C’est beau comme un lever de soleil – La semaine politichienne de Smig

 

C’est beau comme un lever de soleil sur l’océan. Ce pays devient tellement poétique que j’en ai les larmes aux yeux. Aujourd’hui, sur le pavé de l’ancienne plus belle ville du monde, de quand j’étais jeune, de quand c’était avant, il y a bien longtemps, des gens, dont beaucoup de bonne foi, vont manifester. C’est très bien.

En face, chez eux ou vaquant à leurs propres occupations diverses, d’autres n’iront pas manifester en raison des signataires de l’appel à manifester particulièrement sulfureux, du texte même de cet appel qui considère la France comme un pays liberticide ou du mot d’ordre, lui même, de cet appel qui reprend une rhétorique totalitaire, mortifère et de plus inexistante. C’est très bien.

Pendant ce temps, les gens de gauche comme moi, depuis toujours (je n’ai pas que des qualités), se retrouvent orphelins et coincés entre des guéguerres intestines sur la couleur du crottin. Oui, il faut se battre contre toutes formes de racisme et d’inégalités et d’oppressions et de discriminations mais, comme le rire, certaines luttes ne peuvent se faire avec n’importe qui. C’est comme ça et je trouve que c’est bien.

Il est compliqué de combattre des méfaits en tenant la main de personnes qui prônent d’autres méfaits comme l’homophobie, l’apostasie, l’antisémitisme, le sexisme, la polygamie, la soumission (sans parler de l’alcool, du porc et de la drogue, et ça j’ai du mal… le reste; ça passe mais ça.)
Et voilà donc comment des personnes de bonne foi, de bonne volonté, victimes, elles mêmes, souvent, de racisme et d’exclusion, se retrouvent le cul entre deux chaises.
Ne pas manifester même avec ces gens, ce mot d’ordre surprenant, cette tribune maladroite, c’est dire que quelque part, on cautionne. Ce n’est pas bien.

Manifester c’est montrer son soutien à des personnes au moins aussi dangereuses que celles qu’on dénonce en marchant. C’est pas bien.

Les vrais perdants de toute cette séquence sont les français. Ceux de gauche qui voient que plus personne n’est digne de les représenter, ceux de droite qui voient qu’il n’y a plus d’idéologie à combattre et donc pas d’idées nouvelles à concevoir, ceux du centre, castors juniors, qui s’aperçoivent que, puisqu’il n’y a plus de gauche ni de droite ingénieuse, il n’y a plus d’idées à piller et donc foncent allègrement vers les vainqueurs parce qu’il y a des vainqueurs. D’un côté, la famille de nobles bretons de saint cloud montretout qui n’a pas besoin de parler pour ramasser les cadavres exquis, de l’autre les extrémistes religieux qui reçoivent à peu de frais une légitimité et même une virginité médiatique. C’est vraiment pas bien.

Personnellement, je m’en fous de cette manif parce qu’elle ne me représente pas et ne me concerne pas, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire. Je ne soutiens en rien le racisme, du coup, je ne peux pas me placer du côté des racistes qui défilent comme des racistes qui ne défilent pas, je reste à ma place, en marge de tout cela comme la majorité des habitants parce que tout cela n’a pas de sens.

14% de la population sous le seuil de pauvreté, les dividendes des actionnaires qui explosent, des entreprises qui ferment ou sont délocalisées, des retraités qui vont voir leurs pensions s’effondrer, des chômeurs qui vont voir leurs pensions s’effondrer, des jeunes qui n’ont pas de perspectives d’avenir, une planète qui devient plastique et meurt, des pays en guerre civile dont le notre quoiqu’on en dise, Ferrand toujours président de l’assemblée nationale et Castaner toujours ministre de l’intérieur… Il y a suffisamment de choses importantes pour ne pas me sentir concerné par un délire s’appuyant sur un autre délire.

Désolé de ne pas partager l’idée que les musulmans seraient des victimes. Premièrement, je ne sais pas à quoi on reconnait un musulman dans la rue par rapport à un autre musulman. Les tchétchènes, les bosniaques sont musulmans pour beaucoup et plus blanc qu’un savoyard qui lui aussi peut être musulman, donc un musulman, je ne sais pas à quoi ça ressemble. Si je venais à savoir la religion de l’autre c’est qu’il en fait état de manière visible ou verbale ou autre mais de fait, de manière ostentatoire et donc par prosélytisme et ça, ça ne fonctionne pas dans un état laïc.

Les coups de feu contre une mosquée sont minables etc mais sont le fait d’un individu. UN. Tous les attentats et autres saloperies quotidiennes inciviles dont nous sommes tous témoins et victimes sont le fait de certaines personnes. CERTAINES. De la même façon qu’il ne faut pas dire que les musulmans sont des terroristes parce que quelques uns sont des terroristes et malheureusement aussi des musulmans, dire que la France est raciste parce qu’un débile existe est une perversion de la langue et de la pensée indigne. Au même moment que les coups de feu sur la mosquée de Narbonne faisant deux blessés, un prêtre était égorgé et une cathédrale vandalisée. Silence radio, pas de manif, pas de communiqué, pas de tribune… rien. Depuis Narbonne, combien d’homosexuels hommes ou femmes ont été agressés? Combien de femmes ont été violées, agressées, insultées? Combien de personnes se retrouvent à la rue?

Chacun son pataquès, chacun son délire, chacun son projet, chacun son combat mais définitivement, malgré mes origines paternelles, celui là n’est pas le mien parce que je refuse de me mélanger avec des personnes dont le projet est de détruire ce en quoi je crois et de la même façon, pour certains, cela me placera dans l’autre camp du mal, qu’il en soit ainsi mais je crois avoir suffisamment écrit ma haine des partis, mon envie de démocratie réelle pour que cela m’en touche une….

Et juste, pour conclure, comme 95% des gens dans ce pays au moins, finalement, je m’en fous de ce truc.

2184 – La semaine politichienne de Smig

 

D’époque en époque, rien ne change et pourtant, tout est différent. Toujours des aveugles aux pensées bienveillantes qui cherchent à donner des leçons, sous couvert de tolérance, via l’insulte ou l’invective, à ceux qui ne peuvent se résoudre à courber l’échine. La position de prière vers l’est n’est plus seulement un geste de soumission à dieu. Elle est devenue une preuve de soumission à un monde différent, violent, dur, intolérant, discriminant et raciste. Parce que le fondement même de cette soumission pornographique de la bienpensance boboide, est justement la visite profonde de ce fondement bien visible de part cette position, par le barbu sans moustache. À force d’avaler des couleuvres, parce qu’il faut rester sage, propre et sibyllin, on oubliera le temps où ne pas croire, où croire à autre chose, où ne pas être dans la sexualité agréé par des missionnaires qui ne pratiquent que dans la position du même nom, où ne pas être de l’origine qui sied aux parasols masculins ou féminins (parce que évidemment, désormais, il n’existe que cette distinction), où l’alimentation n’était pas contrôlée par un mec inconnu qui n’a jamais eu un œuf à se faire cuire puisque « maman » puis les sœurs puis la ou les femme(s) s’en chargeaient, pour entrer dans le temps où il ne faudra tenir compte que d’un seul point cardinal en niant les autres.

Ce temps ravira les hommes en robe et nus pieds, à la barbe touffue et non soignée au mépris des autres, de tous les autres (blancs, noirs, homos, gitans, juifs, chrétiens, athées, femmes, bouddhistes, joueurs de guitare ou de flûte, comédiens ou écrivains, penseurs ou scientifiques), et ce temps ne sera venu que parce que ceux qui sont dans la parenthèse auront accepté de sacrifier leur libre arbitre et leur sens critique au profit du vivre ensemble qui veut dire au final, sans eux.

Et sinon, Castaner est toujours ministre de l’intérieur, la France est toujours dans l’UE, Ferrand est toujours président de l’assemblée nationale, il pue toujours à Rouen et la France se transforme petit à petit en un pays austère pour les plus démunis, obscure pour les plus éveillés, soumis par l’obscurantisme fanatique d’une pseudo élite qui oublie volontairement, et l’histoire, et la culture, et les individus, au profit de principes humanistes et universels dont personne ne veut, même pas eux, s’ils connaissaient vraiment les conséquences.

La destruction programmée de ce que d’aucun pourrait appeler liberté 6/5 – La semaine politichienne de Smig

Parce que tout cela ne tient debout uniquement parce que les hommes (ou femmes) qui reproduisent ce schéma sont formés pour ça et reproduisent un schéma qu’ils considèrent bon et juste. La remise en cause des élites n’est pas autorisée. Il faut appliquer. Il faut jalonner. Il s’agit de se montrer le plus compétent pour reproduire sans fin une domination d’une caste sur une autre. de temps à autre, l’élite construit un casting via les grandes écoles afin de recruter le meilleur lécheur de bottes qui ne serait pas issu du sérail.

Le système féodal a été reconduit en pire depuis la révolution. Désormais, on retrouve dans les strates de contrôle, les fils et filles de… Journalistes, comédiens, écrivains, politiciens, entrepreneurs descendent de lignée déjà installées. Le renouveau ne se fait que parcimonieusement avec de dociles toutous venus du Havre ou d’ailleurs. Seulement un par un, et rarement, simplement histoire de faire croire au reste de la populasse qu’il y a toujours une place possible. On commence à entrouvrir la porte aux minorités visibles comme on dit mais jamais il ne s’agit de critiques ou de questionneurs. Des biens dociles issus des écoles méritantes de la république. Les écoles publiques financées par les pauvres pour permettre aux élites riches de se reproduire en toute tranquillité et on se retrouve avec des désagrégés de lettres ou de philo qui nous expliquent les relations internationales et l’économie pendant que le maintien dans le système marchand et capitaliste s’amplifie.

Une société sous surveillance dans le langage mais aussi dans les divertissements, qui construit un modèle de surveillance interne et personnel dans le but de moins avoir à contrôler.. Une société sous contrôle dans le but d’élever une élite qui se reproduit entre elle, dans un rapport de consanguinité de la pensée, puisque celle ci est unique. Un système policier, judiciaire et législatif qui cautionne et entretient ce même système en échange d’impunité. Un enseignement dispensé à deux vitesses pour entretenir l’élite dans un confort cognitif ou réduire les entrées dans la révolte pour le tout venant populaire. Chaque élément est à sa place et chacun joue son rôle dans le théâtre du monde et nous nous conformons aux mises en scène. Nous acceptons cet état de fait avec la croyance personnelle, égoïste, interne d’être en réalité un rebelle incompris parce qu’il y a là le véritable génie du système mis en place. Faire croire à chacun qu’il est un rebelle alors qu’il est en réalité totalement intégré aux schémas prédéfinis et moi le premier.

Alors, les prédicateurs annoncent des révolutions en n’y croyant absolument pas mais les rebelles sans ailes se jettent sur ce recours pour croire que la rébellion est proche mais finalement, les rebelles ne font que ce que font tous les autres: se chercher une place au soleil. Le seul espoir qu’il reste est une vraie révolution populaire sans parti aucun ni politiciens avec l’envie de changer de modèle de société à tous les niveaux. De repenser l’intégralité du monde. Comme aucun des clowns qui hurlent sur les estrades ne proposera jamais ça, souriez bonnes gens, le monde va comme il va et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

La destruction programmée de ce que d’aucun pourrait appeler liberté 5/5 – La semaine politichienne de Smig

Justice pour tous, équité pour les autres

Tout crime doit être puni. Alors manifester contre l’ordre et ses forces, contre la paix et ses gardiens, c’est un crime de lèse majesté et ça, le roi ne saurait le tolérer. La molestation n’est qu’un avertissement. Il faut sanction face aux actes non commis mais face à la rébellion, le pouvoir se doit de montrer sa force, sa ligne, sa dureté. Etre dur avec les faibles, être faible avec les forts.

Les quelques coups, les quelques blessures, même graves, ne sont pas suffisantes pour mettre à bas les revendications. On laisse les sombres casser pour justifier qu’on frappe, blesse, mutile, tue les innocents et pacifiques. Les sombres antifas qui ne sont que les premiers outils de la répression eux, n’ont aucune manifestation du maintien de l’ordre. Tout le monde les connait dans les services autorisés ou alors ces services ne servent à rien et pourtant ils sont là à chaque manifestation d’une opposition. Ils sont donc l’oppression plutôt qu’une solution mais ils permettent l’oppression physique des forces de l’ordre sur les légitimes.

Mais, il faut punir et même châtier les vrais révoltés. L’arsenal judiciaire se met en branle et se charge de mettre hors d’état de nuire les derniers survivants qui tiennent encore debout. Il répond aux injonctions du législateur qui invente avec une grande dextérité et un art consommé du machiavelisme. des lois anti grèves, anti manifs, anti propos, anti pensées, anti relations… Tout devient interdit de manière discrète, efficace… Seuls les quelques uns qui s’efforcent de rester éveillés, de rester contestataires voient les tonnes de textes et de décrets qui réduisent les libertés passer. Nul n’est censé ignorer la loi mais personne n’est capable de la connaitre.

Alors après les blessures, les mutilations, les coups, les molestations, vient le temps des affres de la justice qui finit de broyer des êtres incapables de se défendre par manque de connaissances du sujet et incapables de choisir des défenseurs par manque de moyens. Les amendes impayables, les condamnations de prison qui sont davantage qu’une simple condamnation momentanée à l’enfermement. Tout est en place pour que tout soit lisse et que la moindre aspérité ne soit cachée, masquée, empêchée, contrariée.

Chaque jour défilent des lois plus stupides que la précédente croit on… En réalité, chaque loi a son but, son sens, son oeuvre. Elle va plus loin dans le protocole. Et la boucle est bouclée et le routourne tourne toujours dans le même sens.

La destruction programmée de ce que d’aucun pourrait appeler liberté 4/5 – La semaine politichienne de Smig

Une pluie de matraques sur le soleil du changement

Pourtant, malgré un contrôle de tous les instants par tous les moyens possibles, qu’ils soient humains ou technologiques, qui permettent de construire une société de l’uniformisation, certains refusent encore de se cadrer. La méthode douce a été distillée de partout et pourtant, il existe encore des réfractaires. Encore des gens pour contester l’ordre, pour refuser une hiérarchie qui n’a aucune légitimité si ce n’est celle d’un vote mais un vote auquel plus personne ne participa à l’exception de quelques illuminés et d’une majorité de désabusés qui remplissent leur devoir électoral comme d’autres remplissent leur devoir conjugal au bout de tant d’années d’un mariage qui n’est plus qu’une habitude et une routine douloureuse.

Pourtant, il faut que ces derniers réfractaires contestataires soient mis au pas. Ils sont réduits au silence mais ils continuent à construire des systèmes alternatifs pour se faire entendre, pour se faire voir. Alors, il faut passer la vitesse supérieure. Le contrôle ne suffit pas, la norme, la règle construite depuis tant d’années par tant de petites pierres posées les unes sur les autres doit s’imprimer, se naturaliser. Et pourtant, encore, malgré ce naturel artificiel, le naturel revient au galop.

Il ne reste plus que la force. Faire entrer de force dans des cerveaux malades, une ligne de conduite commune qui se doit d’être courbée. Des cordons de soldats sont lâchés face aux réfractaires mais aussi au sein même des réfractaires. Il y aura luttes entre les forces de l’ordre, et ce nom est évidemment loin d’être un hasard, il faut de l’ordre, que les choses soient rangées dans le sens décidé. Et dans un système sans ordre, il est aisé d’introduire les germes qui feront les mauvaises herbes. Au sein même des mouvements, s’infiltreront les ombres masquées qui provoqueront les conflits et donneront le grain nécessaire pour faire des réfractaires les hors la loi. Ils provoqueront les conflits, briseront les symboles de l’ordre, piétineront les routes du bien pour que ce qui reste de réfractaires soient rangés dans la case dissidente. Des fachos, des dangereux, des méchants, des casseurs. Les gardiens de la paix, ça non plus, ça n’est pas un hasard, taperont et seront légitimes pour taper. Oh ils ne taperont pas les débiles sombres infiltrés qui ne savent même pas pourquoi ils sont là, si ce n’est croire qu’ils combattent une idéologie qu’ils ne font que nourrir, bien sûr que non, ils taperont sur ceux qui réclament simplement que quelques miettes tombent du buffet. Il faut rétablir l’ordre, coûte que coûte.

La chape de plomb première se voulait gentille. Surveillance appuyée mais pacifique, contrôle de ce qui circule comme informations et divertissements pour baisser le besoin et le sentiment de révolte, ostracisation de la dissidence par des dogmes religieux ou psychologiques. Puis, l’étape suivante sera la violence, d’abord physique puis morale et psychologique.

La destruction programmée de ce que d’aucun pourrait appeler liberté 3/5 – La semaine politichienne de Smig

Uniformiser les minorités pour qu’elles minorent la majorité

Alors il faut assurer une surveillance permanente et, pour ce faire, on conditionne chacun à entrer dans le cadre de ce que le surveillant attend de nous. Il est partout dans nos conversations, dans nos applications. Tout est enregistré, tout est gardé et tout sera exploité, le cas échéant. L’intérêt est que, dans le temps, chacun se surveille soi même et surveille ceux qui l’entourent. La surveillance devient double, interne et externe, afin que l’ordre du monde perdure ainsi et la fameuse routourne tourne encore. On tue les possibilités cognitives de révolte. Le soi disant divertissement devient une arme de destruction massive en obligeant à l’activité.

Chacun est contraint de suivre un chemin crée par d’autres afin d’avoir une société facilement contrôlable. Plus la société est contrôlée, plus elle est facile à contrôler. Elle le devient d’autant plus que les individus, composant cette société, considèrent comme justes et valables, les règles qui viennent d’ailleurs, d’au dessus ou plutôt d’en dessous. Lorsque les règles apparaissent positives à tous, il ne vient à l’esprit de personne de les contester ou alors, les contestateurs apparaissent comme des déséquilibrés, des asociaux ou même des fachos. Les fameux méchants.

Tout est donc fait pour avoir une société dont on peut très facilement, à l’avance, prévoir les indignations et les réactions. Afin de mieux diviser, on a crée, et quand je dis ON, malheureusement, je ne parle pas de nous, mais bien d’eux qui ne sont pas nous, une société de la minorité opprimée. Toutes les minorités valent davantage que le reste. C’est le fait d’être différent dans l’acceptation totale de la société qui compte. Il faut savoir se créer sa propre différence qui fera que chacun puisse devenir quelqu’un ou quelque chose. Volontairement, il s’agit de s’inscrire dans la pensée divergente ou minoritaire ou celle qui va permettre de se sentir vivant. La religion qui permet de gueuler, la sexualité qui permet de gueuler, le régime alimentaire qui permet de gueuler, la mode vestimentaire qui permet d’exister aux yeux de tous avant qu’ils ne soient crevés, les yeux et non les modes… Et tout sera à l’avenant, tout fonctionnera et tournera autour de ces différences que la majorité se devra de respecter, de vénérer, de déifier. C’est parce que tu es minoritaire que tu existes.

Alors, chacun, ou tout du moins, les chercheurs d’or identitaire, s’évertuent à trouver la faille qui va donner du sens à une existence qui, au final, n’en a pas. Les barbes poussent, les sexes se coupent ou poussent, eux aussi, les animaux deviennent semblables à ses proches et bien plus importants qu’un inconnu mais, ainsi, se construit le sentiment minoritaire. La minorité devient le modèle à respecter au détriment de la majoritaire et l’uniformisation se fait. Si au niveau sociétal, les règles sont le respect et même la dévotion autour de minorités, au niveau social, la tête non pensante choisira toujours le moins bien disant, le bas. Elle réduira les aides, elle rognera sur les soutiens, elle détruira le modèle. Elle aura toujours l’excuse de restrictions budgétaires, de déficits à gérer, de dettes à rembourser, d’équilibres à maintenir.

Ainsi, il y aura les minorités qui se sentent opprimées et le font bien sentir, et les autres qui voient leurs situations se détériorer à tous les niveaux mais, au moins, les minorités gagnent des avantages ou avancées (ou reculs) symboliques. Une case supplémentaire sur l’état civil, des horaires de piscine ou des menus adaptés pendant que le nombre de souffrances se multiplie. Division et re division et sur division jusqu’à annulation et négation et ceux, les quelques uns, qui continuent à combattre pour tenter de rester debout, seront traités de dangereux réactionnaires, révolutionnaires, fascistes, violents et bla bla bla … L’uniformisation de la société se fait par ses minorités ultra visibles au dépend de la majorité silencieuse. Tout le monde le sait, tout le monde le voit mais quoi? Dès l’enfance, il nous est enseigné l’interdiction de frapper plus faible que soit. (Ce qui est paradoxal quand on y réfléchit parce que toujours vouloir frapper des plus forts que soi, c’est quand même s’exposer à de sacrées déconvenues). Alors, comme personne n’aime être le violent méchant de la bande, ce sont les minorités qui gagnent et la majorité qui s’écrase dans un tumulte silencieusement assourdissant.

La destruction programmée de ce que d’aucun pourrait appeler liberté 2/5 – La semaine politichienne de Smig

Construire un individu qui devienne foule

Evidemment, il ne s’agit pas de contrôler ce qui se dit, ce qui se fait, ce qui se pense dans le but unique de contrôle. Ce qui nourrit le besoin de contrôle, c’est, à terme, sa disparition. A force d’être contrôlé, l’individu normal, classique, humain, raisonnable prend les contrôles comme une chose naturelle et de fait, imprime dans son comportement quotidien, les habitudes qui vont faire de lui le citoyen que le contrôleur attend. Le but réel du contrôle est de disparaître et de devenir une caractéristique quasi naturelle. Faire de l’attitude voulue, une sorte de naturel qui reviendra au galop même s’il est chassé un jour. Je te contrôle jusqu’à ce que tu sois capable de te contrôler toi même.

A force de contrôles, de mise en cage dans le cadre de la bien pensance, chacun s’ingénie à suivre des règles édictées par d’autres qui deviennent une nature, une ligne de conduite et même un style de vie. Oh! bien sûr, certains s’imaginent être sortis du cadre parce qu’ils se posent comme des rebelles. Ces rebelles qui ne sont que la reproduction de groupe d’un comportement déjà cadré. Que ce soit les gangs qui gangrènent certains lieux perdus de la république, les antifas qui font du fascisme leur base politique ou le castorisme, chaque rebelle n’est qu’une partie d’un nombre totalement intégré et accepté par la société puisqu’il existe. L’individu se doit d’être agrégé à un groupe plus large qui représente les idéaux que l’individu considère comme personnel mais qui ne sont, en réalité, que la tolérance de l’ensemble. C’est à dire que l’individu peut être bord cadre, il est dans le cadre.

Il n’existe plus réellement d’identité personnelle, de vie personnelle. Tout est fait pour que chacun de nos gestes soit connu. Oh certes, la majorité d’entre nous ne commet aucun geste qui pourrait être considéré comme déviant, moi le premier, preuve s’il en est que le conformisme touche même les plus réfractaires d’entre nous mais, de toute façon, tout est déjà fait pour que cela s’avère inutile finalement. Il existe, sans doute quelques réfractaires du conformisme mais ils sont en dehors des cadres même de la société. En forêt? en grotte? En tout cas ailleurs. Les fameuses forces des quartiers qui vont finir par diriger le monde à force de laxisme ont comme capacité réelle de « rebellisation » le fait de porter des futs dans lesquels on rentre à trois, où de se débrouiller pour porter des chaussures qui représentent un mois de salaire d’un travailleur. Les fameux antifas dont nombreux ne sont que des bobos en mal de sensations fortes ne refuseraient jamais les prestations sociales d’où qu’elles viennent pour aller au bout de la démarche d’un état fascisant. Et je ne leur jette pas la pierre, contrairement à eux, le système est ce qu’il est et tout en voulant se défendre d’y appartenir, ils ne font que le renforcer. L’antifas visent à casser du « fa » et surement pas à changer le système.

On peut décliner sous toutes les catégories. Le but premier du contrôle est d’uniformiser. C’est une évidence pour beaucoup mais, pour réussir, il faut que la solitude devienne une tare. Que l’ennui soit une honte. On ventile de réseaux sociaux et de consoles de jeu, de téléphones ou de programmes télé ou radio, sans même parler de la qualité, toute une panoplie de possibles dans l’idée d’empêcher l’individu, autant que possible, de se retrouver face à lui même. L’individu se trouve confronter à une sorte d’interdiction de s’ennuyer. On ne peut pas s’ennuyer donc, le cerveau ne peut pas vagabonder et partir dans des délires de révolution, de chute du capitalisme et encore moins trouver des mécanismes opérationnels pour réussir cette tache. Il faut être occupé, toujours, partout. Il ne faut pas, il ne faut plus, s’ennuyer.
De la même façon, il ne faut plus être seul. Il y a toujours quelqu’un au bout du fil, au bout du clavier, et si l’autre, à l’autre bout, n’est plus là, alors il y a un sentiment de panique, d’abandon. On court après le like, après la réponse au tweet, après le sms ou l’appel qui nous rappelle que nous ne sommes pas seuls. Tel Mulder, nous sommes en permanence en quête d’une reconnaissance de l’autre d’où qu’il vienne. Il faut qu’il y ait un autre. Il change, il n’est jamais le même, mais il faut qu’il soit là ou alors il faut qu’il soit remplacé par un écran mais il faut qu’on soit occupé et qu’on ne s’ennuie pas. Jamais seul, jamais sans contrôle.

La surveillance qui fait que le cadre est bien établi est faite par nous mêmes sur tout ce qui nous entoure. Il faut se battre pour être toujours sous le feu de certains projecteurs parce que sinon, dépression, burn out,chômage suicide ou autre. Placardisé et mis au ban de la société. Autant de choses qui sont décrites et montrées comme des faiblesses. C’est être faible que de se sentir seul à un moment, de s’ennuyer et de ne pas savoir quoi faire. Il faut être sur actif pour ne pas faire hors du cadre et il ne faut jamais être seul pour que tout le monde soit bien sûr que tout est sous contrôle et dans le cadre. On invente des fêtes. On ajoute Halloween et l’aid pour que tout le monde s’occupe, on rajoute des fêtes de voisins, des barmitza et des holi de partout. Il faut être heureux, entouré de plein de monde et occupé à faire des trucs.

Il faut donc, dans un premier temps, établir un contrôle qui doit, petit à petit, dans un second temps, devenir un contrôle personnel et effectué même par les autres pour décharger le cadre grâce à tous les outils de communication et de communion que nous offrent cette société.

La destruction programmée de ce que d’aucun pourrait appeler liberté 1/5 – La semaine politichienne de Smig

Surveillons afin d’être sûrs que la révolte est celle que nous voulons.

Chaque jour entretient son flot de nouvelles restrictions sur les libertés, qu’elles soient individuelles ou collectives. Ces restrictions se déclinent tous azimuts dans un jeu pervers de noyade du poisson. Tant d’efforts accumulés pour réduire le champ des possibles ne peut qu’être une visée, un but, un objectif à atteindre. Il existe cette tendance à croire que la gouvernance est défaillante par manque d’intelligence. Elle est, en réalité, tout l’inverse. Elle est extrêmement pertinente dans la préservation et la conservation de ses privilèges et acquis. Sous couvert de protection du plus grand nombre, apparaissent les lois et les décrets qui font, du simple quidam, une cible immobile mais un suspect évident.

Puisqu’il s’agit d’un projet flagrant, il est à envisager le but et l’issue de ce projet. Moins l’individu possède de libertés et moins il en réclame. L’habitude devient force de lois. Le fait d’être opprimé, contraint, enfermé se décline de générations en générations avant une éventuelle révolte. Le fait d’accéder à une liberté, même minime, entraîne une soif, un appétit de liberté toujours croissant et incontrôlable pour les quelques qui gèrent la foule. Réduire le champ, c’est conserver ses prérogatives sur la récolte. Ouvrir le champ, c’est permettre la prolifération des herbes folles, des mauvaises herbes, des croisements improbables. Il faut donc, annihiler tout espoir parce que l’espoir est le terreau d’où naissent les plantes du changement. Ainsi, la surveillance avec acuité de l’espoir devient une nécessité.

Il faut une surveillance de tous les instants, de toutes les personnes qui pourraient se montrer séditieuses à force de libertés. Alors, entre en jeu, l’imagination. Il faut créer des épouvantails, des forces obscures qu’il va falloir combattre pour conserver les valeurs qui sont érigées en biens communs et inaliénables. Dès lors, la moindre action de chacun d’entre nous, le moindre écrit peut ressortir de nulle part, au moment opportun, pour réduire le champ, encore, toujours. Malgré cela, la technologie a offert la possibilité d’espaces vierges de liberté mais, plus vite encore, ces espaces furent, l’un après l’autre, contrôlés, réduits, épiés. Jadis, le droit de manifester était un droit. Aujourd’hui, il est devenu un contrôle de police où chacun peut être placé en garde à vue pour un gilet, une paire de lunettes ou un livre.

Il y a peu de temps encore, la presse offrait un espace de liberté, plus encore que la presse, la création artistique ou critique permettait, à pas mal de monde, finalement, de s’exprimer. Et puis, il a fallu censurer parce que le lecteur, téléspectateur, auditeur n’est pas suffisamment fort intellectuellement pour séparer le bon grain de l’ivraie. Pour beaucoup de ces créateurs, il n’a même pas été nécessaire de créer des contraintes, des lois ou des censures. Il a suffit d’imposer un bon sens commun, une sorte d’ambiance tacite d’un politiquement correct sur le monde pour que ça roule. L’impertinence, la critique, le danger ne sont plus désormais que dans l’art de mettre mal à l’aise en appelant cela de l’art. A coup de scatophilie, pédophilie, alcoolisme ou drogues, on parvient à donner le change et à faire croire que l’on est un véritable rebelle. On choisit la religion qui fait déviance, la sexualité qui intrigue. On gueule plus fort que le voisin pour se donner l’illusion d’avoir raison sur la couleur du crottin mais les lois passent, le capitalisme perdure, l’économie de marché s’élargit, le besoin de propriété s’amplifie, les inégalités s’accroissent mais on pisse dans une bouteille, on embrasse une dame sans son consentement, on humilie les chroniqueurs ou on exhume les « œuvres » posthumes pitoyables d’écrivains animateurs de télé déjà has been depuis 60 ans alors qu’ils ont à peine 50 ans. On donne le change, on montre qu’il existe trop de libertés, trop de perversion et que, sans l’œil au dessus de la pyramide de Moscou du grand frère, le monde ne serait qu’anarchie ou fascisme extrême.

Comme dans une quête effrénée de libertés, chacun a cherché d’autres vecteurs pour assouvir cette soif et inonder ce désert. Chacun téléphona à l’autre pour échanger, pour grandir mais, très vite, le téléphone fut écouté par on ne sait qui. Alors, chacun tapa des 3615 pour trouver une source de compensation déclinante mais comme les outils n’étaient pas suffisamment puissants encore pour vérifier ce flux, la destruction fut programmée en s’assurant qu’elle avait suffisamment enrichi de bons serviteurs zélés. Ces serviteurs qui se jetèrent comme le loup sur la brebis sur le dernier espace construit pour faire croire à la liberté. Internet devint une jungle où le moindre mot écrit appartenait à l’espace public commun. Trouvable en quelques clics, partageable en moins de temps encore, modifiable selon les coupes choisies à n’importe quel moment et par n’importe qui.

Il suffisait seulement de créer les lois pour permettre de contrôler légalement les manifestations, les grèves, la presse, le téléphone, internet, les arts… Quelques subventions bien distribuées pour promouvoir la dernière oeuvre pitoyable d’un obscur artiste sans talent, quelques postes de directeurs de chaînes ou de théâtre, quelques polémiques diffamatoires dès que la bête devenait plus puissante que le chenil et tout était bien placé sous l’égide avisée de quelques élites pitoyables.

C’est ainsi que l’on se surprend à voir qu’un écrivain antisémite se balade allègrement sur tous les plateaux de télé et autres médias sans le moindre problème alors que le pauvre quidam ne peut même pas aller chier sans que son patron ne le sache. Que sur ces mêmes plateaux, on découvre l’apologie de l’obscurantisme par un appauvrissement permanent de l’exigence (de la langue, de la pensée, de la musique, de la critique, de la réflexion etc) et que le moindre propos soutenant la très large majorité est immédiatement taxé de fascisme et de retour vers le corps décharné des sœurs zombres les plus tristes et abjectes de l’humanité.

Tout est sous surveillance et, en réponse à cette surveillance permanente et perpétuelle, tout devient aseptisé, propre, sans aspérités. Tout est lisse et tout glisse. Les révolutions ne concernent plus que les planètes. Ne jamais critiquer le pouvoir en place, ne jamais vouloir changer les choses, ne jamais contester la politique dictée par des gens que personne n’a choisi… Accepter et appliquer les règles. de toute façon, si quelqu’un ne le fait pas, cela sera su avant même que lui même ne décide de ne plus le faire. Une sorte de Minority Report. Tu vas contester et le moment où tu contestes, tu es déjà en cabane ou handicapé ou ruiné ou jeté en pâture à la plèbe collaborationniste.

Soit tu es le bon petit soldat à la langue pas trop râpeuse et alors le monde est à toi, soit tu construits un esprit critique et là, les emmerdes volent en escadrille.

C’est forcément pire ailleurs – La semaine politichienne de Smig

Il se passe, en ce moment, un phénomène tout particulièrement intéressant pour le quidam lambda que je m’évertue de rester et d’être, qui repose sur l’analogie favorable ou la comparaison déraisonnable entre le pire et le encore pire. En France, tout le monde semble s’attrister ou même se plaindre de l’action de Salvini afin de prendre, seul, le pouvoir en Italie. Il est, selon la bien pensance hexagonale, le représentant de tout ce qu’il y a de pire en politique, de tout ce qui pourrait être le pire. Alors, forcément, les « démocrates » français s’essoufflent et s’égosillent pour préserver l’Italie de la peste brune. On passera sur le fait que les italiens sont au moins aussi intelligents ou aussi cons que les français et qu’ils sont en droit de choisir par des élections le poison qui les tue, comme nous sommes français, nous avons le droit et même le devoir de critiquer les autres. Pourtant, nous avons bien élu Macron, nous sommes donc plutôt très mal placés pour juger les autres pays.

Finalement, que reproche t’on à Salvini?

De tenir une discours nationaliste autour du prima italia, son mot d’ordre et la devise de son parti. En gros, de vouloir créer des emplois pour les italiens et favoriser l’économie et la production italienne en relocalisant et en favorisant par tous les moyens possibles, la production nationale, du basique offre demande. Une sorte de protectionnisme qui fait que tout le monde, dans l’UE ou presque, considère cela comme fasciste. Il s’agit, en fait, de la politique chinoise, russe, suisse, américaine, canadienne, australienne, japonaise, des principes économiques du monde, à l’exception de la zone UE. De fait, le monde, qui n’est pas dans l’UE, est fasciste. C’est évident pour les russes, de plus en plus pour les USA de Trump et pour les chinois et les suisses sont déjà des salauds. On reproche donc à Salvini de vouloir mener une politique économique pour son peuple comme le fait la très grande majorité des pays du monde. On peut considérer que ce n’est pas bien mais, dans ce cas, il faut savoir prendre ses responsabilités et il faudra exclure l’Italie de l’UE.

De refuser le débarquement des navires des ong à Lampedusa afin de garantir sécurité et soins aux migrants. Dans un premier temps, cela répond à sa campagne électorale et au mot d’ordre de son parti. Il n’a pris personne en traître contrairement à d’autres pays que nous connaissons bien et qui, sous couvert d’humanisme et de solidarité, ont fermé les ports, les frontières et même raccompagnent clandestinement les migrants dans les pays de débarquement. La France macroniste et précédemment vallsienne (ce chantre de la laïcité dévoyée) a fermé tous ses ports aux bateaux des migrants, a fermé Vintimille et raccompagne, dans les Alpes, les migrants qui avaient débarqué en Italie. La fameuse libre circulation des personnes et les accords de Schengen. On reproche donc à Salvini de fournir de l’eau et des vivres et finalement, souvent, de céder et d’ouvrir un port alors que la France ne fait rien, mais absolument rien, à part critiquer un pays qui a déjà accueilli 700 000 migrants environ.

De vouloir établir une flat tax pour permettre aux riches d’investir dans l’économie et donc de favoriser le ruissellement. De supprimer ou de rogner sur certains avantages sociaux pour permettre cet investissement des plus riches dans l’économie réelle. Critiquer une telle politique, venant de France est assez croquignolet puisque c’est ce qui se fait ici à une échelle bien plus grande et haute.

De traiter avec mépris, depuis toujours, les populations du sud, même si, ces derniers temps, il fait des appels du pied afin d’obtenir des voix mais son parti s’appelait la ligue du nord et ça n’est pas une découverte. Il y a donc un mépris des gens aisés ou des classes moyennes du nord vis à vis des personnes en difficulté dans le sud. En gros, Paris et les grandes villes et fortunes qui mépriseraient et seraient totalement déconnectées des difficultés des banlieues, des campagnes, des petites villes de province…. comment dire?

En fait, je pense que ce que les français, et plus particulièrement les « progressistes », reprochent à Salvini, c’est de ne pas faire, en tant que ministre de l’intérieur, du Castaner et de ne pas encore user de violences pour faire taire la moindre contestation. Il est possible que ça vienne mais Casta aura quand même pris quasiment un an d’avance sur les répressions policières, les injustices judiciaires, les compromissions et les avantages.

Même si de nombreuses mesures furent impulsées par le m5s, il existe une moralisation plus forte en Italie qu’en France aujourd’hui dans le monde politique. Incroyable. Salvini se balade torse nu pendant ses vacances, en dansant, sur une plage, avec des femmes. Il est célibataire et aime les femmes et, même si l’image est gênante pour certains, elle montre un homme qui n’a pas besoin de mettre en scène une sortie dans une pizzeria pour se mélanger à la foule alors qu’il passerait ses vacances cloîtré dans un fort, avec des gardes du corps tout le tour du ventre. Salvini ne mange pas de homards ou, en tout cas, pour l’instant, personne ne lui en a fait le reproche mais Salvini aurait sans doute, lui, fait les 60 kilomètres qui séparent son lieu de villégiature, du cimetière où l’on célèbre la mémoire d’un maire décédé dans l’exercice de ses fonctions. C’est aussi ça le populisme. Etre proche physiquement mais aussi au niveau de l’affect, de ce que d’aucun qualifie le peuple et qu’on pourrait juste qualifier de gens parce que le mot peuple est désormais interdit en France. Personne ne sait et j’espère que personne ne saura jamais comment Salvini aurait ou réagirait face à la mort de Steve, mais je ne suis pas certain qu’il se montrerait aussi méprisant que Jupiter, le dieu des dieux romains, comme quoi on ne sort pas de l’Italie, face au deuil des parents, des amis, des nantais pour protéger un mafioso vodkainé adultère.

Alors oui, Salvini est un danger parce qu’il veut réunir autour de lui tous les pouvoirs. Avoir une majorité dans les deux chambres comme d’autres veulent modifier la constitution pour avoir la majorité au sénat alors qu’ils l’ont déjà à l’assemblée nationale. Salvini n’est pas fiable et fait peur parce qu’il apparaît dur et intransigeant. Les autres ne font pas peur puisqu’ils se montrent serviles au détriment de leurs propres populations. Salvini fait peur parce qu’il porte des maillots de foot et pas des costards cravates, qu’il supporte le Milan AC et pas la Juve, qu’il parle franc et direct même pour dire des conneries, plutôt que d’utiliser des paraboles et des discours sans consistance qui durent des heures retransmis par BFM devant un parterre de personnes acquises à sa cause et qui, de toute façon, n’ont pas le droit de s’exprimer.

Je sais déjà que je serai rangé dans la catégorie des soutiens de Salvini et je n’en ai cure puisque je n’ai pas le droit de vote en Italie donc, mon avis importe peu. Je m’interroge seulement sur les éléments qui peuvent expliquer le sentiment français vis à vis de Salvini alors que le gouvernement français est bien pire et n’essuie pourtant pas les mêmes critiques. Il ne faut pas dire que nous vivons sous un régime autoritaire qui, chaque jour, s’approche davantage de la dictature mais il faut critiquer un homme qui appelle les électeurs aux urnes. Drôle de conception de la démocratie qui me fait dire que la démocratie à la française est un concept particulier. Dès que les gens votent et s’expriment, c’est mal. On l’a vu avec le brexit où les anglais apparaissent définitivement comme des connards, on le voit avec les italiens qui seraient appelés à voter pour de nouvelles législatives. En fait, en France, voter devient anti démocratique. Quelque part depuis 2005, on s’en doutait un peu et ce que le gouvernement juvien fait sur la question du référendum sur la privatisation d’ADP ne fait qu’accentuer l’idée, qu’en France, le vote, c’est le mal.

4 événements et demi

J’avoue entretenir à grands renforts de plongées dans les tréfonds de ce qu’il y a de pire, une sorte de masochisme bien ancré qui me pousse à errer sur divers profils totalement hallucinants et hallucinés, entre marcheurs endoctrinés alors que n’importe quel esprit sain comprend que la politique de ce gouvernement est une horreur absolue ou europhiles indécrottablement béats devant la beauté angélique merkelienne alors que tout le monde voit bien que c’est une catastrophe.

Il se trouve que j’essaie désespérément de cerner les enjeux de l’âme humaine et qu’être confronté à certains extrêmes permet de comprendre que le moment où le monde ira mieux est loin d’être venu.

En 24 heures, quatre événements sont venus me montrer que, si ce n’était pas encore perdu, c’était quasiment impossible de gagner.

Je ne suis plus dans l’enseignement et chaque jour qui passe me conforte dans ce choix et me rappelle à quel point le corporatisme et l’entre soi sont dangereux.

Afin de lutter contre la réforme Blanquer, au demeurant qui peut être discutée, combattue ou rejetée, certains enseignants correcteurs du bac refusent de communiquer les notes des élèves et bloquent ainsi la procédure. On peut discuter des heures durant sur l’utilité de cet acte mais, en me plaçant dans une perspective plus large, il m’est venu à l’esprit l’accident suicide récent de l’homme qui jouait à la roulette russe et qui gagna la partie de manière définitive.

Les velléités et les volontés de ce gouvernement sont connues depuis des mois, sauf pour ceux qui réussissent encore à croire que l’idée même d’une politique sociale existe dans le royaume de Jupiter. Les profs empêchent donc la bonne marche du bac et profitent de leur statut de fonctionnaire pour échapper aux sanctions qu’entraîneraient un tel comportement pour les employés du privé. Si Darmanin a une once de jugeote, on sait quelle sera sa proposition de loi sur la réforme de la fonction publique, deuxième époque.

Ce qui sauve les fonctionnaires, c’est que la notion de réflexion n’est pas actée dans le logiciel marcheur mais sinon, à la place de ce gouvernement qui ne supporte pas le statut de fonctionnaires, une réforme en profondeur permettant de simplifier le licenciement des fonctionnaires pris en faute serait d’une logique implacable. Après les cheminots et leurs grèves qui furent montrées comme des paralysies de l’économie et une volonté délibérée de gêner le pauvre travailleur honnête, après les flics qui, surmenés, se permettent de tirer sur tout ce qui bouge et même sur ce qui ne bouge pas, après les soignants qui se permettent de se plaindre plutôt que de sauver des vies, c’est au tour des enseignants de se plaindre et d’empêcher la jeunesse de France d’accéder au savoir et au marché du travail.

Il me semble que c’est du pain béni pour ce gouvernement et sa politique de casse du service public. On donne le bâton pour se faire battre, la raclée risque d’être bien violente. Alors je ne suis pas fonctionnaire et je ne l’ai jamais été mais il me semble que cette stratégie ne fait que renforcer Blanquer auprès de l’opinion publique. L’éducation nationale n’est pas réformable à cause des profs est une litanie qui va revenir encore plus bruyante. Alors dans ce cas, virons les profs récalcitrants. Le système ne fonctionne pas ainsi? Changeons le système, théorème de Chomski.

Je ne serais donc absolument pas surpris que la sécurité de l’emploi des fonctionnaires soit remise en cause dans les semaines qui viennent. Ce n’est que mon avis.

Autre moment de joie de ses dernières 24 heures, les nominations relatives à l’Union Européenne. En boucle passe l’information que, enfin, la parité est respectée. Les marcheurs célèbrent la victoire de Macron d’avoir su imposer la parité au reste des membres. Il s’est battu de toutes ses forces pour ne pas avoir un allemand (Weber), il aura finalement une allemande que personne ne supporte plus dans son pays en raison de son incompétence avérée.

Et l’enfant qui supportait le monde ne trouve rien de mieux à proposer comme femme, que de recycler une ancienne ministre incompétente, condamnée pour négligence sur les deniers de l’état, et chantre de l’austérité inefficace mondiale. Difficile de trouver plus mauvaise candidature mais il fallait bien s’attendre à ce que Lagarde vienne à toi puisque nous ne voulions pas venir à elle.

Toutefois, les deux sont des femmes et donc, c’est super vachement bien. La moindre critique te fait immédiatement passer pour un salaud de misogyne, blanc, hétéro, anthropophage, chasseur de mulots. Alors, une femme dont personne ne veut dans son pays et une autre dont plus personne ne veut dans le monde sont proposées et on doit se réjouir parce que ce sont des femmes.

Ne nous y trompons pas, le casting n’est pas meilleur chez les hommes où, là aussi, on recycle les has been dont plus personne ne veut (et même si la Belgique est un petit pays, être dégagé d’un pays, c’est quand même violent surtout quand c’est le sien). Il est d’ailleurs très étrange de remarquer que Moscovici et Barnier n’ont pas encore trouvé de poste à hauteur de leurs mérites. Personne ne veut d’eux en France, pour des raisons assez évidentes, mais il semblerait que l’UE non plus n’en veulent plus. Impossible pour moi de déterminer si c’est en raison d’une trop grande nullité ou si, finalement, une qualité fut trouvée chez ces deux personnages. (Faire le café, passer la serpillière, ramasser les bugnes)

En gros, si tu es femme, nulle, incompétente, avec des casseroles (je parle au figuré ici), détestée par la plupart des gens qui ont entendu parler de toi, postule dans l’UE, il y a des postes vacants, la soupe est bonne et, si on pense à toi, c’est que le job ne doit pas être trop compliqué, finalement.

Troisième événement étonnant, l’arrestation puis libération de la capitaine du Sea watch, Carola Rackete. Interrogée par les autorités italiennes pour être entrée dans les eaux territoriales du côté de Lampedusa afin de permettre aux migrants qu’elle avait recueillis au large de la Libye, d’être en sécurité. Si tu trouves que le comportement de cette femme est discutable, pour plein de raisons, tu es un putain de facho qui soutient Salvini qui, lui même, est le fils caché de Hitler et de Mussolini et dont l’oncle Pinochet et la tante Lénine (on ne juge pas ici les mœurs des gens, s’il vous plait) vous saluent bien. Si, au contraire, tu trouves que c’est une héroïne alors tu es l’abbé Pierre adopté par Soeur Teresa et élevé par Mandela.

Encore une fois, aucune mesure n’est possible. Tu es pour ou tu es contre et, selon ta réponse, tu seras fusillé ou on construira des temples à ta gloire. A partir de ce postulat, évidemment, le choix est vite fait. Vous connaissez donc ma position mais par contre, pour l’autel, dans mon temple, je préfère la pierre au bois, merci.

Ultime événement de ces dernières heures, l’éternelle affaire Chouard. Encore et toujours l’affaire Chouard. On eut pu croire que les deux dernières prestations du sieur régleraient définitivement l’histoire. Que nenni.

J’ai longtemps soutenu Chouard et je le dis et le reconnais sans honte. Les déclarations sur Soral, même si elles grattaient sévèrement le fondement, s’accommodaient de mes réticences. J’acceptais la maladresse. La cause de la démocratie via le tas, plus participative, plus horizontale, plus « populaire » (oh le vilain mot!!!) valait bien d’avaler quelques couleuvres.

Les dernières sorties médiatiques font que je ne peux plus suivre. Mon histoire personnelle, ma vie, mes convictions font que je ne défendrais plus ses positions parce que je ne peux pas le faire. Je suis toujours attaché aux idées qu’il défend mais je le ferais par le prisme des auteurs et des penseurs qu’il a contribué à me faire découvrir mais plus par son entremise. Pour moi, il a franchi une ligne dans sa posture du dubitativisme scientifique. Je respecte sa position, il dit et fait ce qu’il veut et il n’a pas besoin de mon accord mais je ne suis plus (du verbe suivre).

Que n’ai je fait en exprimant clairement cette position. On me parle de trahison, de mépris, d’ingratitude. Que je lui serais redevable parce qu’il a eu l’idée des ateliers constituants. Je ne réponds plus tant c’est navrant, finalement. Un individu, quel qu’il soit, est toujours beaucoup plus complexe qu’une idée aussi bonne soit elle. Pétain a sauvé la France avant de la détruire et de l’humilier. Chouard a eu l’idée des ateliers constituants apparemment et d’autres propos et réflexions extrêmement pertinents mais, pour moi, ses derniers propos ne sont pas défendables et je n’ai pas envie de les défendre. Il est autorisé de douter de certaines choses mais pas d’autres selon que ça arrange ou pas les sceptiques.

C’est un crime de lèse majesté de ne plus vouloir cautionner les maladresses, j’en accepte l’augure mais lorsqu’on est en désaccord avec une position, il faut savoir en tirer les conséquences (Théorème de Chevènement) sauf quand on est marcheur, là, on peut retourner sa veste autant que possible pour faire ventilateur et, en ce moment, ça pourrait faire du bien. C’est en hiver que cela est problématique et malheureusement, le pays connait un hiver qui dure depuis très longtemps (on se croirait dans GOT).

Tout cela finalement serait totalement et complètement insignifiant si la remise en cause d’une certaine idée de la conception du monde n’était pas gravement en danger. Les gens sont nommés, non plus sur des compétences, mais sur des genres (il ne faut pas dire sexe pffff), l’idée de défendre des droits ou d’en obtenir de nouveaux ne s’envisage qu’au détriment d’autres personnes plus faibles, il est interdit de ne pas avoir d’avis et de ne pas vouloir juger ou critiquer la politique ou la justice d’un autre pays soi disant souverain, et il est impossible de ne pas cautionner les prises de position lorsqu’on est un fan (qui vient de fanatiques parce que ça tourne à ça).

Forcément je suis de moins en moins en adéquation avec ce monde. J’avais des conceptions de méritocratie, de non ingérence, de respect des institutions, de libre arbitre, de sens critique, d’équité davantage que d’égalité et il m’est quelque part douloureux de comprendre, enfin, que tout cela n’existe pas finalement.