Jusqu’ici tout va mal… (texte invité)

C’est l’histoire d’une société, qui n’en finit pas de sombrer. Au fur et à mesure de sa chute, elle se répète sans cesse pour se rassurer : « jusqu’ici tout va bien… jusqu’ici tout va bien… jusqu’ici tout va bien… »

Au commencement était le vice…
Ça commence par une débile partie de roulette russe. Mais les barillets sont tous chargés, tu vois l’bordel ? Tu penses t’en remettre au hasard, ou à la raison pour les plus illuminés, mais au fond t’es sûr de perdre. 100 % des perdants ont tenté leur chance ou le marketing triomphant ! 100 % de chances de voir ta tempe exploser salement dans un jaillissement de sang. Ça commence comme un bon Tarantino quoi. Carton au Box-Office assuré.
Sauf que… c’est pas du cinéma. Bienvenue dans la réalité ! Bienvenue dans cette réalité où les individus sont triés sur le volet, sélectionnés, catégorisés, classés, hiérarchisés. En gros, il y a les premiers de cordée, il y a ceux-qui-ne-sont-rien, et il y a JUPITER (trompettes triomphantes). Autant le poser tout de suite, il y a plus de places du côté des «rien»… Mais, maigre consolation, tu peux espérer te hisser au niveau des premiers de cordée. Espérer seulement. Parce que l’espoir fait vivre (et il fait faire des conneries aussi parfois, mais passons…). Alors tu espères… Parce qu’il n’y a que ça à faire après tout. Mais surtout « parce que tu le vaux bien ». Enfin… que tu penses… Le mythe du mérite a de beaux jours devant lui… Nan mais allô quoi ! Si un vulgaire shampooing bourré de sodium et de laureth sulfate pouvait transformer ta tonsure de prolo grisonnant en crinière de Lionne à faire pâlir Miss France 2017, ça se saurait tu crois pas ?

« Elle est où la reine ? Elle est où la reine ? »
Mais les larrons sont doués et tu te laisses aguicher. Tu penses que tu ne risques rien parce qu’au jeu du bonneteau, tel Perceval, t’as l’œil de taupe. Mais le bonneteur, c’est Manu. Et Manu, c’est un winner avec son minois de pub Kinder Bueno. Faut pas le sous-estimer…
D’emblée, donc, les dés sont pipés. Pipés à la vanité, ce poison savoureux dont tu te parfumes chaque jour pour sauver les apparences et faire illusion. Les dés sont pipés mais tu t’en branles. Tu veux pas savoir. Le roi est nu, mais c’est pas ton affaire. Après tout, l’habit ne fait pas le moine (d’ailleurs la bite fait-elle le curé ?).

Cædite eos. Novit enim Dominus qui sunt eius.
Tu es aveuglé, envoûté par cette vanité, qui te fait croire que TOI tu vaux mieux que ton voisin, que c’est juste une question de temps. Un vulgaire malentendu, qui sera vite réparé, parce que, forcément, Dieu finira bien par reconnaitre les siens. Alors, toi aussi tu te mets à crier avec la meute :     « Tuez-les tous ! Tuez-les tous, ces profiteurs, ces vermines, ces boulets, ces assistés de la société, ces SDF, ces roms, ces migrants, ces chômeurs, ces fonctionnaires, ces musulmans, ces laïcs… (Tuez-les tous après 60 ans ! s’égosille Attali (Attila ?) au milieu de la foule)… Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ». Carnage.
Or, mais, donc, Dieu, Jupiter de son p’tit nom, tarde à signer l’acte de reconnaissance… Salauds de feignasses de fonctionnaires qui n’ont pas fait leur boulot une fois de plus ! Alors tu te prends en main, tel un vrai self made man et tu toques avec aplomb à la porte de Saint-Pierre pour rétablir la vérité vraie. « Merde, putain c’est fermé ! ». Tu toques encore et encore. Mais le silence est têtu. Il s’obstine à t’ignorer. Fin de non recevoir. On vous rappellera plus tard. Retour à l’envoyeur. Direction l’enfer des damnés sur Terre. Dans 600 mètres tournez à droite. Ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20 000 euros. Au quatrième top, il sera exactement…
La chute est rude. Tu es sonné. Tout tourne autour de toi. Tu entends en écho. Tu vois en noir et blanc. Tu peines à reprendre tes esprits.
Après t’être sucé un sucre mentholé, tu découvres la cruelle réalité : Dieu portait un double masque. Tu le revois dans tes pensées encore légèrement embuées. Et sur l’autre face, c’est le visage de Lucifer que tu devines. Et ouais… Tu as vendu ton âme. Ou plutôt tu as bradé ton âme. Et pas au bon client… Mais c’est trop tard… C’était écrit en petit au pied du contrat, et dans la précipitation tu n’as pas lu : « les articles soldés ne seront ni repris, ni échangés ». Ecrit en petit, mais noir sur blanc, et ta signature apposée juste en-dessous. Pas de contestation possible. Le roi nu te l’a mise bien profond. Le Dieu romain t’a enfariné la gueule. La baraka s’est barrée. Et toi, toi tu cherches encore la reine de cœur…

Epilogue : La mort au temps du choléra
Quand le cynisme devient la valeur ultime de notre société. Quand homo devient lupus pour homini… Quand l’individu piétine l’humain… Que nous reste-t-il ?
Ça commençait par le choix entre la peste et le choléra. Ça commençait mal. Ça commençait mal et ça finira mal… Car Jupiter veille sur ton bien. Alors, quand t’en auras marre de tendre l’autre joue, essaie de tendre la main à ton voisin…

Pourquoi je t’ai raconté ça ? Parce que l’important, c’est pas la chute…

par K.M.

De l’art… point trop n’en faut… seconde époque

L’art est devenu une marchandise et c’est ainsi…. on ne refera pas le monde et je ne changerai rien ici à ce fait. N’étant pas moi même un fournisseur d’art, je regarde avec curiosité mais aussi incompréhension tout cela. En fait, je regarde surtout tout cela avec indifférence parce que ce que les prostitués font de leur vie ne concerne qu’elles. Le problème c’est qu’on nous pollue les sens avec les éructations buccalo anales de ces péripatéticiennes embourgeoisées. D’aucun pourrait considérer que je m’abaisse à ce niveau ici. D’abord, je ne fais pas payé, ensuite je n’oblige personne et enfin, de plus en plus, j’envisage de produire (puisqu’on dit ça comme ça désormais) pour moi. Si certains veulent lire, je ne vais pas les empêcher mais je ne demande rien.

J’ai cru bêtement, apparemment, pendant très longtemps, que l’art se devait d’être transgressif, dénonciateur, remuant, secouant, innovateur… J’ai le droit de croire ce que je veux! il se trouve qu’il ne devient que vulgairement choquant et encore… plutôt totalement insignifiant en fait. Au final, tout cela n’aurait que peu d’importance si le coût n’était que celui d’un privé, un quelconque vendeur d’armes ou de drogues muni d’un passeport saoudien puisque eux seuls semblent s’en sortir aujourd’hui mais non… nous ne sommes que de pauvres contribuables sur le territoire français et donc, on paie. La culture et surtout cette fameuse exception française est intégralement financée par nous-mêmes. C’est un élément qui fait de nous une particularité mondiale puisque nous sommes le seul état au monde a subventionné la culture. C’est une très bonne chose. Surtout quand les artistes sont de qualité. Or, il se trouve que ce n’est pas le cas. Ce n’est pas le cas parce que pour être artiste, tu te dois de déranger l’ordre établi mais c’est là que se trouve l’équation premium de la culture française aujourd’hui: comment être critique envers celui qui te paie? qui te finance?

J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas comment on pourrait se montrer pertinent en mordant la main qui nous sert. Il n’y a rien à apprendre, juste constater qu’on ne peut logiquement désormais qu’être artiste sur des pseudo provocations qui par essence se doivent d’être consensuelles, admises et acceptées. Alors on tape sur ce qui est facile, qui va créer du buzz sans toucher à l’ordre établi. On va mettre du cul partout comme ça on froissera la bien-pensance bigote et on fera un max de buzz qui gonfleront nos vues sur youtube et nos followers. On sera une star de l’art plastique parce qu’on aura érigé un montage de légos représentant une levrette sur la place centrale de Paris. On sera un metteur en scène reconnu parce qu’on aura dirigé un Richard III à poil du début à la fin. On vendra des disques parce qu’on aura insulté les femmes, ou parce qu’on aura défendu les femmes même si la musique est comparable à un concerto de flûtes à bec dans une classe de 6 ème des années 1980 et que le texte aura été rédigé par un élève de 1ère STMG du lycée Paul Eluard. On passera chez Ruquier parce qu’on aura fait un nouveau navet sur les gens du nord ou une nouvelle adaptation vomitive d’une bande dessinée légendaire. On aura réussi tout ça parce que tout ça sera subventionné par les aides de l’état. Par la faculté que le gouvernement a de financer des projets artistiques aux gens qui sont dans le cadre, dans le moule. A ceux qui respectent les codes, ceux qui rampent, qui mendient, qui obtiennent, ceux qui sont toujours les mêmes parce que forcément il n’y a pas de remise en cause artistique. Tu as bien dépensé de manière consensuelle l’argent de l’état pour faire du pitoyable, tu es capable de recommencer. Tu deviens un fonctionnaire culturel qui cultive son confort dans le conformisme le plus prégnant. Mais tout va bien puisque tout continue sans remise en cause ou bien plutôt en remettant en cause le fait qu’un plus grand nombre encore ne bénéficie pas de ses avantages. Il faut encore et davantage subventionner les artistes parce que nous n’avons pas assez d’œuvres pitoyables à voir. Il faut augmenter la dose. Entretenir le formatage. Multiplier les provocations consensuelles pour que chacun continue de croire que l’art est une issue et que l’art permet de critiquer mais comme il est interdit de rire, de parler, d’écrire, de penser autrement que selon la doxa, on s’aveugle. Cet aveuglement est tellement fort que nous en venons à payer une deuxième fois pour bon nombre de travaux. Un film français (un truc avec des images qui bougent et du son, même parfois de la musique) est très souvent financé par des aides gouvernementales, donc nos impôts, mais nous payons une place de cinéma. Il en est de même pour le théâtre public, pour les grandes expositions, pour les musées… mais c’est pas grave… en général quand ça passe une fois, on peut refaire un deuxième round…

Synthèse de la branlette artistique

Pour simplifier, Noël c’est une fête hédoniste et c’est très bien comme ça et l’art est devenu un produit. A partir de là, on va chercher ce qu’on appelle le bonheur dans ces petits moments personnels. La communauté n’est pas forcément source de joie. En réalité, on s’en fout de Noël et de ce bonheur factice, tout comme au final, l’art n’est que de l’art et n’est pas ce que nous pouvons placer au centre. Il nous faut chercher ce qui compte réellement, et non ce n’est pas dans l’art ni dans Noël que tout cela se trouve. L’intérêt c’est d’être utile, de donner du sens et d’en avoir. Le reste on s’en fout. Tout le problème est là, être utile, avoir du sens. Sentir que quelque part on fait partie de ce monde et de ses contraintes. Qu’on est en interaction avec le reste des gens et de ce monde que pourtant nous n’apprécions pas plus que ça. Tout le reste n’est que leurre..; Noël, l’art, président (main sur le cœur), éducation, etc, etc, etc… Alors on se perd et on se confond pour obtenir une once de reconnaissance virtuelle parce que la place occupée dans le monde réel est trop petite, trop vide, trop éloignée de ses propres ambitions, désirs, envies… On se raccroche à des artifices mais la vérité, c’est cette incapacité à s’adapter à un monde qui ne convient pas. Perdu au milieu d’une foule envahissante et grossissante, on cherche ce semblant de lumière. Aujourd’hui, on réclame, on négocie, on prie des attentions parce que plus rien n’est naturel puisqu’on est à la marge. Des cris muets du cœur silencieux qui appellent un soutien, une aide, une alternative à l’ingurgitation d’eau bénite au goulot ou d’hostie en ragoût.

Tout cela n’est qu’un appel à l’attention, aux regards, aux besoins d’être furtivement mais, encore un peu, au centre des regards et du temps qui passe. Le monde se construit et se détruit chaque jour et on erre à ses cotés en le tenant par la main mais sans véritablement entrer dans son chemin. Obtenir une rédemption quelconque peut être, mais confier la vierge à cet individu détruit, c’est prendre le risque d’enfanter un nouveau messie mais de perdre la virginité cristalline et déifiée. reste le choix. Brûler les livres ou avoir un nouveau guide de pacotilles. Tout est illusion mais cette illusion est notre quotidien et lorsque l’on sort de ce quotidien illusoire, on le regrette et on cherche par tous les moyens à revenir dans son giron. Il ne s’agit pas de revenir en arrière et de reproduire le passé, simplement de continuer la poursuite du chemin vers l’avant mais en retrouvant une démarche qui aurait du sens. Les journées sont longues si on ne sait pas les rendre courtes. Comme un alcoolique aviné, on cherche la ligne droite d’un monde qui n’est en réalité que sinueux dans sa construction et sa compréhension. On ne sait pas, on ne trouve pas mais on continue. Quand on sort de la route, on espère que l’opportunité de retourner sur cette autoroute de la normalité pour ne plus se sentir en trop ou à l’écart, en marge ou inutile. Ce qui compte, c’est d’être utile. Le reste, ça n’est que de l’art, ou le Père Noël.

De l’art… point trop n’en faut…. 1ère époque.

Au cours d’une discussion à bâtons rompus comme il en existe tant sur le net, j’ai eu l’occasion de disserter avec une personne très pertinente et cultivée de la notion d’art contemporain. Et ouais, je ne discute pas qu’avec des connards assoiffés de matches de foot ou attendant désespérément que je me décide à mettre notre président (main sur le cœur toussa, toussa) dehors… Les deux m’intéressent toujours mais en l’occurrence on parlait de ça!!!

L’image contient peut-être : ciel, plein air et eau

Il ne s’agit pas de juger de la valeur esthétique d’un travail, (j’ai toujours du mal à parler d’oeuvre pour certaines choses), mais plutôt d’un système économique qui nécessite une véritable interrogation. Dans le même temps, le fameux MG, m’enjoignait d’exprimer ma réflexion sur la culture d’état, et, mon dieu, ça ne va pas être beau.

Plusieurs points nécessitent une réflexion puisqu’ils portent interrogation. Il est même certains que j’oublierai certains aspects dans cette critique de ce qu’on pourrait appeler la culture d’état et je suppose déjà qu’il me faudra davantage que ce simple billet pour envisager toutes les possibilités de critiques à l’encontre de ce qu’est devenu l’art aujourd’hui.  La première interrogation est celle qui se construit autour de la notion même de culture aujourd’hui.

La culture, ou du moins ce que l’on nomme comme tel, est devenu un produit et même un enjeu commercial. L’idée même de production artistique ne se juge et ne se vit qu’à travers les retombées financières éventuelles générées par sa création. On tombe là, dès le départ, sur le premier écueil ou, au moins, sur la première problématique. Le fait de créer ne s’évalue plus selon la pertinence du propos mais bien selon les vertus économiques. Quels seront les bénéfices? Dès la conception du projet, on assiste à la constitution d’un cahier des charges et à un livre de comptes. L’inspiration mais aussi l’improvisation ne sont plus deux mamelles constructives de l’art. Il s’agit de produire. De reproduire à l’infini, des modèles qui ont fait leurs preuves. Elle est là, l’uniformisation de la culture, de l’art. Il ne faut plus faire de l’art, il faut faire du commerce. Chaque oeuvre ne voit le jour que sous la perspective de la rentabilité et non de ce qui lui est constitutif. En effet, la pertinence du propos, de la dénonciation, de la réflexion ne sont plus les pièces du puzzle qui vont légitimer la création. C’est le nombre de ventes ou de vues envisagées et effectuées qui va déterminer la faisabilité ou non du projet. Faire de la culture un simple produit peut s’entendre selon certaines visions mais la fonction de l’art n’est alors plus la même.

A partir de cette notion marchande, on touche les principes même de la création artistique. Si tout se passe selon le nombre de ventes, il faut que l’oeuvre créée consensus. Plaire au plus grand nombre et ce plus grand nombre n’existe qu’à travers les repères et les marques qu’il connait et qu’il a. Nos repères artistiques sont, majoritairement, consensuels puisque formatés. Encore une fois, on peut se dire que non, individuellement nous ne sommes pas victimes du conformisme artistique et pourtant… Ce qui, en vérité, pose problème, c’est la corrélation entre art et grand public. Alors évidemment, une oeuvre qui rencontre un succès populaire n’est pas nécessairement une oeuvre ou un travail détestable. Certaines œuvres véritablement artistiques furent des succès populaires et là n’est pas le problème. Qu’une oeuvre rencontre son public ne fait pas d’elle une sous oeuvre. Il faudrait vraiment poser les règles et le cadre de ce qui détermine une oeuvre d’art, et là on pourrait obtenir consensus. Tout peut donc être art mais ce qui va changer le regard c’est la faculté commerciale de ce concept. Puisque l’art est une marchandise, c’est le marketing qui va faire la différence. La campagne de promotion sur tous les supports possibles va rendre le travail faussement artistique et faire l’universalité du projet. Or, une oeuvre d’art doit-elle être universelle? Poser cette question montre d’emblée les contradictions de l’union du marketing et de l’art.

De l’art de l’hédonisme ou lorsque la satisfaction ne peut être que personnelle… (une bonne branlette vaut mieux que deux tu l’auras..)

Comme si, quelque part, cela recelait du moindre intérêt. Puisqu’il est admis que la personne la plus importante de nos vies se trouve être nous-même alors la vie rêvée des anges que représente celle de l’autre, se trouve être sans importance. On peut, bien sûr, s’arrêter aux quelques personnes qui donnent du sens à notre propre existence mais, si et seulement si cette présence s’inscrit dans notre épanouissement. L’autre se doit d’être utile, de nous être utile, sinon il n’a pas à être là. On peut toujours se défendre et prétendre que ce n’est pas vrai, que non! nous ne sommes pas égoïstes. Cela ne convainc plus que la bien-pensance. Si certains se réclament encore de l’abandon absolu de soi, ils ne représentent plus qu’une infime minorité et même cette perspective est discutable. Nombre d’actions qui se veulent altruistes ne sont, en réalité, qu’une masturbation égotique visant à s’aimer davantage parce qu’on se considère utile et par la force des choses, comme quelqu’un de bien. Cette notion du bien, qui comme toute notion philosophique, en réalité, ne s’applique qu’à l’aune de son propre regard et qui, de fait, ne saurait avoir une perception universelle. Le bien se détermine selon ce que chacun considère être les valeurs. Les siennes, qui lui sont propres, qui lui appartiennent, ainsi tout part de soi puisque tout correspond à notre interprétation. Alors cette guimauve qui se répand actuellement, un peu partout, en raison des fêtes de fin d’année, ne peut être que ce que tous veulent nous vendre. On passera sur l’aspect mercantile de la chose ou sur l’américanisation du Père Noël parce que, en réalité, on s’en fout. Ce qui intéresse dans l’idée de Noël, c’est de recevoir des cadeaux pour obtenir une satisfaction personnelle. Alors, les moralistes vont encore me répondre: « Euh non, moi ce que j’aime, c’est faire des cadeaux aux gens que j’aime… » Recevoir sa petite part d’auto satisfaction à travers le regard de l’autre, sacrée nuance.

Ne surtout jamais dire qu’un cadeau nous déplaît pour ne pas froisser l’égo du donneur. Au final, le cadeau a plus de valeur, d’importance pour le donneur que pour le récepteur. Il est la preuve de l’amour, de l’attention, de l’efficacité que nous avons aux yeux de l’autre. Il prouve notre attachement, notre connaissance, notre fiabilité. Voilà pourquoi Noël est déplaisant. Toute l’année, nous vivons en nous foutant de l’autre où en étant attentif à autrui seulement quand cela peut servir nos intérêts, et soudain, cette période nous oblige à faire l’effort de nous soucier des goûts et des besoins de quelqu’un qui n’est là que pour nous rendre service et surement pas pour vider notre porte-monnaie.

Oui, c’est ludique, c’est sympa, c’est convivial et tout ce qu’on voudra mais ça n’empêche pas de n’être qu’une célébration de nos propres angoisses existentielles. Puisqu’il faut faire attention aujourd’hui à nos amours, nos rires, nos dépenses, nos envies, nos motivations, cette période nous permet d’obtenir un havre de paix, un repos pour nos esprits emprisonnés par le politiquement correct. Alors respirons pendant qu’il est trop tard et que, dans quelques jours, la routine reprendra ses droits. Nous ne sommes pas parfaits, nous le savons tous, pourtant nous voulons apparaître comme tel aux yeux de tous parce que ça nous rassure égoïstement et que, dans la déception de l’autre, nous lisons notre propre déception. Nous ne sommes pas parfaits pourtant nous devons l’être, non pas pour autrui, mais bien pour nous, pour que tout cela ait du sens, pour que nous devenions mémorables à nos propres yeux.

De ce mal de crâne qui ne s’enfuit jamais….

Alors on se retrouve dans cet espace intemporel et flou. Rien ne semble avoir de véritables sens. Tout se construit et se déconstruit dans une urgence quasi invisible mais patente. On fait parce qu’il ne faut pas défaire, ce qui pourtant n’est qu’erreurs ou mensonges. Chaque instant vient à nous rappeler la petitesse de notre présence et l’immensité de notre absence. On court parce qu’il ne faut pas marcher. On vole parce qu’il faut posséder. On survit parce que vivre coûte trop cher. Et on continue… Et cette migraine qui ne cesse pas….

Il faut donner du sens, donner corps à des choses immatérielles qui ne racontent rien parce que c’est le cours de l’existence et d’une certaine modernité du vide que d’attendre. Si regarder les choses et les gens tels qu’ils apparaissent à mon regard fatigué et embué par tant de mépris s’apparente à de la rébellion ou du non formatage alors soyons rebelles et déformatés. On nous parle d’incivilités et de mépris. On nous dit que le monde va comme il va et qu’il ne va pas bien mais que ça pourrait être pire si nous ne faisons pas attention à ce qui a été crée, que tout ira mieux demain parce que, aujourd’hui, c’est trop compliqué et que c’est difficile de manger des pâtes à l’eau et des tartines au pain… Et cette migraine qui tape….

Il ne s’agit pas de se rebeller en considérant, avec une mauvaise foi teintée d’hypocrisie, que tout détruire est l’idéal, que la tabula rasa est la seule alternative, non, il s’agit juste de constater que ce qui a été fait ne mérite que d’être défait. Assujettis que nous sommes à des volontés et des désirs qui ne nous appartiennent pas, nous errons dans le no man’s land que représente désormais nos vies. La solution ne peut être qu’individuelle et ne peut répondre qu’à des désirs et des volontés personnelles. Il n’y a pas de gourou ou de facteur x qui éclairera soudain le chemin de nos destinées d’une lumière aveuglante. Et cette migraine qui ne s’arrête pas…

Inexorablement le temps défile et nous rapproche du constat final. Il n’y aura pas de réponses ou en tout cas, il n’y aura pas de réponses positives. Et finalement, voulons-nous réellement des réponses? Il faut acter, agir encore et encore… produire, reproduire et recommencer. C’est comme ça, c’est la vie…. C’est cette marque fataliste qui fait que nous attendons tous le premier mouvement de l’autre, et qu’à force d’attendre, il ne se passe rien, sauf l’attente. Cette inertie devient donc souvent de l’action puisque, à force de produire du vent, le monde croit produire des tempêtes mais les tempêtes ne font que les naufrages. En fait, le problème n’est pas que nous soyons divisés, le constat est que nous sommes tous égoïstes, jalousement, farouchement, exclusivement égoïstes. Pas de découvertes révolutionnaires, le simple constat que nous sommes en représentation et que ce jeu devient de moins en moins drôle, à force qu’il se déroule sous nos yeux. Nous sommes de moins en moins acteurs de ce théâtre, qu’est le monde, et nous devenons, chaque jour, un peu plus, des victimes, car lire le livre que constitue ce monde est apparu trop fastidieux, trop lourd pour nos frêles épaules. Et cette migraine qui continue….

Il serait facile de gloser et d’ergoter sur le refus de cette évidente passivité et considérer, qu’en réalité, le combat contre la tyrannie est permanent, continu et même plus fort que jamais. Or, il y a longtemps que ce combat est perdu et que rien ne peut changer cette dérive. Il aurait fallu repartir d’une feuille blanche et recommencer mais la peur du vide anesthésie toute velléité de mouvements. Cette défaite n’est pas triste, ni dramatique ni tragique, elle est. Chacun doit s’en accommoder et vivre avec, puisque c’est factuel. Le fait découle de la fatuité, le passé devient le fruit de la passivité et nous sommes tous coupables à défaut d’être bourreaux, de devenir les victimes d’un crime non commis. Et cette migraine qui suinte…

Pour en finir avec 84… (et parce que se moquer de Joséphine, c’est de salubrité publique… )

Et non, ce n’est pas grave d’avoir tort… Et non, ce n’est pas grave de s’apercevoir du ridicule d’une situation qu’on a, soi même, créée. Là où tout devient plus problématique, c’est lorsque l’on cherche à s’enferrer et s’enfermer dans cette erreur, en considérant que plus, on sera ridicule et mieux cela passera. Certes, on le voit tous les jours, plus le mensonge est gros et plus l’opinion publique l’accepte sans trop chercher, toutefois, la simple persuasion ne suffit pas à rivaliser avec l’armada lourde constituée par les médias de masse. Ainsi, vouloir se poser en juge, critique, moraliste sur certains points, tout en se montrant aussi délétère que les personnes pointées du doigt sur d’autres sujets, constitue un paradoxe étrange. Il est interdit de se moquer de certaines catégories de personnes mais il est de bon ton et de bonne facture de juger, critiquer et condamner d’autres catégories. Il ne faut pas se moquer du handicap physique toutefois, les personnes illettrées ou dys peuvent, elles, être raillées sans autre forme de procès. Il ne faut pas critiquer les pratiquants mais honnir les athées, ça on peut. Il faut préserver la sensibilité des LGBT vegan mais on peut insulter les pauvres vieux hétéros carnivores parce que ça, c’est plutôt bien vu désormais. Encore une fois, la police de la pensée décide et juge des éléments sur lesquels nous devons rire et des éléments sur lesquels nous pouvons rire. Le véritable problème, en réalité, est que, chaque jour, nous devons faire attention à la moindre de nos paroles et au moindre de nos gestes parce que Big Brother de la morale is watching us in the eye.

Alors non, je ne vais pas ergoter ici sur ces milliers de personnes qui se sont précipitées pour exprimer un dernier hommage à Johnny. Je n’étais pas fan, ni de l’oeuvre, ni de l’homme, mais des milliers de gens se sont reconnus en lui, ont été touchés par lui et son oeuvre, et même si je ne comprends pas forcément le fanatisme, je ne me vois pas juger l’affection que les gens lui portait. Et non, je ne vais pas jouer les pères la morale en disant que ces fans se sont bougés le cul pour pleurer l’idole défunte mais sont restés dans leur canapé pendant que d’autres luttaient contre les lois macroniennes (mains sur le cœur toussa toussa). Je ne le ferai pas parce que premièrement, je n’en sais rien et il est fort possible et même probable que certains arpentaient les rues parisiennes pour les deux types de cortège. Johnny était un chanteur populaire et il est de bon ton de se moquer de son public parce que justement, il est populaire donc il a le droit d’être syndiqué, opposant, militant etc et de revendiquer dans les bars du commerce, au balto ou dans les rues… et deuxièmement parce que certains, apparemment de moins en moins nombreux chaque jour, mais quand même, apprécient, ou au moins soutiennent, la politique menée par ce gouvernement. Enfin, troisièmement, parce que chacun est libre de faire ce qu’il veut et que pour certains, le recueillement sur la dépouille du chanteur est plus importante, plus vive, plus urgente, peut être même plus vitale, que la défense de certains droits sociaux ou professionnels qui demeurent, finalement, assez abstraits pour la plupart.

Il est donc interdit de se moquer des nains, des musulmans, des juifs et d’autres mais il est quasiment obligatoire de conchier les illettrés, les alcooliques, les fans de Johnny (et ce ne sont pas forcément les mêmes personnes) parce qu’ils sont la représentation caricaturale du beauf. Une des rares personnes pour qui j’ai artistiquement un profond respect, à savoir Philippe Caubère, est un grand fan de Johnny, depuis toujours. Il est également extrêmement réac sur certains points et extrêmement communiste ou avant gardiste sur d’autres. Il se moque, dans ses spectacles cultes, de tous les travers et les défauts de l’homme, tous. Il est donc l’ennemi public de cette bien pensance qui commence vraiment à me courir, et pourtant, pas un critique, pas un spectateur, n’aurait l’idée de considérer que les spectacles de Caubère ne sont pas des spectacles exigeants, populaires, drôles, tristes, touchants, émouvants. On peut donc être fan de Johnny et mener une réflexion, être moqueur sur les conduites physiques de certains et être spirituel et exigeant, faire partie du système, être le système et être critique et lucide sur ce système. On peut être un défenseur des droits sociaux et assister aux obsèques de Johnny.

Encore une fois et pour la dernière fois, je revendique la possibilité que je m’octroie de rire de tout ce que le monde offre comme possibilité et si cela doit faire de moi un facho, un réac, un révolutionnaire ou un révolté, un bouffon ou un opposant, j’en accepte l’augure parce que, au final, je serai moi et non l’image lisse et bien pensante suggérée par certains censeurs qui veulent nous interdire de rire à gorge déployée sur la meilleure scène du Loup de wall street mais qui se permettent de critiquer les honnêtes gens parce qu’ils n’ont pas eu les capacités, les opportunités ou les chances d’être sur le haut de la pile, et que à la fin, ils se retrouvent, sous la pluie, sur les champs, pour pleurer leur jeunesse et leur idole qui partent en même temps.

De l’art… de l’émotion… du pognon…

Jusqu’à présent ce qui se révélait être artistique tournait autour de l’idée d’être vecteurs d’émotions, porteurs de messages. Le message n’étant pas forcément des plus philosophiques ou révolutionnaires mais, il avait au moins une prétendue existence. La quête d’art, peut être à tort, se construisait autour de ces deux désirs,  diffuser le message ou transmettre l’émotion, qui pouvaient être séparés mais qui, assemblés, donnaient une portée bien plus forte au support. L’art devenait puissant et intéressant à partir du moment où le support (écrit, musical, poétique, visuel…) tentait de faire passer une idée, une revendication, une critique donc un message ou de provoquer chez le récepteur une émotion (joie, rire, honte, peine, tristesse, colère…). Aujourd’hui, dans ma posture de vieux con, il semble que l’idée même de message, de sens, d’émotion ait disparu des priorités de l’artiste. Le véritable but de ce que l’on nomme pompeusement désormais art semble être la démarche mercantile. L’idée n’est plus de toucher l’autre mais plutôt de créer le buzz nécessaire pour que l’autre soit dans l’obligation, dans la nécessité d’acheter. Ce qui compte réellement c’est que l’argent afflue. On tombe dans une surenchère permanente dans le besoin de « buzzer ». Du plug anal à la levrette sur le forum des halles devant Pompidou, d’un richard III nu durant 75% de la représentation, à une croix noyée dans l’urine, tout est bon pour choquer. On peut considérer que l’émotion recherchée par l’artiste est la gène, le choc comme pour l’origine du monde. On peut considérer cet aspect. Toutefois, ce qui permet à l’art d’être révolutionnaire et dérangeant les mœurs c’est la rareté. A partir du moment où le seul but de l’artiste est de choquer et que tous les artistes ont les mêmes ambitions, les mêmes envies et les mêmes critères de réussite, peut on encore qualifier de dérangeant ce que tout le monde envisage de faire? La course artistique désormais tourne autour de l’idée de déranger le plus, d’aller le plus loin dans le vulgaire, le cruel, le sale, le laid, l’inutile pour sortir son nom de l’anonymat duquel peut être il n’aurait jamais dû sortir où, en tout cas, pas pour ces raisons et pas de cette façon. Cette course au buzz s’explique aussi et peut être même surtout par le fait que maintenant l’artiste est devenu un véritable professionnel produit marketing vecteur et porteur d’images et qu’il ne peut se permettre d’être ce qu’il est mais il ne peut être que ce qu’il doit être. C’est la professionnalisation de l’artiste. Tout le monde est artiste et Paris semble être devenu une ville ou soit tu es artiste soit escroc soit migrant… choisis ton camp…. Il faut se démarquer dès lors de la plèbe des autres artistes, ceux qui ne font pas le buzz ou pas assez… Forcément, chercher à fabriquer du trash pour avoir pignon sur rue se fait au détriment du sens, au détriment de l’émotion… Faites du bruit!!!! Alors toutes les productions « artistes » rivalisent de mièvrerie, ou de vide… surtout de vide… Il suffit pour s’en convaincre de penser aux « chanteurs » actuels, aux « écrivains », aux « metteurs en scène », aux « plasticiens » parce qu’on ne peut plus parler de peintre ou de sculpteur. L’émotion la plus recherchée par les tenants de cette art le plus souvent subventionné est le dégoût et souvent le mépris. On a donc des « artistes » qui passent en boucle sur les télés pour vendre des « travaux » dans des émissions dirigées par les potes et regardées par les potes. L’art est devenu un entre soi parisien qui se régénère de lui-même artificiellement et automatiquement. Les artistes semblent être ceux qui vont voir les œuvres des artistes qui iront voir les œuvres des artistes. Cercle vertueux? Vicieux? Les gens considérés comme normaux sont soit trop loin, soit trop désargentés soit trop occupés à gagner leur vie pour la dépenser à voir des oani (objets artistiques non identifiés). Alors, certes, on tente, pour certains de rester à la page et de trouver des invitations, captations sauvages pour voir ce qu’on ne peut plus voir gratuitement. Parce que tout se monnaye. L’art du dégoût se monnaye et se paie même très cher. On enlaidit les lieux publics. On pourrit notre audition et notre vision. On détruit notre gout, notre culte pour le beau au profit de l’argent roi. Il faut produire. En masse, en quantité, en nombre, et cher et de plus en plus cher, et produire du buzz encore plus de buzz et comme c’est no limit dans l’abject on en arrive à ce que nous voyons maintenant tous les jours dans les productions dites artistiques. De la merde. Et quand je dis merde je ne parle pas au sens métaphorique du terme. Des expositions d’excréments ou de détritus vendus comme de l’art. L’art qui est de la même racine que l’artisanat n’a plus lieu d’être, il est devenu l’art de la même racine que argent. Il ne faut plus produire pour la beauté du geste ou pour la volonté d’enseigner, de bousculer, d’émouvoir, de plaire, non il faut produire pour choquer et que tout le monde sache même pour de mauvaises raisons que l’oeuvre existe. C’est à celui qui fera le plus de bruits, plusieurs, différents, multiples, sourds, pour être le plus vu et acheté et même si le travail ne vaut même pas la peine que son auteur s’y intéresse. L’art est devenu une marchandise comme une autre, certains peuvent s’en féliciter, sans doute les centaines d’artistes, mais le simple citoyen, avide de beautés, de connaissances et de culture se désintéresse chaque jour davantage de ce milieu. D’une part, parce qu’il a autre chose à faire désormais mais aussi parce que cette profusion n’a plus le moindre intérêt et que de toute façon, nous n’avons plus les moyens pour se l’offrir.

Restez dans le rang pendant qu’il est trop tard…

L’utilisation de poncifs permet de placer un cadre dans lequel on peut, une fois celui-ci construit, se laisser aller à la nage libre. Tout comme la nage libre qui ne peut se pratiquer que dans le cadre du corps liquide, l’autorisation ou la permission de se lâcher ne peut se faire que parce que les règles sont établies. C’est en tout cas mon avis. Dès lors, il va m’être possible puisque le lecteur est désormais plus familier de ma personne, de poser mes vraies pensées qui seront beaucoup moins policées que mes propos jusqu’à maintenant. L’avant propos est posé.

Récemment, la problématique du rire que j’avais déjà abordée a refait surface dans ma sphère privée. Alors encore une fois j’insiste sur le fait que rire de tout est une obligation et que se défendre d’un acte comique est déjà montrer qu’on s’adresse à des porteurs d’intolérance et dans ce rapport là, ces avis sont totalement sans importance. Ce n’est pas parce qu’on rit d’une blague juive qu’on est antisémite, ce n’est pas parce qu’on rit d’une vanne sur les noirs qu’on est raciste et ce n’est pas parce qu’on se moque d’un handicap qu’on est sectaire ou je ne sais quelle connerie….

Ces mêmes personnes qui sont les premières à défendre la liberté d’expression viennent se poser en censeur dès lors qu’on touche à leurs problématiques ou à leurs intérêts. Je ne vois pas bien ce qu’on peut avoir comme autre sentiment que du mépris pour des gens qui adoptent ce type de comportement. Il faut être Charlie mais il ne faut surtout pas faire de blagues sur ci ou sur ça parce que ça me touche personnellement et je souffre dans mon petit cœur à moi que j’ai. De la même façon, cette intolérance primitive s’accompagne toujours du recours à la loi qui serait du coup la garante de la morale. A quel endroit dois je vomir? Il a été décidé par quelques personnes quelque part que ce n’était pas bien de rire ou de parler de telles ou telles choses donc si jamais on le fait on ne mérite que la prison, l’exil et même la mort! Les Charlie’s angels ont pleuré, se sont affichés, ont manifesté pour défendre le droit de chacun de s’exprimer et de dire ce qu’il veut. Ces personnes ont même dit que c’était la base de la démocratie! (Là, je ne vois que la tarte dans la gueule!)… Donc la démocratie (pardon, je ris… ), n’existe que parce qu’il y a la liberté de parole et de penser (hommage à l’exilé portugais) mais seulement sur les sujets qui ne les froissent pas. A partir de là, il n’y a aucune surprise à se retrouver avec une société molle, aseptisée et contrôlée puisqu’il y a, en réalité, une police de la pensée qui s’installe et pas seulement chez les personnes qui ont pignon sur rue mais bien, sur chacun d’entre nous. Chacun de son côté se plaint de l’inertie et de l’acceptation de l’autre de cette société mais chacun d’entre nous contribue à cette société en interdisant Dieudonné mais tolérant Desproges parce qu’il est mort?, en refusant de s’autoriser d’adopter la morale de Molière et de corriger les hommes en les divertissant, on s’autorise juste à fermer nos gueules devant toutes les saloperies qui nous arrivent alors que dire c’est exorciser… De la même façon, comme disait Beaumarchais par la bouche de Figaro: « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. » De plus en plus de personnes signalent le retour d’une novlangue mais cette novlangue ne sera pas dangereuse si la pensée est déjà au préalable nettoyée des aspects les plus contestables de l’âme humaine.

Dans ce contexte et cette ambiance de dénonciation et de critique de la moindre pensée qui sort du rang, je revendique de rire des juifs, des handicapés, des arabes, des noirs, des blancs, des femmes, des chauves, des roux, des belges, des suisses, des arabes, des gros, des maigres, de tout ce qu’on veut parce que je suis tout cela à la fois et plus encore unitairement.

Si on veut rester vivant…. on sort du rang….