La semaine politichienne de Smig – Ils sont tellement cons que je n’arrive même pas à trouver un titre

Ça part dans tous les sens et c’est peut être à ça qu’on reconnaît les derniers feux d’une civilisation. La jolie brune, (et désolé pour tous les féministes qui pourraient tomber sur ces quelques mots mais je n’ai plus que ce qualificatif pour la définir désormais, en restant courtois, poli, correct), considère, avec son panache brun habituel, que le petit prince qui voulait être roi, n’avait pas nécessité d’être à Paris samedi parce qu’il n’aurait pas pu empêcher les événements parisiens. Les événements qui eurent lieu majoritairement sur les champs Elysées et Jupiter n’est pas sans savoir la signification et la destination des champs Elysées. Y aurait il là une prémonition? Le séjour des hommes vertueux après la mort et le parcours vers les havres de paix.

Evidemment, ce n’est pas avec ses petits bras musclés qu’il aurait pacifié une situation qu’il a construite et qu’il a volontairement rendue tendue, intenable, ingérable, insurrectionnelle et violente. Ce n’est pas, Brune ô ma brune, le problème qu’il sauve les champs de l’hallali fluo mais juste à un moment qu’il fasse semblant au moins. Tout comme le firent les anciens occupants de son siège doré, personne n’attend de lui des miracles, (il est à espérer que les derniers égarés qui croyaient encore que les politiciens avaient du pouvoir et la capacité de changer nos vies sont sortis du coma avec les frasques de cette législature) mais juste qu’il donne le change, qu’il mette la main au cul des vaches, qu’il nous dise de nous casser et qu’il nous traite de pauvre con, qu’il fasse des tours de periph en scooter les cheveux au vent, sous la pluie hollandaise. En gros, qu’il apparaisse comme un être humain et pas comme le pâle reflet de ce que l’intelligence artificielle nous réserve de pire.
L’adage de Desproges concernant la queue du chien et l’œil de Le Pen n’a jamais été aussi vrai que concernant le fils de sa femme. Outre ses résultats politiques déplorables et économiques au delà du catastrophique, ses effets en politique étrangère font de nous, encore, les bouffons du roi et les clowns hanounesques du monde. Certains penseurs ont beau s’égosiller et réclamer son départ, il ne partira pas. Sa mission n’est pas finie et trop de gens sont encore debout.

Alors, pendant que le reste du pays se demandait, comme durant le règne des sœurs zombres chères à Mathieu, si Paris brûlait, le poupon se déhanchait, avec grâce, sur les pistes enneigées des massifs alpins, qui, parallèlement, voient les migrants débouler d’Italie et être rejetés avec toute la délicatesse dont Casta sait faire preuve, vers leur point de départ, à savoir, ailleurs. Mais, à la limite, les migrants, on s’en fout un peu, ils ne sont pas comme nous et puis, on en a déjà tout le tour du ventre hein…Manquerait plus que le gouvernement fasse preuve d’humanité en plus… Alors, finalement c’était dans les Pyrénées que le couple mère fils uni par les liens sacrés du mariage est allé prendre les nouveaux clichés pour Gala et Paris Match. L’allusion aux migrants ne tient plus mais pour une fois que j’avais envie d’être sympa avec eux, je parle des migrants, je me dis que je ne vais rien retirer. Et puis, la Mongie étant si proche de Andorre et de son paradis fiscal, je trouve ici une autre façon d’esquisser un sourire entendu. C’était la montagne, le ski, la neige et Paris sous les flammes. Tenir un kiosque, même sur les champs, est plus risqué que les descentes tout shuss, c’est bien connu.
Donc, pendant que, hors vacances scolaires, l’enfant au bras de sa maîtresse allait parfaire son bronzage, l’auto proclamée, plus belle avenue du monde était en feu… C’est malheureux, on condamne, toussa, toussa….. faudrait voir à ne pas oublier de dénoncer la violence pour ne pas être, encore une fois, banni de fb quand même…
Et puis, le Fouquet’s brûle et là, quand même, faudrait voir à pas déconner… Alors les médias ont fait tout le week end des gorges chaudes de cet événement… Heureusement que ce n’est pas l’église Saint Sulpice qui a brûlé parce que sinon, nom de Jupiter, ça aurait gueulé sévère et dru…. Un lieu de culte, ça se respecte oh… enfin, ça dépend…

Face à de tels incidents regrettables, (larmes au coin de l’œil), Roger Pierre et Jean-Marc Thibaut annonce(nt) (alors je ne parviens pas à me souvenir du blaze de ce monsieur mais je sais que ce sont deux prénoms qui ne font pas un nom qu’on oubliera vite mais je sais que ce nom est croquignolet et so old world, donc hommage aux vrais comiques de profession pour remonter, si cela était possible, la cote de celui qui n’est qu’un sombre clown triste et indigent) qu’il va interdire les manifestations qu’il a fait interdire il y a deux ou trois mois. Je répète: le gars va interdire des manifestations interdites. Ce n’est plus dans l’absurde qu’il faut désormais chercher ces individus mais dans une case de pensée complexe dont le nom est inconnu mais synonyme de marche forcée vers le pire. C’est bien parce que le ridicule ne tue pas que nous sommes en surpopulation mondiale mais cette surpopulation n’avait pas pour but de mettre au sommet des pyramides du Louvre, la vulgarité, l’incompétence, l’indignité, le mépris, l’indigence et cette fabuleuse acuité à la leçon faite à tout ce qui n’est pas soi.

Il n’y a pas à juger les frasques du premier flic de France parce que chacun fait ce qu’il veut et ce qu’il peut. Il ne s’agit pas de porter un regard moralisateur sur l’adultère, ça serait déplacé. Il ne s’agit pas de se moquer du comportement de collégien acnéide de celui qui doit nous protéger. Il s’agit simplement de se demander à quel moment l’open bar et la vulgarité de cet individu vont prendre fin. S’il souhaite se taper toutes les nanas du monde, il a raison et je le félicite à titre personnel de cette initiative mais qu’il le fasse en tant que Kéké 1er, empereur de la vodka, de la canebière et du poker enfumé entre potes et non en tant que représentant de l’état parce que, pour toutes les personnes conscientes de ce qu’est la politique, l’état c’est nous et non pas eux… le eux n’étant qu’une partie du nous et pas son intégralité, métonymie élective quand tu nous tiens. Et c’est bien ce comportement qu’on pourrait qualifier de vulgaire.

Dans un pays qui, selon les chiffres officiels, compte 4 millions de chômeurs et selon les chiffres sérieux plutôt huit, on vote dans l’indifférence totale et avec une poignée de députés (sans accent mais avec une mère) la privatisation d’ADP, de la FDJ et la libéralisation des prix des énergies. Et on vous emmerde. Tout le monde sait qu’il s’agit là d’une hérésie économique, politique et intellectuelle mais que diable (qui est dans les détails) allait-il faire dans cette galère? Pousser l’incompétence économique à ce point ne peut être que qualifié d’inconséquence ou de déraison.

Alors que depuis Novembre, soit 18 semaines, bientôt 5 mois, des gens affublés de gilets fluos moches manifestent en se faisant shooter comme des palets de ball trap, on organise, à grands renforts de tambours et trompettes télévisés, un débat, avec des invités triés sur le volet des maisons closes et accueillis avec emphase et bonhomie, avec mission de poser la question qui leur est impartie et rien d’autre, et mieux vaut qu’elle ne sorte pas des clous de la sainte croix juvienne pour s’éviter les foudres des fourches caudines. Tu es choisi pour poser la question qu’on te dit de poser et pis c’est tout…
C’est bien à la faculté à adhérer sans réticence à un système qu’on note la force de ce système et l’indignité des castors juniors, moutons de Panurge, pigeons programmatiques, oies blanches mémorielles mais pas immaculées de conception, ânes têtus dans l’erreur, coqs paradant fièrement dans les bouses des cochons de pauvres ou des vaches sacrées pour les musulmans et chèvres politiques. Toute une basse cour qu’on ne peut qualifier autrement qu’indigne et qui ne vaut plus la peine qu’on n’attende d’elle un réveil ou même un sursaut de dignité et de compassion.

Comme 7% des français, celui qui prétend ne pas travailler pour les riches, s’offrent un petit week end de poudreuse mais, au moins, reste t-il dans son élément. C’est avec un petit sourire que je m’en vais le rassurer, il n’est pas le président des pauvres non plus et c’est bien là, ce que l’on pourrait qualifier de mépris.

Et puis cette façon accorte de naviguer sur tous les plateaux médiatiques accueillants pour ressasser les mêmes effets de langage pondus à la minute pas des commu-niquants qui ne le font peut être pas en commun mais qui nous …. allègrement. Cette récitation permanente et inchangée pour justifier l’inqualifiable et ainsi s’éviter la lourde tache de penser, de réfléchir et d’écouter ce que la plèbe pourrait avoir à dire. Cette faculté à refuser la contradiction en invitant pour des grands débats de l’intellectualitude des aghion et des pisani-ferry pour apporter une voix contradictoire.
C’est trop violent et ça montre bien la volonté de débattre et d’avancer. Tu invites les mecs qui ont écrit ton programme pour avoir une opposition et les gens devraient croire à la pertinence du truc parce que c’est la preuve que Jupiter ose tout, même le débat, avec ses potes. Tout ce que la vie politique devait avoir de beau, de riche et d’émancipateur est devenu, au gré de la marche dans le froid et l’hiver, l’indignité la plus violente et la plus crue.

Alors, pour continuer d’exister, il faut s’appuyer sur ce que le reste du monde a de plus sale. C’est parce que les autres sont pires en réalité qu’on peut se permettre autant d’horreurs. Alors, il devient possible de critiquer les régimes du reste du monde. La France n’est pas une démocratie mais le dire signifie pour les marcheurs que nous sommes en dictature. Puisqu’ils cherchent à rendre le monde binaire soit on marche tête baissée vers Metropolis, soit on résiste et l’on devient factieux et le représentant sur terre du mal.
Il est possible de donner la leçon, dès lors, au reste du monde parce que, ici, c’est un pays civilisé. Un pays qui est une démocratie qui n’interdit pas le droit de manifester, une démocratie qui a des valeurs sur lesquelles on peut s’asseoir joyeusement, une démocratie qui a une constitution qui n’existe pour personne ayant un petit pouvoir, une démocratie qui se permet de dire aux autres qu’ils ne sont pas démocratiques.

On pourra retourner le truc dans tous les sens, et c’est bien pour cela que je me retrouve avec un texte à kilomètres qui va vite me montrer qui l’a lu et qui ne l’a pas vu, le monde que les foudres de Jupiter réserve à ce qu’il nous reste de fierté, n’excite que ceux qui ne cèdent pas aux charmes de la brune de l’Aurore et du poirson du berger. Bizarrement, le sentiment diffus et infondé que les chants des sirènes marcheuses dans le noir ne séduisent plus que les aveugles, les sourds, les amnésiques et ceux qui aiment les enfilades intellectuelles récurrentes à base de verre pilé et de piment d’Espelette. Il est des temps où sortir en boite pour pécho de la meuf qu’on se tape depuis deux ans ou partir en vacances avec maman et pas seulement au bord de l’amer ne sont plus des actes suffisants pour faire oublier la déliquescence d’un état détruit en à peine dix huit mois et dont il ne restait déjà plus grand chose mais au moins un fond de dignité.

La semaine politichienne de Smig – Splendor et décadence

Ainsi, je suis surpris que certains soient surpris que Kéké se comporte en Kéké… Il était évident depuis le début que le personnel convoqué pour représenter notre pays n’était pas à la hauteur des enjeux proposés. Un mafieux joueur de poker n’allait pas, sur le simple fait de pleurer pour avoir un poste ministériel, devenir un parangon de vertu et un exemple pour une jeunesse manifestante climatique. Il n’y avait rien à espérer d’un tel individu et il nous rappelle avec pertes mais surtout fracas, ou l’inverse, que l’indignité est un mot désormais inconnu dans le lexique gouvernemental et que le pire, n’est jamais atteint parce qu’on peut creuser plus profond encore. Et pour les efforts de forage, Rantanplan prouve qu’il n’est pas le dernier à mettre la main à la patte.

Ainsi, le ministre chargé des services de sécurité et d’espionnage de l’état se laisse négligemment et nonchalamment filmer pendant l’une de ses agapes nocturnes. Passons sur le fait que ce monsieur est marié depuis plus de trente ans, comme il aime à le rappeler.
Passons sur le fait que ce monsieur fait preuve d’une descente abrupte lorsqu’il s’agit de vodka rappelant la pente de l’oesophage luxembourgeois dans les travées bruxelloises. Passons sur le fait que ce monsieur engouffre profondément, ou pas, (j’avoue ne pas maitriser l’anatomie canine) sa langue chargée des vapeurs poutiniennes dans la bouche d’une jeune femme qu’il ne connaissait pas un quart d’heure plus tôt. Passons sur le fait que tout cela se passe un samedi soir, jour qui, depuis trois mois, est le théâtre de blessures physiques et morales de personnes fluorescentes mais aussi de personnes portant les uniformes qui représentent l’état et que lui-même est censé représenter ces héros du quotidien, quoiqu’on en dise. Passons sur le fait que cet individu, au mépris de toutes les lois de sécurité et de déontologie, se précipite, un samedi soir dans l’une des boites les plus prisées de Paris pour claquer le pognon que lui verse généreusement l’état pour une mission qu’il n’accomplit pas sans le moindre service d’ordre (Où est Alex!!!) et sans que personne ne lui dise que les bornes des limites de la décence sont franchies depuis des lustres et que tous les portables de la place sont en mode gros plan mais passons. Après tout il fait ce qu’il veut de son fric, tout comme la demoiselle fait ce qu’elle veut de son corps. Ainsi passons.

Ainsi, passons aussi sur le fait que ce sieur représente l’état, de par sa fonction, et représente même la France dans ce qu’elle a de plus identitaire, si tant est que cela existe encore, puisqu’il est ministre de l’intérieur. Ce statut ne signifie pas qu’il est demandé à cette personne de vérifier l’intérieur des citoyennes du pays mais bien qu’il s’agit de veiller à la sécurité des biens et des personnes à l’intérieur des frontières qui n’existent plus mais effectivement, puisque cela n’existe plus et que le pays est fréquemment soumis à des mécontentements fluo, à des incendies grenoblois ou à des coffres forts volants qui disparaissent, il peut se permettre tout et n’importe quoi mais passons.

En revanche, ce qui ne passe plus pour moi, et je ne parle que de moi, c’est la non surprise que cet acte représente. Cette bande de pieds nickelés élevée au rang de personnages de l’état a, tous les jours, depuis deux ans bientôt, montré qu’elle était totalement sans limites et sans contrôles, qu’elle peut faire ce qu’elle veut parce qu’elle se fout totalement du peuple (et oui, j’utilise ce terme à dessein même s’il froisse certains parce que, en l’occurrence, partisans ou opposants, ils s’en moquent) et que de toute façon, le peuple ou même simplement les citoyens ne peut rien dire, rien faire et même le fait de dire que, quand même, c’est moyen, pas bien, c’est trop, déjà trop, beaucoup trop. On attend avec détachement la première manifestation de la loi faiqueniouse qui viendra nous dire que tout cela est faux, que c’est un sosie, que c’est un montage vidéo, une hallucination collective, un iceberg titanesque.

Ce non événement est une marque de plus du mépris que cette classe de marcheurs dans le noir porte vis à vis d’autrui, de n’importe quel autrui sauf apparemment si cet autrui est jeune, blonde et jolie comme l’ex magazine dans lequel Casta aurait aussi fait la couverture avec gourmandise mais Closer était plus proche de l’événement.

Ainsi, ce non événement vient simplement confirmer une chose. Tant que le citoyen ne sera pas apte à exprimer clairement son opinion (c’est à dire autrement qu’à travers un bulletin de vote qui est le même quelque soit le nom inscrit), il ne se passera rien. Parce que clairement, le vrai événement de cette semaine n’est pas que Rantanplan fasse honneur à la race des canidés, ce n’est pas que Etienne Chouard et Régis de Castelnau débattent sur un média (juste ça me fait plaisir de le signaler qu’on soit d’accord ou pas avec eux mais un espace de liberté du dialogue est toujours à saluer et encore plus dans les temps qui ne courent plus mais marchent), ce n’est pas que Lyon ait perdu, c’est clairement que, malgré la pétition de Coralie Delaume et de David Cayla, l’assemblée ait accepté la privation (merci Mathieu Morel effectivement privatisation en fait mais privation c’est pas mal aussi en l’occurrence) d’ADP et qu’à aucun moment, mais alors aucun, le citoyen n’ait été interrogé, ait pu donner son avis qu’il soit positif ou négatif. Alors oui, on peut être contre le RIC, et c’est même sain, mais il est évident que défendre encore l’idée que la France est une démocratie pose véritablement question. Et dire que la France n’est pas une démocratie ne signifie pas qu’il s’agit d’une dictature, juste que le peuple, les citoyens, les gens, nous quoi, nous n’avons aucune possibilité d’exister et que, quand même, parfois, ça serait bien qu’on ait les moyens de dire des petites choses à ces dieux qui nous gouvernent ou à ces humains qui nous méprisent, au choix selon les sensibilités.

Erratum: où l’on apprend que finalement Kéké n’est même pas un tombeur de légende et que la dame en question est sa conseillère depuis x temps et qu’il n’y a rien là de spontané mais bien uniquement du glauque et de l’irrespectueux affiché…
En ajoutant pour la forme que les conseils de la conseillère sont tout de même loin d’être avisés lorsque l’on constate les actions emplies de pertinence de moquette sur le torse et chaine en or qui brille…

For real

Il est des temps où s’interroger sur la valeur que prennent les choses n’est pas superflue. Au moment où les relations virtuelles explosent et où l’utilisation mécanique du portable deviennent une norme relationnelle, il n’est pas inutile de se rappeler (en tout cas moi je veux m’en rappeler) que tout cela n’est le plus souvent qu’un jeu d’ego et plus d’égaux.
L’ère du clash, de la phrase blessante, volontairement blessante alors que les relations étaient apaisées et saines, est le propre du net. Il ne s’agit pas d’instaurer un débat, il s’agit d’avoir raison. Il ne s’agit pas d’argumenter, il s’agit de prendre le dessus sur l’autre. Il ne s’agit pas de discuter mais davantage de flatter un ego.
Le second degré tend à disparaître dans cette ère de l’immédiateté. Le recul, la distance, le sourire, même s’il est parfois maladroit, n’ont plus droit de citer. Il faut être clair, net, précis, incontournable à chaque phrase, à chaque pensée, à chaque mot. Tout cela manque tellement de légèreté que tout devient triste dans l’échange virtuel. Soyons désinvoltes, légers, heureux de communiquer et simples dans le virtuel comme dans la vie parce que c’est épuisant de devoir s’excuser perpétuellement d’avoir écrit tel ou tel mot.

On allait au bord de la mer…

Dans un passé déjà lointain, j’ai eu une autre vie qui m’a permis de rencontrer beaucoup de jeunes gens dont certains ont réussi à devenir intelligents, pertinents et éveillés. Evidemment je n’ai rien à voir dans cet éveil, cette pertinence et cette intelligence mais, au moins, je les aurai rencontrés et cela fait que, déjà, mon parcours aura une saveur.
Le plaisir de retrouver l’une de ces rencontres est, à chaque fois, renouvelé et, malgré ma propension aux bavardages, j’en tire une sorte de bain de jouvence et la conviction qu’il reste encore des gens capables de ne pas tomber dans les pièges grossiers du capitalisme et de l’uniformisation politique.
C’est au travers de ces discussions à bâtons rompus ou pas, who cares, que s’éclairent certains phénomènes, idées, concepts auxquels tu adhères, auxquels tu crois, mais qui restent parfois confus dans l’esprit embrumé et vieillis d’un vieil aigri comme moi.

La prise de conscience de ce que sous entend les termes de vacances et de retraite restent un joli moment de percussion cognitives. Il ne s’agit pas tant des plages de repos offertes par les principes capitalistes qu’il s’agit de critiquer mais, plutôt, la conscience de ce que ces mots entraînent.
Un des phénomènes étranges des vacances, c’est ce besoin de partir, de partir ailleurs quand c’est possible, comme pour fuir une réalité.
En fait, sous l’idée de décompresser, on va chercher ailleurs, ce que la vie quotidienne n’offre pas. 300 jours par an, pour grossir le trait, on vit une vie de merde et pendant le laps de temps que le monde offre comme plage de survie mentale, on va voir ailleurs si l’herbe est plus verte puis, on revient à l’endroit de départ, alors même que cet endroit est considéré comme mauvais, banal, gris, malsain, ou, en tout cas, loin de nos aspirations initiales. Une sorte de masochisme grandeur nature.
Beaucoup, beaucoup trop, vivent une vie qui ne correspond pas aux rêves, aux attentes, aux envies initiales mais trop s’en accommodent parce qu’il le faut bien et moi le premier, je ne suis pas dans une volonté de donneur de leçon mais davantage de constat que je porte sur ma propre existence, finalement.
Les vacances servent, ainsi, à voir ailleurs si c’est mieux et à recharger les batteries vidées par une vie insatisfaisante la plupart du temps.
Et puis la retraite, la mise en retrait, l’obsolescence programmée, la date limite de consommation que beaucoup passent au même endroit, dans les mêmes conditions en attendant les deux mois que les petites pensions offertes pour toute une vie de labeur permettent de s’offrir dans un endroit paradisiaque, un ailleurs qui permettrait d’oublier le ici, le maintenant, le là …
Alors le constat de se dire que ce qui fait que trop survivent et s’accrochent à ce cycle interminable d’une vie délétère ou peu enthousiasmante pour s’octroyer quelques minutes de vie au paradis, une fois l’an, permet de se rapprocher très vite d’un état semi dépressif. Il reste ce que le monde offre et que, pourtant, la remise en cause demeure sourde, faible, limitée presque silencieuse et absente comme si la résignation et l’acceptation étaient la norme, la nomenclature et la marche à suivre.
Ce qui est offert, ce sont de rares moments de satisfaction et de plénitude en échange de quotidiens tristes et fades mais qui sont supportés par l’attrait des rares moments. Et la routourne ne va pas s’arrêter de tourner vite sur son pivot voilé .

con Marc Emeriau por la reflexion

La semaine politichienne de Smig – Deux poids deux mesures et plus encore

D’un côté, des manifestations réprimées violemment afin de se féliciter que le nombre de manifestants diminue. Comme si le fait de perdre un œil ou un membre, d’être continuellement contrôlé, fouillé, palpé, gazé n’était pas suffisamment dissuasif pour vider les rangs. A force de violences et de maltraitances administratives, il devient facile d’ergoter sur une démobilisation visible alors qu’elle n’est pas réelle.
Bien sûr, la probable victoire aux prochaines élections ne fera que conforter ce sentiment d’impunité et de toute puissance et il sera légitime puisque les quelques fous qui continueront à mettre un bulletin de vote frappé du sigle gouvernemental seront majoritaires à hauteur de 15%… La décrépitude de l’opposition, qui n’en est pas une, permet de maintenir les revendications populaires légitimes sous le joug du silence autoritaire. En résumé, on empêche l’expression en la matraquant et comme il n’y a aucune solution élective, cela donne quitus au pouvoir en place. On ne peut élire personne de valable alors vos gueules les mouettes, on continue le massacre.

De l’autre côté, une des plus grosses villes de France, plongée dans le chaos, sans que les forces de l’ordre ne parviennent à maîtriser le flux et la violence, parce que la banlieue et les cités s’embrasent pour « venger » la mort de deux jeunes. Il ne faudrait pas davantage réprimer les opprimés de la mondialisation et du capitalisme. Et puis, ça serait vu comme raciste ou phobe un truc…
Du même côté, un gouvernement qui s’empresse d’appeler l’Algérie et le Venezuela à laisser l’expression populaire défiler dans la rue, sans représailles, ni contrôles tandis que l’assemblée vote une loi limitant le droit de manifester en France.
Alors, évidemment, certains vont continuer à croire le juvénile qui assène des vérités du type qu’il n’y a ni répressions ni violences policières et on recommencera pour un tour en constatant que, effectivement, il n’y aura pas de répressions policières à Grenoble ou à Saint Denis où l’on peut balancer, tranquillement, des affiches associant la France et Hitler pour définir un pays raciste, xénophobe, antisémite, homophobe et tout ce que phobe peut nourrir comme substantif parce que taper la masse silencieuse fluorescente sera toujours plus facile que de critiquer les foules bruyantes et destructrices. Accuser les plus faibles de violence pour des vitrines brisées sera toujours plus confortable que de montrer du doigt les voitures en feu, les quartiers interdits aux services de l’état, la construction du communautarisme et du rejet de l’autre. C’est du deux poids, deux mesures et c’est juvien comme procédé mais ça fonctionne pour diviser dans tous les sens et continuer à régner comme si de rien n’était parce que rien n’est plus, ça tombe bien mais ça tombe longtemps et dans la chute, ce n’est pas la chute qui…

#FreeAli même s’il est déjà libre le Ali

La semaine politichienne de Smig – Nos vies deviendront nos morts

 

 

Je pense même que le doute n’est plus permis …

Le nouveau monde n’existe pas, il n’est que le phénix véreux de l’ancien monde. Tout ce que la politique du 20ème siècle a construit de plus déplorable, de plus lamentable se retrouve à suivre et à approuver les délires divins d’un enfant qui voulait être dieu. Toutes les momies frelatées et rejetées dans les basses fosses sont ressorties d’outre tombe chateaubriantesque pour reprendre leur activité principale, à savoir nous pourrir la vie. La douceur paloise, la bourgeoisie sucrée bordelaise ou la rigueur de Stuttgart étaient des échappatoires presque dignes pour ces surnuméraires. De même que les Venise verte poitevines toléraient avec bienveillance les errances anglophones d’un bossu au milieu des vaches.

Ils auraient dû entretenir leurs pensions et pré carrés mais non… il a fallu qu’un vrp européiste de pacotille ne les ressorte, un à un, de la naphtaline pour nous abreuver, encore une fois, des essences et des flagrances les plus nauséabondes. A grands renforts de peste brune et de messages subliminaux nous rappelant, en permanence, faussement, que l’UE, c’est la paix, le gang des postiches s’accroche à un pouvoir contrefait et symbolique.

Il y a une sorte de certitudes dans l’avanie générale. Si ces gens sont capables de se présenter et de croire que leur voix politique a encore un sens et un écho, c’est que nous allons vraiment très mal. Si la sauvegarde de nos valeurs passent par le retour de ceux qu’on croyait décédés alors il ne faut plus s’interroger sur notre futur. Il sera notre passé.

En fait, j’ai beau faire le clown tout le temps, tenter l’humour pour détendre une atmosphère viciée, chercher le sourire pour cacher les larmes, je deviens de plus en plus ce clown triste de notre enfance face au spectacle indigent que nous offre cette prétendue élite politique et penseuse. Je suis triste et rien ne me réjouit vraiment en ce domaine.
Une sorte de marche en arrière permanente et urgente qui ne fait que nous ramener vers les temps les plus obscurs que ceux qui nous y mènent ne font que dénoncer. Ils nous entraînent vers une chute éternelle et destructrice et passent leur temps à nous dire que tout autre alternative serait une chute éternelle et destructrice. La fin se rapproche tous les jours davantage et est moins loin qu’elle ne l’était hier mais kl’idée même de précipiter son arrivée n’était pas nécessaire.

A force, nos plaisirs deviennent des peurs. Nos envies deviennent des angoisses. Nos souvenirs deviennent vraiment des souvenirs.

Back Home 2

C’est surtout par des petits détails que tu vois que tu t’es longtemps absenté d’un endroit, d’un lieu. Ce sont tous ces changements qui semblent n’être que le quotidien de chacun et que tu découvres comme une violence visuelle imprévue. Tu croyais revoir les mêmes pierres, les mêmes bâtisses, peut être même les mêmes pierres, tous ces repères que tu avais et qui formaient ta vie passée, tout ce qui construisait ton monde avant qu’il ne s’efface par ton départ. Tu voulais croire que le monde s’était figé à attendre ton retour, croire que rien ne changerait tant que tu n’aurais pas donné ton accord. Naïvement, je croyais être de ces gens là, être de ceux qui donnent le signal pour démarrer les transformations. J’espérais même que finalement le monde allait m’attendre pour amorcer ses transformations, qu’il serait patient et à l’écoute de mes envies.
C’est ce réveil brutal, cette violence envoyée par l’essor des deux roues de toute sorte qui me montre que définitivement le monde tourne sans moi. Partir n’influence, en réalité, véritablement que celui qui part parce que le reste du monde continue sa progression, pour ne pas dire qu’il s’en fout. Et là tu vois d’autres modes, d’autres compréhensions, d’autres perceptions de la vie autour de toi.


Soudain, tu comprends que, malgré toutes les campagnes publicitaires et de prévention sur le sujet, l’homme, dans son acception générique d’humain, refuse désormais de marcher et que seules les deux roues sont un véritable moyen de transport. A base de trottinette et d’overboard, le temps parisien se décline avec l’abandon négligeant de ces objets sur le bas côté de la route. A n’importe quel croisement de n’importe quelle rue, tu peux tomber nez à nez avec une trottinette électrique abandonnée et qu’un esclave moderne récupérera en le jetant négligemment encore une fois au fond d’un camion de location pour être rechargé et remis dans le grand bain de la collectivité.


C’est par ce type de détails et de transformations totalement improbables que la prise de conscience se fait. C’est par là, par la futilité des petites actions que la transformation du monde s’opère sous mes yeux. Plus encore que les tentatives marketing vestimentaires de décathlon ou les discours sans fin ni faim d’un gouvernement aux abois, c’est bien par ce que le quotidien offre que ce monde évolue. C’est bien par ce que le monde ne m’a pas attendu qu’il évolue à son rythme et même si ces modifications ne sont pas celles que j’aurais voulues, elles sont l’image que renvoie cette époque, marcher c’est trop dur, , prendre le temps c’est trop compliqué et perdre du temps, ce n’est pas en gagner sur la vie et la contemplation. Toujours plus vite, toujours plus ridicule, toujours plus motorisé, toujours plus assistés mais toujours plus productifs.