Vue et revue de crèche 6 – Jupiteux et les queues plates

             Ce n’est pas tant le besoin impérieux de manifester une quelconque colère ou haine vis-à-vis de certaines personnes mais plutôt davantage d’exprimer une incompréhension. Je parviens à me raisonner quant à l’expression d’une volonté grégaire de protection de soi et des siens face à la menace brune et intolérante qui menaçait dangereusement nos femmes et nos enfants, nos filles et nos compagnes. Encore une fois, je peux entendre cette fascination pour la construction de barrages ou l’aplatissement des organes à corps caverneux, situés selon les espèces à l’avant ou à l’arrière de l’ensemble constitué majoritairement d’eau et servant d’habitacle à une supposée conscience et peut être même pensée. Je peux.

Ce qui me semble beaucoup plus compliqué à admettre, même si l’adhésion ne m’est pas demandée et que, à la limite, elle n’intéresse pas grand monde, pour ne pas dire personne, c’est l’entêtement fanatique et quasi mystique de certains vis-à-vis d’une figure tutélaire et déifiée qui pourtant n’a fait, depuis son apothéose parmi les saints et les bénis de la terre, que d’enfoncer davantage les fanatisés dans un abime sans fond qui continue cependant à se creuser, et à précipiter le peu de ce qu’il restait vers un lieu inconnu, mais qui pourtant ne semble pas attirant. Mais ils veulent quand même y aller.

Ce questionnement grandit chaque jour à mesure que je me détache de certaines contingences d’ordre non sensorielles mais plutôt politiques. Ne cherchant plus à analyser ou à comprendre les méfaits et gestes d’une certaine hiérarchie totalement en deséquation avec l’univers et le genre humain, j’essaie encore dans un dernier sursaut d’humanité qui disparaît peu à peu cependant, de comprendre comment certains parviennent à conserver un optimisme et une foi envers des individus dénués de tout sens moral. Certes, évidemment, il est toujours bon de se dire que ces figures idolâtrées et adulées (ou acidulées) sont touchées par les mêmes maux que le commun des mortels qui n’existe pas, et que donc elles demeurent persuadées d’agir pour le bien de tous ou au moins du plus grand nombre. Néanmoins, quand cette volonté, ce désir altruiste se trouve quotidiennement pris en contradiction avec les faits et les vies, il ne vient à aucun moment, si ce n’est de manière totalement marginale un questionnement intérieur ou extérieur. C’est et ça restera un mystère de la raison, cette volonté permanente de vouloir faire croire au bien en faisant le mal. Une sorte de diablerie visible de tous mais audible que de quelques-uns qui ne représentent jamais une majorité numérique. Alors, le mouvement de décrépitude se poursuit et se met même en marche vers une accélération incontrôlée parce que devenue incontrôlable.