aspects de la société qui vont être touchés et qu’on ne soupçonne pas encore.
Si le système s’effondre vraiment, comme il en prend le chemin, il affectera tout. Les « artistes » qui se font bien discrets actuellement et qui attendent de savoir de quel côté va souffler le vent, pensent peut être sauver une pseudo carrière. Les sportifs pensent peut être qu’ils vont réussir à échapper à un rééquilibrage des richesses. Il n’y a pas que les capitaines d’industrie qui bénéficient des largesses du système. Les médias subventionnés, le cinéma et le théâtre subventionnés, les sports défiscalisés vont devoir changer de modèle. L’agriculture et la pêche vont devoir devenir vertueuses et c’est le bio et l’équitable qui auront évidemment les faveurs des subventions plutôt que les batteries productives hors sol. Chaque secteur d’activité va devoir s’interroger sur son rapport à la clientèle et au monde. Ce que le maintenant nous aura montré, quoiqu’il arrive, c’est que le nombre et la force des révoltes ont davantage de poids que la représentativité, et que, donc, les élus ou les syndicats ne portent plus les aspirations sociales des « vrais » gens. Tous les secteurs actuellement subventionnés sont dans l’obligation rapide de changer de modèles. Il va y avoir d’autres priorités que des comités théodule, des associations fantômes, des statuts mouvants. Le modèle sociétal va être modifié parce que désormais il va falloir rendre des comptes ou au moins, les demandes d’explications et de justifications vont fleurir et les dépenses publiques vont être contrôlées, mais par tout le monde.

Les Gilets Jaunes ne réclament pas moins d’impôts mais plutôt que les impôts aillent là où ils doivent aller et pas dans des dépenses qu’une économie malade et en souffrance ne peut plus supporter. Chacun a ses idées d’économies et de secteurs à modifier. Il appartiendra à chacun de se déterminer mais les dépenses fastueuses de certains, alors que d’autres vivent dans la rue, ne se nourrissent pas à leur faim, ont froid, n’accèdent pas à l’éducation, à la culture risquent de devenir condamnables, épiées, jugées et elles seront de plus en plus difficiles à justifier.

Les fameux rond points trouvent enfin une utilité mais pas sûr qu’il y ai, à l’avenir, de nouveaux budgets pour de telles constructions. Il faudra tout justifier parce que tout devra se justifier, puisque désormais, tout se sait. Beaucoup de choses ne seront plus les mêmes parce que rien ne sera plus jamais pareil.

Un homme, ça s’oblige ou ça s’empêche

 

Un homme, ça s’empêche…

Alors que tout est confus en ce moment, les événements, eux-mêmes, font que rien ne devient manichéen et que, pourtant, beaucoup voudraient que tout soit blanc ou noir, or actuellement ce sont toutes les nuances de gris qui l’emportent. Préférer faire une pause dans le mouvement et se retrouver dans un anniversaire de gamins de 9 ans, au milieu d’un bowling provincial et entendre les enfants, à côté, chanter à tue tête, « Macron, démission » et esquisser un sourire et se dire que, finalement, ça ne changerait rien mais ça ferait quand même plaisir. Profiter des jeux proposés pour occuper l’enfance en manque d’actions pour sortir son téléphone et voir une bande de dégénérés entonner des chants antisémites, ou racistes ou, en tout cas nauséabonds, parce que tu n’as pas envie d’en savoir davantage, et se dire que non, définitivement non, tu ne peux en être.
Tu repenses au pouvoir d’achat et aux gens qui essaient de survivre, au point gelé, aux primes qui n’existent pas, aux pensions dont on ne prélèvent pas la csg mais en fait si, jusqu’en juillet, et puis après entre les vacances et Alzheimer, les vieux auront oublié, à moins qu’ils ne fassent plaisir à Barbier avant et ne quittent ce monde pendant la canicule à venir à force de ne rien faire pour le climat. On te dira que le climat c’était la taxe carbone et tu penseras que finalement la gratuité des transports et un réseau pertinent et écologique, ça serait bien aussi et puis finalement tu te dis, non laisse, t’es trop con.

Et puis, tu repenses au RIC, et tu te demandes comment objectivement des gens peuvent encore s’opposer à la démocratie. Tu lis, entends, vois encore des gens, respectables et tout à fait corrects en tous points et même appréciables et appréciés, soutenir que nous sommes en démocratie et que cette démocratie passe par la représentation et le vote. Alors tu t’interroges, tu cherches, tu réfléchis. Tu vois que le pays est dans le chaos, que rien ne fonctionne vraiment, que les élus qui devraient représenter le peuple, les gens, nous, ne savent rien de ce que nous vivons, ne comprennent plus rien de ce qui se passe. Tu vois qu’il faut éviter de dire peuple parce que ça déplaît à certains et souvent ceux qui, justement, préfèrent ignorer le peuple, la masse, la plèbe …

Peuple, ce mot qui soudain devient péjoratif. Alors ceux qui ne sont pas élus et qui ne vivent pas du malheur de l’autre, ceux là, voient cette représentation totalement perdue et sans solution. Et tu ne comprends toujours pas comment certains croient encore à la représentativité, à l’élection et se prétendent en démocratie. Ils votent pour des personnes qu’ils ne peuvent plus jamais contrôler et appellent cela la démocratie mais c’est toi qui es de mauvaise foi alors tu cherches encore à comprendre et tu doutes. Tu te dis que le RIC finalement, c’est quand même l’idée défendue par un mec qui, un jour, a accepté un débat avec un facho notoire. Et que les gens qui disent ça, sont ceux qui dirigent un journal subventionné par l’état et qui sont amis depuis l’enfance, avec le borgne échevelé, alors, si eux le disent, c’est que forcément c’est vrai puisque ce journal t’invitait, avec l’impératif qui va bien, à faire ce que tu veux du moment que tu votes Jupiteux. En gros, que tu acceptes de brouter dans les près verts arrosés grâce à l’eau retenue par les barrages construits par tes congénères. Forcément, c’est objectif, d’autant que le facho a le droit de se défendre sur le canal soviétique d’informations et seulement là, mais il a le droit, c’est ça la démocratie. Alors tu ne comprends pas et tu poses les choses:
Le RIC c’est mal parce que c’est un facho qui le défend. Un facho selon ceux qui se disent en démocratie et qui ne voient que par le vote alors qu’il est flagrant que ce système là ne fonctionne plus et qu’il n’a rien de démocrate puisqu’il faut en passer par des révoltes pour exister enfin, aux yeux de ces représentants.

Alors quelles solutions restent possibles dès lors qu’on ne peut continuer dans ce système et que le RIC, c’est le mal. On va recommencer et continuer à voter pour des représentants qui ne représentent plus. Cela semble fortement compromis désormais. Il faudrait pouvoir révoquer les élus qui commettent des erreurs (on va prétendre qu’ils sont seulement incompétents mais de bonne foi). Il faudrait pouvoir proposer des lois parce que les gens, le peuple, sont ceux qui vivent les situations qu’ils voudraient voir être discutées ou légiférées. Il faudrait pouvoir annuler une loi ou un acte qui semble en désaccord avec la majorité, (qui voulait bombarder la Syrie sans l’accord de l’ONU?) Il faudrait pouvoir donner davantage de pouvoirs aux électeurs, davantage de droits. En gros, il faudrait les 4 formes de RIC mais sans le RIC, parce que c’est facho et que les gens sont trop cons. Et ça, ça n’est pas possible de laisser des cons décider. Finalement, pour les croyants à l’annonce faite par juvien 1er, dieu des castors juniors que : la France est une démocratie, , il faudrait apparemment qu’on en revienne à un suffrage indirect, censitaire sans doute, évidemment. Alors, bien sûr, si les cons avaient le pouvoir ou possibilité d’exprimer un pouvoir, ils voudraient logiquement remettre en cause, sur l’instant, la peine de mort et l’avortement et l’huile de palme et la tarte aux quetsches et le mariage pour tous et je ne sais même plus quoi. Les gens sont tellement cons. Peut être qu’ils voudraient même légiférer sur la GPA, sur l’euthanasie, sur la gratuité des transports, sur l’UE, sur l’écologie, sur l’impôt, sur la tarte aux poireaux ou sur l’impératif fait sur l’égalité des salaires hommes femmes. Les gens sont tellement cons.

Et puis, finalement, tu penses à ces deux magnifiques jeunes filles du nord, en vacances dans un pays du sud et qui ne rentreront jamais chez elles, qui ne reverront jamais leurs parents, qui ne souriront plus jamais à la vie parce qu’elles ont eu la malchance de croiser 4 dégénérés absolus, des vrais et que la même semaine, un autre dégénéré, un vrai, a cru que le marché noël de Strasbourg était une compétition de biathlon et que, là aussi, des gens, des gars du peuple tant honnis, ne rentreront pas chez eux. Tu vois que parmi ces trois victimes, il y en a un qui reçut des obsèques nationales in sue paese mais que ton gouvernement ne daigne même pas envoyer un représentant parce que un représentant, ça ne représente pas en fait. Alors il ne faut padamalgam, alors il ne faut pas s’interroger sur la peine de mort, alors il faut se dire que c’est comme ça, parce que les gens sont trop cons mais tu ne peux t’empêcher de te dire et de retourner dans ta tête qu’un homme, ça s’oblige ou ça s’empêche.

 

 

 

un ensemble d’articles …

https://www.jeuneafrique.com/679626/economie/tchad-la-france-octroie-une-aide-de-40-millions-deuros-pour-payer-les-salaires-des-fonctionnaires/

https://www.lci.fr/social/quenelle-et-salut-nazi-a-montmartre-parmi-des-gilets-jaunes-l-uejf-reclame-des-sanctions-2108296.html?

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/05/quand-edouard-philippe-exagere-fortement-la-hausse-du-smic_5393142_4355770.html?

http://www.leparisien.fr/economie/fonctionnaires-le-gouvernement-confirme-qu-il-n-y-aura-pas-d-augmentation-du-point-d-indice-21-12-2018-7973964.php?

https://www.bfmtv.com/politique/ric-78percent-des-francais-plebiscitent-le-referendum-populaire-1593514.html?

http://www.leparisien.fr/societe/defenseur-du-ric-soutien-de-soral-qui-est-etienne-chouard-coqueluche-des-gilets-jaunes-19-12-2018-7972728.php?

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/12/19/25001-20181219ARTFIG00216-malaise-chez-les-insoumis-apres-l-hommage-de-francois-ruffin-a-etienne-chouard.php?

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/21/les-deux-visages-d-etienne-chouard-chantre-du-referendum-d-initiative-citoyenne_5400957_4355770.html?

https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/ric-pourquoi-pas-chouard-non-merci?

https://www.marianne.net/politique/vrai-democrate-ou-complotiste-infrequentable-le-blogueur-etienne-chouard-divise-la-france?

https://www.liberation.fr/politiques/2018/12/21/chouard-dieudonne-ruffin_1699204?

https://droit-finances.commentcamarche.com/faq/33224-aide-a-la-presse-les-journaux-les-plus-aides-par-l-etat?

https://www.lexpress.fr/actualite/politique/marine-le-pen-joffrin-est-parti-en-croisiere-avec-mon-pere_1006750.html?

[RIC POUR LES GILETS JAUNES (et les autres)] Les mœurs des « journalistes » en France, en 2018, avec les vrais opposants, c’est 2 qui tiennent et 3 qui cognent… et un bâillon pour qu’il se taise… Je demande le droit de nous défendre loyalement : en direct et en face à face

Maroc : 9 nouvelles arrestations après l’assassinat des deux jeunes filles scandinaves

https://actu.orange.fr/monde/nouvelles-arrestations-dans-le-meurtre-des-deux-scandinaves-au-maroc-CNT000001bhBuF/photos/photo-distribuee-par-la-police-marocaine-montrant-les-trois-suspects-interpelles-le-20-decembre-2018-dans-le-cadre-de-l-enquete-sur-le-meurtre-de-deux-touristes-scandinaves-dans-le-sud-du-maroc-3391ba97538138b7b3ef42e4427c9baa.html

https://www.ouest-france.fr/monde/maroc/maroc-des-veillees-organisees-en-memoire-aux-scandinaves-tuees-dans-l-atlas-6146879?

https://www.europe1.fr/societe/attentat-de-strasbourg-la-video-dallegeance-a-letat-islamique-avait-ete-effacee-par-cherif-chekatt-3826370?

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/07/comprendre-la-taxe-carbone-en-huit-questions_5394292_4355770.html?

Les Gilets Jaunes, l’économie morale et le pouvoir

https://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1984_num_4_1_1719?

 

Où enfin commencer quelque chose …

 

        De moins en moins envie de m’épancher sur cette société qu’on nous impose, à la veille d’une nouvelle manifestation, que tous espèrent pacifique, en sachant, déjà, qu’elle ne le sera pas partout.

       Ce gouvernement est incompétent dans sa mission qui consiste à répondre à la population, du mieux possible. L’UE contraint les peuples à l’asservissement et est dirigée par une bande de robots pour qui les vertus du capitalisme sont au delà de toutes les religions. Les religions, elles mêmes, sont une malédiction pour le monde, finalement, alors qu’elles auraient dû être une bénédiction. Alors, tout le monde connaît la situation et la solution. Sortir du capitalisme en sortant de l’ordo libéralisme bruxellois, sortir de cette république qui est épuisée des multiples viols subis, donner enfin un vrai pouvoir aux gens, même si c’est populiste, même si vulgaire, mais au moins, admettre que chacun est assez grand pour gérer son foyer et donc ce qui régit celui ci. Selon les cas, nous devons être adultes mais, en même temps (c’est la mode), asservis, esclaves de règles et de personnes inconnues et qui ont, désormais, montré leur incompétence crasse et le danger qu’elles représentaient. Définitivement, les escrocs sont aux commandes parce qu’il s’agit d’une profonde escroquerie d’être guidé et dirigé, comme ils aiment à le dire, par ces individus. Ce constat est factuel et difficilement contestable et une vraie grande honnêteté consisterait simplement à reconnaître que n’importe qui, aujourd’hui, est capable de faire aussi mal que ces deux gouvernements qui dirigent et nous tuent. Oh certes, on pourra mettre en avant que le petit peuple, le bas peuple, est jaloux, vulgaire, sale, ignorant et même méchant. Que ce mot: peuple, ne signifie rien, alors qu’il veut tout dire et que tout le monde le comprend mais il permet, surtout, à cette caste dirigeante, de renvoyer l’opposition populaire à un statut de néant… 

        La fameuse question, c’est qui le peuple ? C’est quoi le peuple ? Question qui n’intéresse que ceux, finalement, qui tirent des avantages de cette situation ankylosée, métastasée. Le peuple, c’est celui qui, à 80%, n’a pas voté pour ça mais aussi les 20% qui ont voté pour ça. Alors oui, j’ai raté ma vie, j’avais plus de talents, plus d’intelligence, plus de culture que la quasi totalité des gens que j’ai rencontrés dans ma vie, peut être, peut être pas, mais je n’ai jamais eu l’esprit de compétition, je n’ai jamais voulu être le 1 et du coup, je ne suis rien. Alors forcément, je me reconnais parmi les riens qui souffrent, qui sont en bas, parce que je suis de cette engeance là, parce que je ne fais pas de bruits, je ne me bats pas, je me tais. Exactement comme tous ces gens méprisés par une oligarchie de plus en plus indigne. On ne m’a pas fait confiance parce que je ne me faisais pas confiance, parce que le petit rebeu du 93, malgré des diplômes à ne plus savoir qu’en faire, et tout ce qui va bien, n’est toujours qu’un petit rebeu du 93. Aujourd’hui, les petits comme moi, veulent exister et montrer qu’ils peuvent, eux aussi, devenir des êtres politiques. Quand on regarde la classe politique aujourd’hui, elle ne mérite pas les gens qu’elle prétend représenter et qu’elle humilie en fait. Alors que le peuple se dirige lui même ne peut être pire qu’être dirigé par « ça ». Ce peuple fera lui aussi des erreurs, c’est certain, mais au moins, elles seront les siennes et ça veut dire beaucoup.

       45 ans, deux enfants, deux bacs+5, chômeur, plutôt mal dans sa peau, avec un nom et une supposée culture qui ne lui correspondent pas, essayant de survivre dans ce marasme parce qu’il y a, malgré tout, de belles choses en ce monde et que je n’arrive même pas à être jaloux. Je devais me coucher tôt ce soir mais ça sera encore une nuit courte à retourner, dans ma tête, tout ce que je ne fais pas, bloqué par ce que tous les autres ne connaissent pas. Ainsi, à quoi bon encore une fois répéter la même litanie. Le monde que nous avons créé n’est pas beau, nous avons énormément pleuré dessus, depuis si longtemps alors si aujourd’hui, il peut y avoir un petit changement, autant l’accompagner plutôt que de le considérer comme forcément vulgaire puisque venant de la plèbe. Quant à moi, personnellement, je ne sais pas, comme d’habitude, ce que je ferais dans le futur ou pas. Peut être espérer un sursaut de confiance ou une chance digne du loto ou plus sûrement un ailleurs où enfin commencer quelque chose.

 

J’ai fait avec les moyens du bord de la falaise – LA TOTALE

 

– « Tu as conscience, quand même, qu’elle ne reviendra jamais? ». C’était sorti comme ça, sans que je ne m’y attende et sans que je ne demande rien. Juste pour briser un silence qui ne lui convenait pas mais dont, moi, j’avais eu besoin.

– De quoi tu parles? », parce que même si j’avais parfaitement compris où elle voulait en venir, je n’avais pas l’intention de lui faire le plaisir de croire qu’elle m’avait percé à jour et qu’elle tenait là, une faille dans mon armure en fer forgé, patinée par des années de coups violents sur le poitrail.

– « Je sais bien que comme ça, de loin, tout le monde me considère comme une imbécile. Je pense que ça vient de mon statut de femme, de flic, de jeune, de blonde…

– T’es pas blonde ». Ses yeux se figèrent dans les miens et restèrent plantés avec un air de dire que j’étais épuisant à ne pas comprendre les évidences. Et moi aussi, je m’épuisais quand je sortais ce type de phrases, vides, creuses, totalement à côté de la plaque mais, de fait, elle n’était pas blonde quand même.

– « Tu sais, c’est pas intelligent de faire semblant d’être con ».

Il valait mieux que je ferme ma gueule. Je jetai un coup d’œil à travers la baie vitrée du bistrot dans lequel nous étions installés, depuis une heure, à rassembler les divers éléments de cette histoire, qui n’en était même plus une, tant elle nous dépassait désormais. Les six tasses de café posées devant nous, ne fumaient plus depuis longtemps. Je regardai les longues traînées de pluie couler le long des carreaux et les gens, dans la rue, courant pour se protéger. Et encore une fois, comme souvent lorsque je suis confronté à ce type d’images, je me demande pourquoi les gens courent, se protègent quand il pleut. Ils essaient d’éviter quoi? La pluie? En se précipitant pour prendre une douche? Et en me disant cela, je coupe ma pensée en me répondant, sur un ton accusateur, que j’étais bien un connard d’avoir ce type de pensées puisque j’étais le premier à courir dès qu’il pleuvait et que, même, le plus souvent, je me précipitais chez moi pour prendre une douche. Je nettoyais l’eau de pluie qui tombait sur moi en m’aspergeant d’eau. Le paradoxe. Alors, j’essayais de me rassurer, en me disant que l’eau du robinet était pure, traitée et filtrée, alors que l’eau de pluie, elle, descendait directement des nuages de pollution. Je n’arrivais même pas à me convaincre moi même. Je n’en avais pas envie en réalité. J’aimais aussi me dire que, parfois, j’étais aussi con que les autres, et même quelques fois, encore davantage, ça me donnait toujours l’impression de faire encore partie de cet univers et que j’avais encore la possibilité de faire des progrès. Les imperméables étaient de sortie, tout comme les parapluies. Les rues et les caniveaux dégorgeaient l’eau noirâtre des trottoirs parisiens.

Nous n’avions pas véritablement avancé mais nous avions tout mis à plat. C’était déjà ça et c’était toujours autant le bordel. Mes yeux s’arrêtèrent sur une jeune femme, emmitouflée dans un imper gris des plus classiques et protégée par un parapluie rouge. Je ne pouvais voir son visage mais je m’imaginais que c’était elle. Sans doute parce qu’Aline venait de m’en parler. En réalité, je ne pensais jamais, vraiment à elle mais elle était toujours présente, m’accompagnant à chaque pas et dans chaque pensée, comme une présence permanente mais oubliée. Une sorte de seconde peau. Je sentais le regard d’Aline sur moi, et cette attente insistante que j’interprétai comme la volonté que je lui raconte Géraldine. Mais, jamais, je ne lui raconterai, ni à elle, ni à qui que ce soit d’autre. En tout cas, pas maintenant, pas déjà. Elle dût sentir que ce serait à elle de briser le silence et qu’il était hors de question que je  prononce le moindre mot. Je savais que j’avais raison dans mon mutisme et je n’envisageais pas d’en sortir.

– « Je vais te raconter un truc que j’ai jamais dit à personne ».

À chaque fois que j’entendais ce type d’introduction, j’étais pris d’une ambivalence des sentiments. A la fois, flatté qu’on se décide à me faire confiance alors que je ne me faisais pas, personnellement, confiance à moi-même ; gêné de cette confiance, gonflé qu’on vienne perturber ma quiétude et dégoûté d’être obligé d’écouter. Gonflé parce que je ne demande rien à personne, alors venir me raconter sa vie, en fait, ça me perturbe. Je ne raconte ma vie à personne et je ne comprends pas ce besoin de s’épancher auprès de quelqu’un et encore plus quand ce quelqu’un, c’est moi. Et oui, ça me dégoûte d’être obligé d’écouter parce que, soyons clairs, je m’en fous… La vie des gens ne peut pas m’intéresser puisque la mienne ne m’intéresse déjà pas. Dès que j’entends ce type de propositions, je sais que les conventions sociales vont m’obliger à entrer dans un instant de souffrance. Et bizarrement, un peu comme tout le monde finalement, je n’aime pas particulièrement souffrir. Je sais, c’est lâche de ma part.

Je devais donc décrocher mon regard de cette Géraldine inconnue, de cette pluie parisienne pour plonger mes yeux dans ceux d’Aline et attendre le récit de son histoire, en montrant que j’étais passionné par son propos, alors qu’intérieurement, je vivrais d’autres choses, dans d’autres endroits, à d’autres moments. Forcément, écouter ne faisait que rarement partie des alternatives que je m’autorisais, avoir un air inspiré et absorbé faisait seulement partie de la panoplie du comédien de vie que j’avais endossée, voilà 15 ans, au croisement de deux rues tristes, d’une ville terne de banlieue nord. Faire croire à l’autre que, momentanément, il est la priorité de mon existence. Je m’efforçais, en pareilles circonstances, d’imaginer des îles perdues au bout du monde, ou des femmes follement éprises de moi ou, le plus souvent, de manière prosaïque, à ce que j’allais manger le soir, ou à passer acheter une bouteille, pour ne pas finir trop seul la soirée. Je tournai la tête vers Aline. Je sentis, peut-être à tort, qu’elle voulait parler et que je n’étais qu’un prétexte à son déballage privé. Quelque chose lui pesait sur le cœur et elle espérait me refiler le bébé ou, au moins, se décharger quelque peu de cette douleur. La douceur de ses traits m’incita à accueillir cette demande. Je savais que c’était une connerie, mais je n’étais plus à ça près. Elle se sentit suffisamment en confiance pour s’autoriser à reprendre la parole qu’elle n’avait, en réalité, jamais lâchée.

– « En fait la première fois que tu tombes amoureuse, c’est un truc à part. Mais vraiment amoureuse hein, pas le truc scolaire ou universitaire qui dure seulement dans les contrées de bouseux ».

Elle savait que je passais la majeure partie de ma vie dans une région sous développée selon les critères parisiens et dut ressentir une désapprobation dans mon regard. Alors que, honnêtement, elle avait raison.

– « Oh ça va, ne me regarde pas comme ça, se marier à 23 balais, avec le premier connard qui te bouffe correctement la chatte, c’est juste être un bouseux. Et pis, on s’en fout. »

J’avais déjà remarqué cette particularité chez Aline. Dès que la situation la mettait mal à l’aise ou que son rythme cardiaque s’accélérait, elle passait en mode vulgaire. En tout cas, elle se lâchait davantage que dans la moiteur de son bureau, au milieu de ses collègues. Cela m’avait surpris, dans un premier temps, et puis, finalement, ça n’était resté qu’un aspect de plus que je n’aimais pas chez elle. J’avais toujours eu un problème avec la vulgarité chez la femme, sans doute des restes de misogynie qui devaient rendre dingues les féministes, mais comme je ne fréquentais pas ce type de femmes, ça ne m’empêchait pas de vivre et de toute façon, je ne fréquentais plus personne.

– « A l’époque j’étais étudiante et je traînais avec un groupe de bobos parisiens. On se faisait les expos, les films underground, les pièces de théâtre dans des théâtres aléatoires et éphémères ou les concerts dans les bars branchouilles des quartiers populaires, enfin soi disant populaires parce que, à Paris, le populaire, c’est mort, hein?

– Ouais », je n’avais rien à répondre. Evidemment que Paris n’était plus une ville populaire et me raconter sa vie d’étudiante qui ressemblait à toutes les vies d’étudiantes sur Paname quand papa et maman peuvent cracher au bassinet, je connaissais, donc je me contentais d’un oui à peine audible parce que je m’ennuyais déjà, en fait. Je sentais venir le défilé des soirées étudiantes avec leur cohorte de beuveries sans intérêt et les amis pour la vie qu’on oublie deux ans après. La vie estudiantine, intérêt limité.

– « Un soir, ma petite bande était invitée à un vernissage d’un obscur artiste étranger. Dans la bande, il y avait des étudiants des beaux arts, ça aide pour toucher parfois des entrées. Les vernissages, c’était sympa parce que, pour une nana, en se démerdant bien, on arrivait toujours à bouffer gratos et à boire un coup. En plus, c’était rarement de la sous marque. »

Pendant que je la sentais partir dans son récit, les images me revenaient en tête. Oh ! pas les images que son récit auraient pu faire naître en moi, mais plutôt des images bien réelles qui jaillissaient à nouveau des tréfonds de ma mémoire et qui m’envoyaient le visage de Géraldine, dans son photomaton, en pleine gueule.

– « Donc, tu vois, on se retrouve à ce vernissage, et on a là, toute la faune des bobos parisiens et des m’as-tu vu, divers et variés. »

Elle était jolie, Géraldine, plutôt brune avec des taches de rousseur qui accentuaient ce charme, elle souriait. Même si la photo était hors d’âge et les vêtements marquants le flou vestimentaire des années 90, elle était jolie. Je n’avais pas de souvenirs d’elle, et pour cause, mais ce photomaton jauni et suranné restait, depuis 25 ans, dans ma mémoire et ne sortait pas de ma tête.

– « Alors, au milieu des canapés, des bouteilles, des rires et des discussions futiles, mais à haute voix, histoire que tout le monde en profite, ce mec apparut. Il était grand, brun avec ces cheveux bouclés qui tombent sur les épaules comme sur les tableaux de la renaissance italienne et du Quattrocento. Tu sais, le Saint Jean Baptiste de Léonard de Vinci ? Bah voilà, c’était lui qui apparaissait au bout de la pièce. »

Quand tu es à l’école, on ne te prépare pas à ça. Enfin si, mais la réalité est toujours plus violente, plus crue, moins facile. On se dit : «  oh ! Sous le feu de l’action, je vais gérer, tranquillement, pénard même, facile » et puis, lorsque ça arrive, tu comprends que tu n’es qu’un homme et rien de plus, et que, quoi que tu fasses, tu resteras un homme avec ses faiblesses et ses incompréhensions. C’est devant le mur que l’on voit le mieux le mur, c’est devant un corps qu’on sait qu’on n’est pas prêt.

– « Evidemment, moi, jusque là, je n’avais eu que des histoires finalement insignifiantes et, en fait, déjà oubliées. Pourtant, tu sais, c’est un truc que tu sens quelque part. Tu croises l’autre et, intérieurement, tu sais que, celui là, ce ne sera pas comme les autres. Ce ne sera pas négligeable. Tu sais que tu seras marquée à jamais. » Elle s’arrêta un instant dans son récit, sans doute pour revisualiser ces instants heureux, d’un temps jadis. Dans ses yeux, il y avait cette nostalgie qui traînait, ce paradis perdu après lequel tu cours, avec cette impression que cette course sera éternelle. L’impression d’être dans un flou, d’être dans un brouillard. Je la voyais bouger, ses lèvres bouger, j’entendais même des sons sortir de ce mouvement. J’essayais de me concentrer pour l’écouter, j’essayais.

– « Forcément, j’étais intimidée. Y’avait une tension sexuelle trop forte entre nous et l’idée d’être surpris dans ces chiottes ne faisait qu’accentuer ma timidité, la peur mais surtout l’excitation. »

Je n’arrivais plus à ôter de mon esprit le visage de Géraldine. Ces histoires de métro et de fin de vie auxquelles je n’avais rien compris me hantaient. Plus encore que sa beauté finalement commune, banale, c’est mon échec qui me revenait en mémoire. Pour être reconnu comme quelqu’un de valable, il fallait connaitre l’échec. Je le savais et on nous l’avait rabâché à maintes reprises à l’école. De là à ce que cet échec ne soit le début de ma carrière, il y avait une marge que j’avais allègrement franchie, avec succès et haut la main.

– « A partir de là, je savais qu’il avait mon numéro, il savait que j’avais le sien et que c’était le début du: qui va avoir la faiblesse de contacter l’autre en premier, en priant pour que ce soit l’autre qui se dévoue.

– Hein?

– Bah oui… Après ça, j’attendais qu’il m’appelle. Et lui, il attendait que je l’appelle. Des questions de fierté, d’amour propre. Des trucs dont tu es apparemment totalement dépourvu. »

J’avais reçu la critique, la vanne, la cruauté gratuite, ce qui n’existe pas. Il n’y a jamais rien de gratuit et encore moins une méchanceté mais j’avais décidé de ne pas relever et de laisser filer. Je gardai le silence. Il pesa de tout son poids et elle comprit que je ne voulais pas entrer dans ce jeu de la fausse indignité. A la limite, j’étais dépourvu d’amour propre. Ça ne me posait pas vraiment de problèmes en définitive et je ne vois pas en quoi cela aurait pu lui en poser à elle.

– « Au début, je le cherchais partout dans la foule. Attraper son regard et s’assurer que lui aussi, il m’avait remarquée. Son apparition avait été quasi mystique pour moi. De la lumière dans la lumière. Et c’était incompréhensible mais il fallait que je me brûle, que je me confronte à cette lumière. Attirée, aimantée, par une silhouette inconnue, je réclamais physiquement un contact, une accroche. J’avais beau le chercher partout, il avait déjà disparu. Plus vite encore que son apparition, sa disparition demeurait inexpliquée pour moi. Je n’osais pas demander à mes compagnons de soirée s’ils avaient vu la même chose que moi et, tandis que je commençais à croire à un mirage, et que je piochais allègrement dans les canapés et autres mignardises acidulées, une voix me souffla dans l’oreille: il n’y a rien, ici, de plus délicieux ou désirable que vous. Sans me retourner, j’hésitais entre l’explosion de rire, le souffle de saturation et l’indifférence à peine polie. L’idée même de me retourner me saoulait. Je voulais revoir l’apparition et pas être collée par un bellâtre quelconque ou pire encore, une racaille perdue dans ce quartier et qui se dit qu’il va enfin réussir à tirer un coup. En temps normal, cette pensée me dégoûtait plus qu’elle ne pouvait m’exciter ou m’intéresser mais, à ce moment précis, elle eut le don de m’exaspérer. Sans doute les relents du féminisme obligatoire de l’époque qui appelle à la révolte et à l’indignation. »

J’hochais ostensiblement du chef pour signaler, d’une part que je l’écoutais, ou tout du moins que je faisais efficacement semblant de l’écouter et, d’autre part, parce que le peu que j’avais entendu et qui se déclinait comme une critique de l’euphorie du moment sur la défense permanente de la gente féminine, ne pouvait que me réjouir intérieurement.

– « Et là, j’avais perdu tous mes moyens. Je comprenais que je ne pourrais résister à rien et que la moindre de ses propositions seraient acceptées, validées et approuvées. Je ne trouvais pas la force de lui demander quoique ce soit. Je ne pouvais que sourire et acquiescer à tout. Quand je compris consciemment où je me trouvais, j’étais sur le trottoir face à la galerie, un verre de je ne sais quoi à la main, une cigarette dans l’autre alors que je n’avais jamais fumé mais comme il fumait et que je ne voulais pas le lâcher, je m’y suis mise à ce moment là. Des envies de tousser, de vomir à cause de cette nouveauté dans ma vie mais il me fallait garder bonne figure. Je voulais lui plaire, trouver quelque chose d’intelligent à dire, à répondre. J’étais enivrée de paroles sur l’art, sur Paris, sur les femmes. Tout me plaisait, tout résonnait. Il était ce que j’attendais comme exemple même de ce qu’est l’homme, il représentait ce soir là, sur ce trottoir, sous le crachin parisien, dans cette obscurité seulement zébrée par les lumières blafardes des voitures qui remontaient la rue, le mâle. Forcément, moi, pauvre petite chose fragile, je ne pouvais que ressentir l’envie de me blottir sur ces bras forts, sur ce poitrail que j’imaginais large et velu, de renifler ce parfum musqué qui ne venait vers moi que par effluves trop rares, afin de me protéger du vent et de la pluie de fin d’automne. »

Il y avait ce souvenir qu’elle me racontait et que j’essayais d’écouter. Vraiment, j’essayais. Si je n’avais pas eu cette obsession, à ce moment là, autour de l’image de Géraldine, je crois même que j’aurais réagi lorsqu’elle commença à vouloir exprimer des détails que je n’avais pas envie d’entendre finalement, mais je savais que cela n’aurait servi à rien de lui demander de se taire ou de montrer une mine renfrognée. Elle devait vider son sac. Je ne sais pas pourquoi mais elle le devait.

– « Tu vois, je t’ai dit que cette voix m’avait susurré: ‘Il n’y a rien, ici, de plus délicieux ou désirable que vous’, dans le creux de l’oreille et que j’avais senti monter en moi un mépris quasi dangereux vis à vis de cette ringardise crasse. Pourtant, dès que je me suis retournée, j’ai su que tout allait changer. Il était là, face à moi, ses cheveux tombant en boucle frisée sur ses épaules. Il y avait un côté féminin, précieux dans ce visage et sa forme osseuse et allongée. Son regard sombre me pénétrait littéralement, vraiment l’impression d’être transpercée. Il ne lâchait pas sa proie du regard, même s’il savait qu’elle lui appartenait déjà. Il resta ses yeux plongés dans les miens un moment qui sembla une éternité, mais une éternité douce et jolie. Pas une éternité dans la mine à pousser des chariots. Un truc chaud, doux, agréable. Je ne sais plus s’il y eut des mots échangés. Dans mon souvenir, ce moment d’éternité fut silencieux et les yeux dans les yeux, tous les mots se prononçaient en silence et de manière sourde. Aucun souvenir de ce qui s’était dit à cet instant, si ce n’est qu’il m’invita à fumer une cigarette sur le trottoir, puisqu’on ne fume plus en intérieur, depuis longtemps, déjà. Il pleuvait. Il faisait froid. Je ne fumais pas. Il me prit la main et cette main chaude sur la mienne ne fit qu’accélérer les battements de mon cœur et oublier les contraintes et les excuses que j’aurais pu trouver pour ne pas y aller. Une sorte d’éblouissement dans les yeux à travers cette main. Son pouce passait sur le dos de ma main et envoyait, à travers tout mon corps, des décharges électriques de plus en plus violentes. La traversée de la grande salle d’exposition, ma main dans la sienne, fut le premier instant magique d’une relation qui partait pour plusieurs années, mais, à cet instant, la seule chose qui comptait pour moi, c’était ma main dans la sienne. Personne ne nous regardait ou tout le monde nous voyait. J’étais à la fois, transportée par la magie du moment, et amnésique aux alentours et au monde autour. Au milieu de cette lumière sur exposée des expos contemporaines, on traversait à grands pas les groupes de gens endimanchés et qui parlent pointu, les verres de breuvage pétillant dans une main et les petits fours multicolores dans l’autre. Je me prenais pour la star du moment et du lieu alors que j’ai bien conscience que tout le monde s’en foutait de notre délire d’adolescents attardés. Nous traversions morts de rire un monde de bienséance auquel, finalement, nous n’appartenions pas. Tout le monde nous voyait, personne ne nous regardait. Il ouvrit la porte et me laissa passer. Je savais qu’il en profitait pour mater mon cul et j’avoue que cette sensation me plaisait. Je sentais déjà son désir et j’aimais savoir que je lui faisais cet effet. Il me voulait et ça tombait bien, je le voulais aussi. Très vite, peut être trop vite, la tension sexuelle entre nous, sur ce trottoir balayé par le vent et la pluie d’automne, faisait qu’il fallait agir. C’était animal, irrationnel, incompréhensible mais il fallait, à ce moment là, que nos corps se rencontrent. J’avais compris que ce vernissage avait un sens particulier pour lui mais j’avoue que je n’avais pas prêté attention à ses mots. Il parlait mais j’étais trop séduite, trop hypnotisée par ce qu’il était, ce qu’il dégageait que je ne sais plus ce qu’il disait mais il semblait inspiré, envoûté, comme si cette soirée était l’acmé de la vie qu’il menait. L’apogée d’une existence compliquée et même finalement confuse. Je ne sais plus comment nous avons traversé la grande salle dans l’autre sens, s’il me tenait la main ou pas; je sais juste qu’il était devant moi. Il prit le chemin d’un escalier exigu avec les peintures qui craquelaient au plafond et les inscriptions à caractère faussement philosophique peintes de manière anarchique sur les murs en peinture noire et aux dessins d’écriture manuscrite. Au bas de cette trentaine de marches, le palier offrait deux accès. Je pris cette course vers les toilettes comme un reproche silencieux et une envie tue de sa part de me pousser à me refaire une beauté. Il me laissa me diriger vers la porte des toilettes pour femmes. Je lui tournais le dos mais je ne sentais pas cette fois son regard me dévorer comme je l’avais senti avant. Et là, je sens soudain une main m’agripper l’épaule droite et me retourner brusquement. Deux mains m’attraper le visage avec force et délicatesse à la fois et ses lèvres se poser sur les miennes, sa langue chercher la mienne et déjà ses mains partir à la découverte de mon corps. Il commence à reculer et je ne comprends pas tout de suite son projet, sa jambe se lève et sans regarder, son pied ouvre la porte des toilettes pour hommes et je sens qu’il m’attire à l’intérieur. Je n’envisage à aucun moment de résister ou de me débattre et j’accompagne même plutôt son mouvement. Il arrête de m’embrasser mais laisse sa main sous mon chemisier. Oui, pour un vernissage, je porte un chemisier… »

Je compris que je devais avoir relâché mon regard de concentration intense pour qu’elle me prenne à parti soudainement, alors que je ne disais plus rien depuis un moment. J’étais revenu plusieurs années en arrière, sur ce quai du métro à revoir encore et encore le photomaton de Géraldine et à rester devant le désarroi des parents et ma propre incompétence, à ne pas comprendre le message que cette jeune fille voulait me faire passer et qui allait hanter le reste de ma survie. Je voulais depuis tellement longtemps comprendre le sens de cette déclaration. Savoir ce qu’elle voulait me dire, ce qu’elle voulait dire au monde et que seul, moi, avais la possibilité de comprendre. Mais je restais dans le flou absolu et total depuis tellement longtemps que ce brouillard faisait partie de moi désormais.

– « J’étais contre le mur, un pied posé sur la cuvette des chiottes et les pans de la jupe droite de mon ensemble bon marché mais qui me donnait l’air d’appartenir à un monde qui n’était pas le mien, relevés. La culotte n’avait pas résisté longtemps a ses assauts et j’imagine qu’elle était particulièrement humide, tant j’étais sur excitée. J’aurais voulu jouer la femme respectable et inaccessible, comme il faut faire quand on veut être respectée mais c’était déjà bien trop tard. J’attendais maintenant fébrilement qu’il daigne achever ma souffrance et que la libération mutuelle vienne rapidement. Bon, j’avais espéré que cela durerait un peu plus longtemps quand même… J’espérais que la libération ne serait pas aussi rapide. Trop d’excitation, trop d’envies, trop de désir, trop de chaleur, et forcément l’explosion arrive, immédiate, incontrôlée, incontrôlable. Lui comme moi devions jouir et expulser ce que nous retenions en nous et qui compressait nos estomacs. J’entendais furtivement les bruits de pas dans les toilettes pour hommes, les jets d’urine dans les pissotières, les talons et semelles de chaussures vernies, hors de prix, sur le carrelage ciselé, le débit des robinets et les sèche mains crachant à pleins poumons leur air surchauffé. Je retenais mes cris en mordant la paume de ma main alors que mon bras enroulait son cou. Il retenait ses râles d’efforts et de plaisir en haletant fort mais de façon muette. Une baise de film de catégorie B dans l’image, mais une putain de jouissance dans les faits. Ce fut furtif, court, intense, doux, chaud, violent et totalement désordonné. J’étais à la fois déçue, comblée, flattée et émue. A partir de cet instant, la seule chose que je voulais dans la vie était de recommencer. Je commençais à me dire que je m’étais faite un maximum d’illusions. Qu’en réalité, j’avais été déflorée, par un bellâtre, à l’accent chantant, dans les chiottes glauques d’une galerie d’art contemporain, pendant un vernissage, dont j’étais incapable de me souvenir la moindre œuvre exposée. J’avais attendu anxieusement un jour, puis deux et puis, petit à petit, je m’étais faite cette idée que, comme bon nombre de gonzesses sur cette planète, je m’étais faite baiser par un mec qui n’avait eu, pour seule envie, que de se vider les couilles. »

Cette dernière phrase, prononcée avec mépris, me sortit de ma torpeur. Preuve, si besoin était, que la vulgarité, dans la bouche d’une femme, me posait, même inconsciemment, problème. Elle ressentit ma désapprobation et elle savait déjà que j’avais du mal avec ce travers chez elle. Pour moi, c’était un travers. Elle prétendait que c’était la modernité, la norme du 21 ème siècle et que j’étais trop vieux, trop conservateur et limite réac pour comprendre les changements sociétaux. Désormais les femmes avaient le droit et même le devoir de se comporter comme des hommes. J’avais beau lui dire qu’un tel comportement me dérangeait aussi chez un homme, et que je trouvais ça dommage de vouloir se comporter comme une catégorie de personnes qu’on passe son temps à dénigrer, rien n’y faisait. J’étais entré dans la sphère du vieux con comme d’autres entrent dans la friendzone. Quelque part, le fait de devenir un objet asexué à ses yeux m’allait assez bien. J’avais toujours l’appréhension du jeu de séduction dès lors que j’étais en contact avec une femme. Le besoin réciproque de séduire, l’obligation faite de copuler, pour marquer le coup, avant la prise de conscience de l’erreur. Savoir qu’elle ne me considérait pas comme une possibilité de satisfaire sa libido me plaisait assez. Déjà parce que je n’en avais pas envie mais la chair est faible et surtout, parce que j’avais besoin d’elle sur cette histoire. Et que nécessité fait loi.

– « Et comme dans les romans moisis d’amour, le téléphone sonne toujours quand tu t’y attends pas et quand tu peux pas répondre. Et comme tu as un homme comme partenaire dans cette histoire, évidemment, ça fonctionne pas. Cet abruti tombe sur un répondeur, il ne lui vient pas à l’idée de laisser un message. Oh bah non! ça serait trop simple, trop facile, trop convenu. Connard! »

Et je me souviens de l’odeur du jasmin fraîchement coupé et des montagnes inaccessibles…. et il vit que les mains qui construisaient, pouvaient aussi détruire.

– « 9 jours, il avait fallu 9 jours à cet imbécile pour se souvenir de mon existence, alors que je ne pensais qu’à lui. La première fois de ma vie où le désir était plus fort que toutes les conventions éducatives, familiales, sociales ou je ne sais quoi, toutes ces saloperies qu’on nous fourre dans le crâne le plus tôt possible, histoire d’être peinard. Ce mec avait, en quelques minutes, provoqué chez moi des pulsions que je ne connaissais pas et que je ne maîtrisais pas. Jusque là, il n’y avait rien eu d’animal dans ma vie. Il n’y avait eu que de la relation propre, sage, fleur bleue. Ce mec m’avait fait connaitre, en une soirée, le sexe, le vrai, le bestial. Et j’en voulais encore. »

Pourquoi fallait-il que ce genre de confidences me tombe dessus? Moi qui avais une sexualité pitoyable et tarifée, je me retrouvais à écouter les parties de jambes en l’air ultra chaude d’une nana qui était ma collègue et qui ne m’excitait pas. Heureusement, j’avais ces phrases manuscrites qui hantaient ma mémoire et flottaient sur la photo de Géraldine. Je ne les avais jamais comprises et je m’étais fait une raison. Le mystère que cette fille, que je ne connaissais pas, avait laissé en moi, me suivrait partout, éternellement. Je n’aurais jamais ma réponse à cause d’un métro, et d’un autre côté, sans ce métro la question ne se serait jamais posée.

– « Alors forcément, quand il m’a proposé de prendre un verre, la question ne se posait pas. J’étais toute rouge au téléphone, balbutiant des oui et des monosyllabes inaudibles. Il se passait de l’inconnu, de l’imprévu et de l’imprévisible dans ma vie, enfin. Un truc que tu souhaites vivre toute ta vie mais que tu n’es jamais prête à accueillir. Le prince charmant sans cheval, ni bas nylon blancs ridicules. Juste le truc. Forcément, le verre à La Fourmi, sur la place Pigalle, enfin à côté, enfin tu vois? Et devant son Perrier rondelle n’avoir en tête qu’une seule et unique pensée, vouloir recommencer. Dans toutes les chiottes du monde, si c’est comme ça que ça doit se faire, que ça doit se vivre, mais recommencer, encore et encore. Une pulsion animale, purement physique, exclusivement sexuelle. »

Cela aurait dû être une histoire anodine. Le suicide d’une jeune paumée en se jetant sous le métro… Il n’y avait là rien d’exceptionnel. C’était même tristement banal, à cette époque, à Paris. La crise, qui durait depuis 40 ans, frappait de plus en plus durement les faibles. Les fins de mois commençaient, pour beaucoup, le mois précédent. La société prenait un virage inquiétant et tous les personnels étaient conscients des tensions sociales liées à ce régime de survie. Suicides, vols, viols, cambriolages, agressions ou même chasse à l’homme devenaient le quotidien des forces de police. Une société qui partait à vau l’eau, en perte de repères et de fondations; l’échec d’une civilisation. A chaque fois, un vent d’espoir soufflait mais très vite, le soufflet s’effondrait, s’affaissait, s’écrasait. Les gens souffraient, les vrais gens de la vraie vie. Les nous inaudibles et invisibles. Certains supportaient ce fardeau mieux que d’autres. Et justement, ces autres comme Géraldine explosaient en plein vol en laissant des bouts d’eux collés sur tous les murs.

– « C’est vite devenu une drogue. Même si j’avais voulu m’en débarrasser, j’aurais échoué. Ce n’est pas tant que j’étais accro à lui, c’était juste que je ne pouvais pas vivre sans. Sa présence ne m’était pas indispensable. Ce n’est pas lui qui me tenait accrochée, c’est plutôt ce qu’on vivait. Tu vois, aujourd’hui encore, je ne sais pas pour qui il votait et même s’il votait, par exemple. Par contre, je me souviens qu’il m’a prise sous la pluie, sur un pare choc de vieille bagnole, dans Paris. Je me souviens que nous avons fini au poste parce que les gens n’aiment pas voir d’autres personnes baiser dans la rue. C’est paradoxal d’ailleurs. Les gens se tripotent devant des films de boules mais dès qu’il y a des vrais amateurs qui pratiquent, ils appellent les mœurs. Je me souviens des regards amusés de mecs, qui allaient devenir des collègues, alors que nous étions débraillés et encore puants de désir, et des mines emplies de jalousie des nanas qui ne parvenaient pas à rester neutres, dans leurs affects. Nous nous étions envoyés en l’air partout et même ailleurs et même nulle part, pendant six mois. Dans tous les sens et à des rythmes de chiens en rut, partout, à n’importe quelle heure et encore et encore. Cette histoire ressemblait à une partouze géante à deux. Je n’ai appris son prénom que deux semaines après nos retrouvailles. Aujourd’hui encore, je ne crois pas que j’ai connu son nom de famille mais je peux te décrire chaque parcelle de sa peau, le goût, l’odeur, la texture de toutes les parties de son corps, de la plus visible à la plus trash. Je connais son corps par cœur parce qu’il est à moi. Il était façonné par mes mains, construit par mon regard. C’est ma langue qui dessinait la courbe de sa silhouette. On était dans une sorte de magie, de bulle sexuelle. Un truc où la chose qui compte vraiment est de se foutre à poil et de s’envoyer en l’air. Il n’y avait aucune promesse, il n’y avait que des corps qui se mélangent en permanence et qui en redemandent. Je savais peu de lui mais je savais ce que je voulais savoir. La chaleur de sa queue en moi, le rythme de ses hanches pendant qu’il s’évertuait à me faire jouir en se donnant un mal de chien alors que je jouissais et que j’en redemandais même. Je n’en avais jamais assez, il n’en avait jamais assez. Nous étions dans ce partage des corps qui fait que le reste n’existe pas parce qu’il n’a pas vraiment d’importance, du moment qu’on est à poil. »

C’est quand tu ramasses les restes et que tu les mets dans un sac, genre sac poubelle, que ça commence à monter. Cette sensation que tu vis un vrai truc à part. Un truc qui n’existe pas, qui ne devrait pas exister. Et puis, tu vois les complications, les identifications, les annonces à la famille. Jamais tu ne t’habitues à annoncer à une mère, la perte de son enfant. C’était une des raisons de mon style corbeau. Cette habitude d’être tous les jours en deuil, venait de Géraldine. Ce jour là, face à ses parents, et pour la première fois de ma vie, j’annonçais le tragique, le pire et je n’étais pas en tenue adéquate et je me suis alors juré qu’on ne m’y prendrait plus. Je serais toujours vêtu d’une chemise noire au boulot parce que tu ne sais pas à l’avance de quoi ta journée sera faite, et parce que, annoncer le départ de quelqu’un, ça se respecte et que les gens que tu vas détruire, méritent un minimum de solennité et de considération. Ça ne change rien pour eux mais ça marque encore chez moi, une part d’humanité qui résiste encore et toujours à mon enfer intérieur.

– « On se voyait pas tous les jours mais on baisait à chaque instant et puis, à force, il a fallu passer à l’étape suivante. Il a fallu échanger, discuter, se connaitre. Sans doute que j’étais trop subjuguée, déjà trop attachée par une dépendance corporelle mais très vite, l’idée de partager davantage arriva. Je squattais chez lui souvent, restant à poil, à réviser des cours, pendant son absence mais attendant surtout fébrilement son retour pour encore s’envoyer en l’air. Mon statut d’étudiante m’offrait l’opportunité de six mois de vacances par an, honnêtement. Et lui, il était libre, suffisamment à l’aise pour se sentir libre de partir aussi, loin, longtemps. Il nous fallait juste trouver l’endroit. L’endroit qui serait seulement ce que nous en aurions fait. L’endroit où nous voulions nous aimer. L’endroit que nous avions toujours rêvé de construire et il était là, accessible. Enfin, fait pour nous. Il aurait dû être la fin de tout, il n’a été que le début de tout le reste. Un endroit que seuls nous avions envie de connaitre, seulement nous et le reste offert aux anges. J’étais fatiguée de chercher l’endroit où nous allions commencer le reste de nos vies. L’endroit qui allait accueillir nos rêves et nos espoirs. On a cherché longtemps. On a erré dans des lieux sans âme, ni histoires parce que nous savions que nous allions en construire une, d’histoire. Ça ne servait à rien de prendre un lieu déjà chargé. L’histoire commencerait avec nous. Nous serions l’histoire. Nous avons marché des heures sur ce sable humide, à travers les forêts de bord de mer et du haut de la falaise, on voyait les côtes de l’Angleterre. Les rares jours où il ne pleuvait pas, on croyait même voir les states, c’est ce qu’on se racontait enroulés dans nos vieux plaids. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas et qui ne doivent pas s’expliquer finalement. Alors, je parle, et je te raconte ma vie et tu t’en fous… D’ailleurs, tu ne réagis même plus, t’es trop parti dans ton monde pour te soucier du mien. Mais là, moi, j’ai besoin de me raconter. Parce que tu ne sais pas ce que c’est d’être au point de non retour, d’être déjà parti dans un ailleurs où personne ne pourra te rejoindre. »

Je préférais continuer à faire le sourd, enseveli dans ses nuages. Elle avait besoin de se vider, je le savais, elle le disait, alors dans ces cas là, cela ne sert à rien d’intervenir. Tu sais que, de toute façon, le débit devra se poursuivre, devra continuer jusqu’à saturation des mots, saturation de la langue, jusqu’à ce que les mots se chevauchent, se consument et finalement se taisent. Le moment où le silence devient la seule suite crédible d’une logorrhée obligatoire, parce que quasiment physique. Lorsque les mots que tu dois dire te brûlent l’intérieur à force de vouloir sortir. Il faut laisser sortir et, en tant que réceptacle auditif, je me devais, à ce moment là, de me taire. Je me taisais et je sentais l’odeur du jasmin fraîchement coupé ; je voyais les montagnes lointaines et je savais déjà, qu’encore une fois, je ne trouverais pas les réponses à mes questions sur Géraldine.

– « Est-ce que tu crois que tu as besoin de quelqu’un ? On a tous besoin de quelqu’un, tu n’es pas le seul, même toi, tu as besoin de quelqu’un… Quand tu rentres seule chez toi, et que tu commences à te parler toute seule, personne ne te prépare à ça, personne ne te dit que ça va être comme ça. Tu regardes le monde seule, alors que tu le voyais à deux… Tu te dis que tu aurais dû partir plus loin, plus vite. Il n’y a que regrets parce que tu sais que tu as raté le moment où tu aurais pu basculer. Tu ne deviens que l’ombre de toi-même, le copié collé de ce que tu ne voulais pas être, le succédané de toi-même, remarque je dis ça, je crois que c’est le sens du mot mais je ne suis même pas sûre. Alors, tu passes par tous les excès pour t’oublier, tu bois, tu fumes, tu baises et tu recommences parce que, au moins, là, tu oublies, mais tu ne te jettes pas. Tu es à vie sur le bord de cette falaise mais tu ne te jettes pas. Tu vois les vagues taper le pied de ce mur mais tu ne te jettes pas et tu commences à partir dans ta tête. Tu sais que tu vas trouver les ressources pour repartir, pour exister, pour qu’il ne t’oublie jamais, que chacun de ses pas soit marqué de ton empreinte, que ton parfum soit l’odeur de l’air qui l’étouffe. Être partout autour de lui, en lui, et ne lui laisser aucune chance de vivre sans toi, hors de toi. Et tu pleures à nouveau et tu maudis cette nuit, tout en haut de la falaise, où tu te croyais protégée, dans ses bras, couvée, choyée, lovée et, naïvement tu crois que tu peux te laisser aller. Tu restes sans défense parce que tu es à l’endroit où tu sais que tu dois être, avec la personne qui doit être avec toi, à tes côtés. Et tu t’endors dans ce vieux plaid et tu sais que tu seras protégée. Tu sais qu’en haut de cette falaise, tu ne seras jamais seule parce qu’il est là, parce que tout ce qui compte est là et te retient. Et puis, tu te réveilles et tu es seule. Et soudain, tu es au milieu de nulle part, et personne pour te comprendre ou te reconnaître. Tu es seule parce que ce que tu croyais éternel est parti. Tu ne sais pas où, tu ne sais pas comment, ni pourquoi. Tu appelles, tu cherches partout du regard, même vers l’Amérique, au-delà de l’Angleterre. La faible lumière du jour t’empêche de voir jusqu’au bout du monde, la pluie des autres jours et des jours suivants tombe, maintenant, sur toi mais elle n’existe pas. C’était l’endroit où nous devions nous aimer, c’était là que se trouvait l’issue, en haut de cette falaise. Et quand tu comprends que c’est seulement toi, et désormais toi seule, tu te trompes, tu te mens mais j’ai fait avec les moyens du bord. J’étais seule au bord de la falaise et j’ai essayé de me reconstruire. Au milieu de nulle part et de la nuit, tu t’aperçois que tu n’es plus rien. L’autre est parti sans toi, ailleurs. Tu comprends. Tu cours au bord de la falaise, les yeux encore emplis de sommeil. Tu espères voir des traces de lui et, en même temps, tu ne veux pas voir ces traces, en bas de la falaise des suicidés, dans cette fin du monde balayée par les vents contraires, les pluies tristes et les vagues violentes. Tu veux croire à un mauvais rêve, que tu dors encore dans ses bras et qu’il va réapparaître. Tu sais déjà que tu ne reverras plus les jasmins de la cour des miracles. Désormais, tu vas devoir survivre en laissant la plus belle partie de toi en haut de la falaise de la côte d’albâtre et tu sais que tu vas devenir vieille et délaissée parce que tout est là bas et que seuls, vous deux, vous connaissez le lieu de l’abandon, de la fin du monde. Et pourtant, tu ne te jettes pas. Tu te prends à rêver que tu flottes dans les airs, que tu as trouvé le courage de faire le pas de trop, et que tu flottes. Mais tu ne t’es pas tuée.

Tu ne sais absolument pas de quoi je parle là, tu ne comprends rien à ce que je te raconte, hein ? »

Je relevai lentement le regard vers le sien. Ses yeux étaient emplies de larmes non versées, mêlées à une rage sourde et contenue, mais elle comprit, je crois, à travers mon regard, que je connaissais plus qu’elle ne croyait cet état de solitude ultime, au milieu de la foule. L’idée que tout s’écroule et que la force d’en finir n’est pas suffisante pour partir parce qu’il y a peut être encore des choses à faire. Je ne savais pas quel était le reste de ma mission mais je savais que je vivais depuis trop longtemps avec cette foule vide dans la tête. Cette absence d’une présence au milieu des mondes énervés.

Je laissais mes yeux plantés dans les siens, comme pour lire au plus profond de son âme, les choses qu’elle avait voulu taire de cette histoire minable d’amour adolescente, qui finit de manière merdique, en haut de la falaise d’Etretat. Tu t’es faite larguer par un connard à Etretat et tu en fais une fin du monde, comme si ça avait le moindre intérêt. J’aurais voulu lui balancer que ça faisait une heure qu’elle parlait, seulement, pour me raconter la même histoire que n’importe quel connard aurait pu me raconter, après trois whiskys. J’aurais voulu qu’elle comprenne que moi, comme n’importe quel glandu sur cette planète, avais vécu ça et plus encore. J’aurais voulu lui dire que son putain de bord de falaise, elle aurait dû le bouffer ou même s’y jeter, avec une once de courage et d’amour propre. Mais justement, le courage, je ne l’avais pas. Ce n’est pas que j’avais peur de la blesser, la pauvre, c’est seulement que je n’avais pas envie de perdre davantage de temps à endurer les plaintes d’une pauvre fille qui, au final, n’a rien vécu. Elle avait été malheureuse, la belle affaire. J’étais déjà mort trois fois et je n’en parlais à personne. Alors qu’elle me parle d’endroits que, elle seule, connaissait, avec un bellâtre inconnu, machine à orgasmes multiples, n’avait aucune chance de m’empêcher de dormir ce soir. Parce que je boirai mes trois whiskys ou peut-être plus, je fumerai mes clopes et même celles du lendemain par procuration, je plongerai ma tête entre les seins d’une professionnelle, ramassée quelque part dans l’improbable, ou bien je me plongerai dans un livre ramassé dans le bas d’une étagère de bibliothèque publique. Mais, quoiqu’il arrive, dans deux heures, j’aurais oublié sa détresse parce que ce n’est pas la mienne. Je suis trop vieux maintenant pour chercher l’endroit où je commencerais autre chose, où je trouverais la fin de tout, où je me demanderais si nous sommes les seuls à connaitre cet endroit.

Je cherchais la vérité dans le souvenir du cadavre de Géraldine et le reste n’était que le quotidien obligatoire d’une survie aléatoire. Je marchais, moi, depuis longtemps déjà, sur ce bord de falaise, à regarder l’horizon anglais et à parler, seul, de ces lieux que je ne connais pas, mais qui sont ceux que j’aurai choisis pour me relier à l’autre partie de moi. Toute ma vie, j’aurais été ce funambule des roches maritimes et toute ma vie, désormais, je me répéterais que j’ai fait avec les moyens du bord de la falaise d’Etretat, ou d’ailleurs parce que, finalement, une falaise ou une autre, la chute fait aussi mal, au dessus de la mer, face à l’Angleterre, cherchant des yeux une improbable Amérique ou un autre ailleurs, où nous devions nous aimer, avec celle que je n’ai jamais rencontrée.

Elle se leva et me jeta un regard dur. Elle avait attendu de moi un soutien, une compréhension ou même peut être davantage comme de la compassion mais voilà, je n’étais pas dans ces dispositions à son endroit. Son départ sembla s’éterniser. Il fut sec et rapide, pourtant, je le reçus comme une éternité douloureuse. Elle était en attente d’un geste, d’un mot, d’une attention et honnêtement, je m’en foutais totalement de son histoire de gode sur pattes avec ses larmes sur Etretat. J’avais traversé trop d’orages et de tempêtes pour m’apitoyer sur les pleurs d’une ado et sur sa première déception amoureuse. Elle lui tenait à cœur et alors ? On a tous nos souffrances, c’est dur pour tout le monde et mon fardeau est déjà lourd. Je ne me vois porter les bagages d’une autre alors que je peux à peine porter le mien tant il me courbe l’échine. Il y a toujours un moment où les limites de l’acceptation sont franchies et je n’ai pas à accepter son histoire comme si c’était la mienne. Est-ce que je fais chier le monde avec Géraldine ? Ou avec toutes les autres histoires pourries que je pourrais raconter ? On souffre mais chacun sa merde. Le jour où nous vivrons dans un monde socialiste, on pourra peut être réfléchir à tout ça mais pour l’instant, chacun se débat et cherche sa route. Et tant pis pour ceux qui restent derrière.

Et puis, je me retrouvais seul et malgré tout, pataud parce que je ne suis pas fait pour la méchanceté gratuite parce que je ne sais pas ne pas être affecté malgré tout par la souffrance de l’autre. C’est seulement parce que je ne sais gérer la mienne que je refuse d’intégrer celle que l’on m’envoie en boucle et violemment. Sans doute trop fragile pour vivre sereinement avec tous les malheurs du monde face à moi. L’éloignement, le monde casanier, l’isolement, la rareté du contact humain, je n’avais trouvé que cela pour survivre. Survivre à ce que j’avais fait de ma vie et à ce que je faisais de celle des autres.

Moi aussi j’aurais voulu connaitre des histoires d’amour dignes d’être racontées à des semi inconnus dans les bars. Les yeux au bord des larmes, perdus au lointain, au dessus des vagues et des lumières se reflétant dans les vagues. Moi aussi, j’aurais voulu que mes cheveux s’emmêlent dans ceux de l’autre, balayés par les vents, trempés par les embruns. Se poser sur une vieille terrasse surplombant les falaises d’Etretat ou le golfe de Sorriento ou même les plages de Cancun. Moi aussi, j’aurais voulu être si heureux que ma voix ne puisse s’empêcher de chanter des airs d’opéra inconnus de tous, que mon corps ne puisse s’empêcher de danser sur des musiques silencieuses et que je chante encore, à nouveau. Moi aussi, j’aurais voulu réciter des poèmes, inventer des vers et crier des mots d’amour au milieu des tempêtes avec l’être aimé dans les bras pour la protéger de dangers qui n’existent pas. Faire que chaque instant entraine un nouvel instant encore plus fort et encore plus intense jusqu’à bruler de l’intérieur et fondre d’amour. Moi aussi, j’aurais voulu rester sur les plages pendant des heures à imaginer que les ombres, au loin, soient devenues le nouveau continent et rêver à toutes ces villes, là bas, de l’autre côté. Regarder les lumières des chalutiers, au loin, et croire que ce sont les gratte-ciels des villes de l’autre bout du monde simplement parce qu’elle est là. Croire que les lignes des bateaux sont les stries des avions dans le ciel qui vont découvrir des terres perdues où nous emmener vers des paradis terrestres impossibles. Moi aussi, j’aurais voulu apprendre le piano et composer des chansons tristes pour faire pleurer la femme qui aurait eu la force de me supporter au quotidien et plus encore. Contempler les étoiles et la lune sortir de derrière les nuages et se dire que c’est un bel endroit pour mourir, que c’est le bon moment. Moi aussi, j’aurais voulu la regarder juste pour le plaisir de la regarder et me noyer en elle. J’aurais voulu composer des tragédies, écrire des drames et pleurer des comédies pour pouvoir lui mentir et pouvoir cacher les sentiments qui me dépassent et moi aussi, j’aurais voulu être ça pour une autre et je ne suis qu’un pauvre type, au fond d’un bar vide, à regarder tomber la pluie parisienne et me consoler malgré tout, en me disant, que moi aussi, j’ai fait avec les moyens du bord de la falaise.

Pourquoi je ne voterais pas « gilet jaune »

 

Puisqu’il faut avouer et faire amende honorable, à chaque fois et sur tout désormais, je reconnais volontiers mon soutien plus que moral à la vague de jaunisse qui s’abat sur la France. Toutefois, je ne peux m’empêcher quelques réflexions ou doutes. Sinon ça ne serait pas moi. Déjà en finir avec cette récupération voulue par les extrêmes et qui, sur le terrain, est clairement rejetée. Il s’agit juste de gens qui en ont assez, ni des gauchos, ni des fachos, seulement des gens. Ensuite, évidemment, puisqu’il s’agit de gens, il y a de tout. De la droite à la gauche en passant même par des gens qui ont voté en leur âme et conscience pour machin (main sur le cœur, toussa, toussa) dès le premier tour. Ni facho, ni coco ou je ne sais quoi, juste des gens. Les tentatives désespérées de certains partis de s’octroyer la paternité ou maternité des revendications gilet jaunes est au mieux pathétique, au pire pitoyable. Heureusement, que certaines revendications rejoignent celles des partis. Heureusement. Ils sont déjà suffisamment mauvais alors, si en plus, ils étaient intégralement à côté de la plaque, ça serait triste. Plutôt que les tentatives désespérées des syndicats subventionnés ou des partis de s’accrocher aux branches qu’ils ont volontairement et odieusement ignorées au départ, ce sont les revendications et les incompréhensions, voir incohérences qu’elles soulèvent qui sont intéressantes. Elles relèvent et illustrent le malaise quasi général des habitants de ce pays mais sont plus proches du dessin animé que de la réalité. En fait, ces revendications sont plus un constat qu’autre chose. Elles ne donnent pas de solutions et elles ne s’attaquent jamais aux vrais problèmes. Ces revendications ne sont pas crédibles parce qu’elles demeurent superficielles. Elles ne peuvent faire consensus parce qu’elles ne sont que vœux pieux, sans solutions concrètes.

  1. Zéro Sdf (et un rab de frites à la cantine). Evidemment, il n’y a pas un parti au monde qui soit contre ça mais une fois qu’on le dit, il se passe quoi ? Il n’y a pas de logements suffisants, pas d’emplois. Alors réquisitions de tous les locaux habitables vides ou inutilisés, qu’ils soient publics ou privés au minimum. Et instauration immédiate du salaire à vie, évidemment, au minimum aussi. Ceci passe donc par l’abandon de la propriété privée au profit de la propriété d’usage et donc de laisser tomber le capitalisme afin de passer à une économie communiste. Pas sûr que tout le monde le souhaite et soit près à ça.                                                                                                                                                       
  2. SMIC à 1300 euros net. Pourquoi ? D’où sort ce chiffre et à quoi correspond-il ? Une augmentation de 122 euros net. Le salaire minimum pour vivre en France est de 3284 euros pour un couple avec deux enfants qui est l’étalon moyen généralement utilisé, soit un minimum de 1642 euros par personne, alors pourquoi demander 1300 ? Pour être gentil avec le gouvernement ? Cette demande ne repose donc sur rien si ce n’est un pseudo gout du raisonnable qui sied mal avec une aventure révolutionnaire ou supposée telle.                                                                                                                                         
  3. Impôt sur le revenu davantage progressif (davantage de tranches)… propositions reprises à la FI qui vaut ce qu’elle vaut mais qui ne tient pas la route si l’idée est de changer de paradigme sociétal. Si on reste dans le même système alors pourquoi pas.                                                                                          
  4. Favoriser les petits commences des villages et centres-villes. Cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce. Davantage de parkings gratuits dans les centres-villes. Comment ? Favoriser les petits commerces nécessite la mise en place d’une vraie politique de la ville, il faut détruire les centres commerciaux hors ville et transférer les commerces de ces zones vers les centres villes. Certes, il y a les grandes distributions mais il y a aussi les petits commerçants qui profitent de l’affluence pour exister. Les petits commerces sont donc transférés en centre ville. Il faut des locaux pour les accueillir, certes, il y a des locaux disponibles puisque nombre d’enseignes ont disparu mais sont-elles en nombre suffisant ? De plus, ce déménagement est pris en charge par la collectivité ou par le commerçant ? Si c’est par le commerçant on peut dors et déjà considérer que la plupart vont mettre la clé sous la porte et que le nombre de chômeurs va augmenter. Il faut une politique de travaux de réhabilitation et de construction de locaux commerciaux en même temps que la création de logements. Il faut, de plus, financer et accompagner les déménagements des structures existantes dans les centres commerciaux et ne dépendants pas des grands groupes (Coiffeurs, pharmacie, cordonniers, pressing etc etc etc). Enfin, il va falloir que le personnel des grosses structures soit formé et dirigés vers d’autres structures d’emploi. Cette mesure aussi sympathique soit-elle devient vite impossible à financer et à organiser. Dernier point, les centres commerciaux abandonnés et hors ville deviennent des cités dortoirs éloignés de la ville ? ou des parkings là encore éloignés des centres villes ? des terres cultivées ? (vendues par qui et à qui ?) cultivées par qui ? après un assainissement des sols là aussi très couteux. )                                               
  5. En gros, il s’agit uniquement de détruire les centres commerciaux. En soi, c’est une bonne idée mais… Il faut remettre des commerces dans les centres villes ainsi que des habitants ainsi que des parkings gratuits. Les centres villes ne sont pas extensibles. Des parkings souterrains ou sur plusieurs étages seraient nécessaires et dénatureraient les centres villes. Des locaux en plus grand nombre au détriment des logements et donc des consommateurs et salariés encore repoussés des centres villes. Des emplois qui disparaissent sans être remplacés. Alors, les centres commerciaux actuels peuvent être remplacés par des parkings gratuits surveillés, avec des navettes reliant le centre. Les navettes étant au minimum électriques mais davantage encore selon une énergie non polluante. Les commerces de centre ville pourront (devront ?) s’accompagner de logements pour le personnel dans des immeubles de peu d’étages ce qui permet de réunir le lieu de vie et le lieu de travail en favorisant le gain de place et de minimiser les dépenses énergétiques. Vivre sur son lieu de travail n’est pas un idéal, je le conçois mais la considération écologique ainsi que la considération de la propriété d’usage oblige à trouver des alternatives. Cela peut en être une. De toute façon, une telle mesure sera difficile à financer.                   
  6. Grand plan d’isolation des logements, faire de l’écologie en faisant faire des économies aux ménages. Evidemment ! Il faut alors former des techniciens en nombre pour faire ses rénovations et surtout financer les rénovations. Les locataires ou même les propriétaires ne sont plus aptes financièrement à financer une telle mesure. C’est donc l’état qui devra financer et former cette mesure. Le coût est encore une fois exorbitant même si l’idée est encore une fois jolie.                                                           
  7. Que les GROS (Macdo, Google, Amazon, Carrefour… paient GROS et que les petits artisans, TPE PME paient petit.) Encore une jolie idée mais la France étant dans un marché commun EU elle est totalement inapplicable. Si la France seule se décide à poser un taux d’imposition inégalitaire alors les grosses entreprises iront installer les sièges en dehors de la France (c’est déjà le cas) et n’auront pas à payer d’impôts tout court. Peut être, taxer les bénéfices faits sur le territoire national mais dans ce cas, le préalable est de négocier avec l’UE parce que à l’heure actuelle, c’est impossible. Ce qui se fait dans l’UE, c’est de mettre les impôts sur les entreprises à un taux qu’on juge correct et puis on a des pays de l’UE qui ont décidé pour relancer leurs économies de jouer sur ces taux d’imposition comme le Portugal, l’Irlande ou le Luxembourg. Il faut donc appliquer une imposition équivalente sur toute la zone eu afin de ne pas faire fuir les entreprises. Et négocier ce type de choses avec l’UE, la réponse est dans la question. Alors, à moins de sortir de l’UE, cette mesure semble inapplicable.                               
  8. Même régime de sécurité sociale pour tous y compris artisans et auto-entrepreneurs. Fin du RSI. Enfin une mesure qui construit véritablement un équilibre et une équité. Même régime de retraite pour tous les salariés à ajouter. Apparemment Mme Buzin prétend que la sécu unique doit arriver, il s’agirait donc d’appliquer le programme LREM sur ce point.                                                                                  
  9. Le système de retraite doit demeurer solidaire et socialisé. Pas de retraite à point. Là encore, il s’agit d’uniformiser les pratiques dans un cadre EU alors il faut négocier non plus avec le gouvernement français mais avec le gouvernement et donc la commission non élue européenne.                                    
  10. Fin de la hausse des taxes sur le carburant. Encore une mesure à négocier à l’échelon européen puisqu’il s’agit d’une directive afin de permettre la transition énergétique. Mesure adoptée par Hollande avec le représentant actuel comme ministre des finances. Il était totalement d’accord, il n’a pas de raisons de se dédire. Tous les partis sauf le gouvernemental aujourd’hui reprennent en cœur cette revendication qui n’est plus le cœur du problème.                                                                              
  11. Pas de retraite en dessous de 1200 euros. Encore une fois, pourquoi ce chiffre ? Tout le monde est intellectuellement d’accord mais avant ou après CSG et autres taxes ? Là encore, la seule proposition valable est bien le salaire à vie.                                                                                                                    
  12. Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de transport seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit au ticket restaurant et aux chèques vacances. Un peu de démagogie ne fait jamais de mal. Totalement applicable et en urgence même si la notion d’élu devrait être largement rediscutée. Si l’élu n’a plus que ses droits, quel est l’avantage d’être élu ? Il s’agit de représenter la parole du peuple ? alors pourquoi élire quelqu’un plutôt qu’un autre, sachant que, tout le monde est capable d’appliquer un mandat et de répéter les désirs du peuple. On le voit actuellement avec les répétitions permanentes de la voix de son maître. Pas d’élection. Uniquement des tirages au sort parmi les volontaires désignés pour appliquer les consignes populaires avec un mandat à durée déterminée, unique, révocable et donc impératif.                                                                                        
  13. Les salaires de tous les français ainsi que les retraites doivent être indexés sur l’inflation. Sur le principe, tout le monde est pour, dans les faits ça a déjà été fait et ce ne fut pas une bonne chose. Je serais plutôt pour que les salaires augmentent plus vite et plus fort que l’inflation. Ouais je sais je suis un dingue. L’inflation fut de 1.9 en 2017 alors augmentation de 2.2 des salaires. Le but est de mieux vivre et non de vivre de la même façon.                                                                                                      
  14. Protéger l’industrie française : interdire les délocalisations, protéger notre industrie, c’est protégé notre savoir-faire et nos emplois. Bah là du coup, il n’y a plus le choix objectivement. J’ai beau le retourner dans tous les sens, le protectionnisme étant totalement interdit dans l’UE, le choix est limité. Au minimum, référendum sur la présence française dans l’UE, au mieux sortie immédiate et sans conditions.                                                                                                                                                    
  15. Fin du travail détaché. Il est anormal qu’une personne qui travaille sur le territoire français ne bénéficie pas du même salaire et des mêmes droits. Toute personne étant autorisée à travailler sur le territoire français doit être à égalité avec un citoyen français et son employeur doit cotiser à la même hauteur qu’un employeur français. Définitivement, il va falloir se mettre d’accord et assumer que la sortie de l’UE est obligatoire. Sans cela, cette directive ne peut être abolie et elle ne le sera pas par les polonais, bulgares, roumains, hongrois, croates.                                                                                         
  16. Pour la sécurité de l’emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI. Super mais qu’est ce qui va obliger les entreprises à faire des CDI ? comment les contraindre ? Comment financer ? Quelles mesures ? Mesures qui doivent être conformes au dogme libéral EU hein… Ah bah oui… Sinon, il ne s’agit que de rendre l’embauche obligatoire légalement mais ensuite, il faut que les entreprises embauchent et pour ça il faut du boulot mais on ne peut pas puisque tout est délocaliser alors il faut refaire les entreprises en France et favoriser les productions françaises. Oups on ne peut pas.                                                                                                                   
  17. Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une industrie française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique). Bon début, si si si… De toute façon, le CICE est dans sa dernière année donc ça ne mange pas de pain mais on peut ajouter remboursement sur les 5 dernières années des sommes perçues au nom du CICE et non affectées à l’emploi et à la recherche. De toute façon, puisque les centres commerciaux sont voués à fermer autant récupérer le pognon avant.               
  18. Fin de la politique d’austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre l’argent des pauvres et des moins pauvres mais en allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale. Ok donc fin de la politique Merkel, ça veut dire ce que ça veut dire. On se met donc en défaut de paiement, mais du coup puisqu’on est de fait sorti de l’UE, il devient facile de faire battre monnaie et de rembourser la dette en monnaie nationale. Certes au départ, le cours de la monnaie va être faible mais bon, on y croit ou bien !!!! Donc on rembourse la dette en francs imprimés non stop à ce seul usage. Puis, une fois rembourser, soit on essaie de remonter petit à petit la valeur de la monnaie par l’essor économique soit on fait une nouvelle monnaie. Quitte à se moquer des banques autant y aller à fond.                                                  
  19. Que les causes des migrations forcées soient traitées. Bon ça ne veut rien dire mais c’est joli. Alors, nous n’apporterons pas les millions de litres d’eau nécessaires en Afrique sub saharienne, nous ne mettrons pas un voile pudique sur le soleil qui brûle la moitié du monde, nous n’allons pas créer un seau géant pour épancher la fonte des glaces et non nous n’allons pas faire de l’ingérence pour régler les conflits du monde comme nous le faisons depuis des décennies et dont la Libye est le dernier succès réticent. On cesse la politique d’ingérence, ce n’est pas à nous de régler les problèmes du monde.                                                                                                                                                          
  20. Que les demandeurs d’asile soient bien traités. Nous leur devons le logement, la sécurité, l’alimentation ainsi que l’éducation pour les mineurs. Travaillez avec l’ONU pour que des camps d’accueil soient ouverts dans de nombreux pays du monde, dans l’attente du résultat de la demande d’asile. Alors que les gens soient bien traités, c’est quand même évident et personne ne saurait être contre. Et donc, pour que les gens soient bien traités, on les met dans des camps. Alors là, je dis euh… Ouvrir des camps dans les pays de départ, on parque les gens et on attend de voir si les profils nous plaisent. Mesure hallucinante en fait.                                                                                                          
  21. Que des déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine. C’est déjà le cas mais si on veut renforcer ce dispositif, il faudra du monde. De plus, on les renvoie comme ça ? aucune considération de l’humain ?                                                                                                                         
  22. Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre. Vivre en France implique de devenir français (cours de langue française, cours d’Histoire de la France et cours d’éducation civique avec une certification à la fin du parcours). Très bien. Ça va coûter un bras mais personne ne peut être contre.      
  23. Salaire maximum fixé à 15000 euros mensuel. (Totalement inapplicable si ce n’est pour les fonctionnaires et ils sont rares ceux qui palpent 15000). Ça va pas bien loin.                                            
  24. Que des emplois soient crées pour les chômeurs. Bon bah là, à part le pop corn, je n’ai jamais rien lu d’aussi vide. Peut être du Angot. Ça ne veut rien dire, c’est juste basique. Next.                                       
  25. Augmentation des allocations handicapées. Si on trouve le financement, c’est juste une évidence.           
  26. Limitation des loyers. + de logements à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires). C’est toujours des mesures intéressantes mais il faut des budgets, il faut de la construction. Ça prendra du temps mais ça fera du boulot et des logements c’est bien mais utopiste mais l’utopie est le moteur du monde.                                                                                                         
  27. Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage, aéroport…). Donc il va falloir sortir de l’UE parce que là on entretient l’idée de monopole qui peut être contestée par les compagnies privées et elles gagneront.                                                                                                                            
  28. Moyens conséquents accordées à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées. Aucun problème avec ça sauf l’armée. Je suis à titre personnel pour sa suppression puisqu’elle est inutile. L’armée française sert majoritairement à aller sur les théâtres d’opération extérieurs or, pour moi, nous n’avons rien à y faire. Cela nous coûte un pognon de dingues d’envoyer des soldats à l’autre bout du monde. Donner des moyens à la justice mais aussi poser le cadre de sanctions qui puissent être appliquées, immédiatement, intégralement, complètement.                                                                                           
  29. L’intégralité de l’argent gagné par les péages des autoroutes devra servir à l’entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu’à la sécurité routière. Bim impossible, il faut nationaliser et pour ça bah encore une fois, faut demander à Bruxelles mais ça n’est pas autorisé, c’est même le mal.                       
  30. Les prix du gaz et l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu privation, nous voulons qu’ils redeviennent publics et que les prix baissent de manière conséquente. Bon je pense que les conclusions sont claires du coup. Fermer un marché ouvert à la concurrence libre et non faussée, on connait la solution.                                                                                                                                                        
  31. Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoles et des maternités. Ne pas fermer les petites lignes signifie que la SNCF n’est plus dans un rapport de profit et de rentabilité. Soumise à la concurrence, elle n’a cependant pas le choix et doit être compétitive. Alors on nationalise ? voir points précédents.                                                                                                            
  32. Apportons du bien être à nos personne âgées. Interdiction de faire de l’argent sur les personnes âgées. L’or gris, c’est fini. L’ère du bien être gris commence. Donnez les moyens aux EPADH en supprimant les mouroirs privés et donc faire exploser le budget et là encore, cela nécessite de…                                
  33. Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la Terminale. Pas de moyens, pas de locaux, pas de profs.                                                                                                                                                            
  34. Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie. Encore un chèque mais qui se comprend quand on voit le niveau de certains politiciens actuels qu’il va bien falloir recaser quelque part.                              
  35. Le référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l’assemblée nationale qui aura l’obligation, (un an jour pour jour après l’obtention des signatures) de la soumettre au vote de l’intégralité des français. Parfait, mais qui constitue l’assemblée nationale ? S’il faut demander à des élus de juger les propositions populaires, l’idée est morte d’elle-même. Pourquoi 700 000 ? pour représenter 1% ? Et si les gens ne votent pas au référendum ?                                                                                                                                                
  36. Retour à un mandat de 7 ans pour le président de la république. (l’élection des députés deux ans après l’élection du PR permettait d’envoyer un signal positif ou négatif au président de la République concernant sa politique. Cela participait donc à faire entendre la voix du peuple.) Incompréhensible… pourquoi revenir à un mandat de 7 ans ? quel est le but ? S’il y a le ric, il y a possibilité de révocation populaire très rapide. Rester à 5 ans en mettent des mid term à l’américaine peut être. 7 ans, je ne vois pas l’intérêt. Ou alors mandat unique, impératif, révocable.                                                                        
  37. Retraite à 60 ans et pour toutes les personnes ayant travaillées dans un métier usant le corps (maçon ou désosseur par exemple) droit à la retraite à 55 ans. C’est dommage que ça n’aille pas plus loin et qu’on évite de parler de la vraie solution que serait un salaire à vie version Friot ( pas le piège de Hamon, soyons d’accord d’entrée). Encore un effort et on y viendra.                                                                      
  38. Un enfant de 6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des aides PAJEMPLOI jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans. Toujours le problème du budget mais sinon personne ne peut s’opposer à ça.      
  39. Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée. Cela nécessite une vraie politique du rail. Mais on favorise avec quels moyens ?                                                                                                         
  40. Pas de prélèvement à la source. Mais il est peut être nécessaire de dire pourquoi et d’expliquer en quoi    
  41. Fin des indemnités présidentielles à vie. Pourquoi uniquement les présidents ? Les politiciens n’exercent pas un métier, ils sont au service or un service ne mérite pas une rétribution sur la durée. Les droits de retraite ou de pension ne sont pas des droits ouverts par une fonction ou un service temporaire et limité.                                                                                                                                       
  42. Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs clients utilisent la carte bleue. Alors il faut vraiment s’attaquer au pouvoir bancaire et pas uniquement à travers une simple levée de taxe. Il faut aller beaucoup plus loin.                                                                                                              
  43. Taxe sur le fuel maritime et le kérosène. Mesure évidente et oui, les avions vont se recharger ailleurs et les bateaux aussi. Du coup, notre déséquilibre en importations de pétrole se réduit. Ce qu’on ne dépense pas on peut le réinjecter autrement, ailleurs.  Le premier temps du RIC serait, il me semble, de véritablement poser la question sur l’UE. A partir de ce vote, la politique nationale choisit déjà sa voie. On le voit à travers ces doléances. Donc il faut choisir et avoir le pouvoir de choisir.                               
  44. Les solutions ne sont pas aussi nombreuses finalement. Il est impératif de mettre le RIC dans la constitution. De là, chacun et plus largement, ce que l’on appelle peuple mais les gens, puisqu’il ne faut pas dire peuple, auront le pouvoir de décider de la société dans laquelle ils veulent vivre. Pour l’urgence, évidemment, s’ils veulent rester encore quelques semaines sur leur trône, les maitres vont devoir faire des gestes forts sur le fric. De gros efforts.