Par erreur

 

 

Je n’ai jamais tant désiré la seconde opportunité de te rencontrer à nouveau pour la première fois.
Et au milieu des rues et des impasses, il pleut ton nom sur tous les pavés. Nous ne nous sommes jamais dit les mots, les vrais mots que nous aurions dû nous dire et j’ai longtemps eu la morsure du feu qui me brulait les lèvres alors qu’il pleuvait ton nom et que les larmes à venir annonçait l’inondation qui me noie.


Nous ne nous sommes jamais donnés la moindre chance, peut être à cause de nous, sans doute à cause de moi mais personne n’en parle plus désormais parce que nous ne nous sommes jamais dits les bons mots, jamais eu les bonnes pensées… même par erreur, nous nous sommes toujours trompés l’un l’autre, l’un de l’autre, l’un sans l’autre. Et il pleut ton image sur tous les trottoirs que j’arpente, sur toutes les rues que je traverse, sur tous les mondes que je construis pour mieux les détruire.


Le monde est empli de toutes les beautés des siècles et pourtant, seule ton image se reflète dans l’océan de mon vide. Et malgré ma soif, malgré la sécheresse, ton souvenir ne suffit pas.
Même par erreur, même dans nos silences, nous n’avons pas su nous dire ce qu’il aurait fallu pour sauver le reste du monde. Nous ne nous sommes jamais vraiment rencontrés, nous nous sommes toujours évités et, même pas par erreur, juste parce que ce n’était pas notre histoire. Je n’étais qu’une étape inutile dans ton voyage et d’aventures en aventure, de monde en mondes, je n’ai jamais trouvé la route qui aurait pu me mener à toi. Et c’était ta faute.


Au milieu des foules, des gens sans visages, des rues sans nom, je cherche toujours le vent qui chante à l’oreille les mots que nous ne nous sommes jamais dits, les gestes que nous n’avons jamais échangés, toujours la gorge sèche, la bouche appelant la pluie, les vagues, les rivières de ton nom. Il pleuvrait ton nom que rien n’y changerait, même par erreur, nous n’étions pas destinés, nous n’étions pas prévus.


Le monde est plein de routes sur lesquelles il m’est si facile de me perdre. Le monde est plein d’océans dans lesquels il m’est trop facile de me noyer mais même par ta faute, je ne me suis pas tué. J’attendais que la pluie pleure ton nom.
Et si je me suis si souvent trompé, si j’ai suivi le chemin qu’il ne me fallait pas c’est uniquement ma faute. Mais au milieu des vies des autres, des phrases non dites, ce n’est plus la faute que je cherche, c’est l’oasis que je trouve.


Peut être que de nous, il serait arrivé quelque chose qui aurait apaisé la soif. Peut être que nous aurions pu trouver de quoi animer l’inerte de cette rencontre. Un chemin vers nulle part, avec n’importe qui, pour n’importe quoi, dans une pénombre que la présence absente n’éclaire plus. Une route sans fin qui nous serait dédié alors que nous aurions dû nous éviter dans le silence de la sécheresse de cette rencontre.


Il pleut ton image sur tous les faubourgs pour me mener vers la première rencontre qui ne sera que la seconde puisque maintenant j’ai ce brin de jasmin en bouche pour me redonner vie, pour me montrer que je ne suis pas ce rien que tu as construit, le vide que tu as détruit.


Je me suis noyé dans le tourbillon de ton souvenir alors qu’il n’était même pas un souvenir mais juste une invention. J’ai inventé des sourires, des bonheurs qui n’ont jamais existé et au milieu des rues, perdu dans ma propre confusion, j’ai laissé la pluie couler sur moi et renaitre du vide pour penser enfin à voix haute même si c’est mal, même si c’est ma faute. C’est ma faute.


Il pleut des souvenirs qui n’ont jamais existé. Les fontaines, les caniveaux, les fleuves se vident de la pluie de ton nom parce que d’étape en étape je ne trouve plus que du jasmin. Une fleur dans le désert.


Nous ne sommes jamais dits les mots qui auraient pu tout changer mais le reste du monde offre les montagnes desquelles il fut si facile de tomber. Les champs donnent les jasmins qui, même par erreur, disent les mots que nous n’avons jamais prononcés, que mes yeux hurlaient et que les tiens ignoraient. Et c’est la faute et il pleut ton nom mais ailleurs et ce n’est plus une erreur.

 

Nuovo parole

 

Et puis, à force de suivre la pluie courir le long des rues désertées, la lumière apparait à l’angle d’un rêve. Il n’y avait plus véritablement d’espoir de parler comme ça le fut et puis, au coin des nuages qui se croisent, derrière les étoiles qui se couchent, naquit une possibilité d’une idylle, une possibilité d’un ailleurs, d’autre chose, autrement mais encore plus proche de ce que tout ce qui aurait dû être.

Et puis, au fond, les chemins ne valent que parce qu’ils ont un but, une fin, alors le bout du chemin emmène vers un autre monde qui reste à découvrir. Les promesses se font toujours par milliers, les rêves se partagent par centaines mais ce qui aurait dû être la fin ne fut finalement que le début d’un quelque chose qui se construit chaque jour depuis que les obligations se succédèrent.

Il plut longtemps, il plut violemment, sans cesse. Il plut et les éclaircies furent rares. Peut être même inexistantes. Avec les souvenirs, j’étais toujours arrêté au point où l’attente devenait plus jouissive que le voyage et pourtant, à force d’immobilisme, je dus reprendre le cours d’une vie à t’attendre. Un jour, et un autre, et d’autres encore à voir disparaitre les images qui alourdissaient les bagages et empêchaient d’avancer.

Et puis, se délester des poids qui écrasaient, des chaines qui emprisonnaient, des images qui empoisonnaient. Et voir, de plus en plus, à chaque instant, les rayons du soleil revenir sur les vallées et sur les chemins qui menaient jusqu’aux impasses d’un autre temps. Le chemin était semé d’embuches, et long, surtout lorsqu’il demeurait immobile. Il fallait briser les chaines invisibles, celles qui retenaient l’esprit, qui ternissaient l’âme. Il fallait trouver la force de reprendre la route, de rencontrer à nouveau, de croiser des regards et se dire qu’il serait possible de faire confiance à nouveau même si au fond, c’est faux.

Et puis, comprendre et admettre que le chemin, le destin, n’est pas celui d’un poète déchu ou d’un ange maudit. Que rien de ce qui se faisait n’allait dans le sens qui était imposé. Comprendre enfin que l’image construite, façonnée n’était qu’une image et qu’elle n’était que le mensonge des désirs d’une autre. Et comprendre enfin qu’il n’y avait pas d’autres choix et qu’il fallait avancer, reprendre le chemin, ressaisir le monde surtout s’il s’enfuit si longtemps. Renaitre et revivre. Et tout ce qui pourrait me ramener au passé partit en fumée, noyé dans les courants plus forts et plus profonds des nouvelles paroles des statues et des icones dressées sur un monde qui n’existait déjà plus et qui ne valait pas la peine d’exister.

Et puis regretter ce qui fut parce que ça n’aurait pas dû être. Regretter d’avoir cédé, d’avoir accepté alors que longtemps je m’y refusais. S’en vouloir d’avoir cédé alors que le seul moment mémorable était celui de l’indécision, du doute, de l’ignorance. S’en vouloir d’avoir cru alors que la raison disait de ne surtout pas y aller. Mais, enfin, se pardonner puisque les tempêtes passèrent, les naufrages furent oubliés et la vie reprit le flambeau. Deviner enfin dans les courbes nocturnes, les refrains des possibles et se dire que demain, l’odeur du jasmin aura à nouveau son éclat d’antan et qu’il ne sera plus perverti par les noirceurs des trahisons d’autrefois.

Et puis, enfin, entendre les nouveaux mots et les prononcer. Les entendre à nouveau comme des évidences crédibles cette fois et les comprendre comme des sens donnés à des évidences et non plus des mensonges inventés pour te piéger et te rendre marionnette d’une histoire qui ne sera jamais la mienne. Et enfin se libérer du vertige qui continuait d’entrainer les moindres émotions en un tourbillon qui n’était plus moi.

Et puis tout passe même si ça fait mal mais tout passe et rien ne change.

Voleur d’Ombres (4ème époque, Episode 7) Passaggeri del vento

Les erreurs du passé disparaissaient avec la pluie dans les coursives, les travées creusées le long des ruelles pavées. La mer pouvait encore absorbée les pluies diluviennes des derniers jours mais il ne faisait guère de doutes désormais que les prochains jours, une aqua alta allait se répandre sur la cité. Le vent qui soufflait de manière continue ne faisait qu’accentuer l’inquiétude des habitants. Malgré l’habitude, malgré l’organisation, rien n’enlevait cette inquiétude qui parcourait les différents sestieres. Chacun tentait de sourire et de crier haut et fort comme il le ferait habituellement mais imperceptiblement l’inquiétude se diffusait dans les cœurs et dans les âmes. Ce n’était pas tant le danger de l’inondation qui inquiétait les habitants. Ce n’était même plus les dégâts de chaque débordement. C’était davantage le message qu’envoyaient les dieux qui pesait. Dans cette ville, au carrefour des mondes, il était parfois plus sage de parler de dieux au pluriel. La mise à disposition des iles du nord ouest au fond du Canarreggio à la communauté juive appuyait l’idée que les différentes confessions allaient devoir cohabiter et l’attitude des juifs durant la grande épidémie qui leur valut l’autre ile ne faisait que renforcer ce sentiment de partage. Ils avaient été bons, généreux, sauveurs et la ville ne pouvait l’ignorer. Ils avaient bravé le danger, eux et avaient sauvé des vies même celles des chrétiens sans se soucier de qui prier. Evidemment, cette petite leçon de choses avait été oubliée par beaucoup. Il avait fallu remercier et traiter en frères des gens que la plèbe aimait détester depuis toujours et haïrait bientôt de nouveau. C’était cyclique et prévisible. C’était écrit.
Et dehors, malgré tout, malgré les brigands qui finissaient immanquablement sur les gibets ou noyés, malgré les patrouilles des forces de l’ordre qui ne négociaient jamais, malgré le manque, malgré la pluie ou la chaleur, tout était magnifique. Chaque rue, chaque immeuble, chaque personne portait des légendes et des histoires et chacune explosait d’images et de portes ouvertes vers un autre monde.
Ce qui lui servait de chambre ou de lieu de vie plus exactement lui ressemblait de plus en plus. Elle avait accroché sur toute la longueur du plafond des voiles légers et multicolores qui construisaient un véritable parcours pour atteindre son bureau. Souvent sur sa table de travail couverte de papiers divers, de taches d’encre et de plumes abimées, elle s’endormait u milieu de la nuit après des heures et des heures de travail. Elle voulait souvent abandonner cette vie qui finalement n’en était pas une. Elle voulait souvent se dire que la vente lui rapporterait suffisamment pour vivre tranquillement pendant plusieurs années. Peut être même qu’elle trouverait un mari à même de l’aimer vraiment malgré toutes les trahisons dont les hommes pouvaient se montrer capables. Et dehors, tout est vrai, tout est réaliste.
Les voiles donnaient à ce lieu une allure de nuage perdu dans les étoiles. Souvent, elle faisait monter des hommes ou des femmes même si la morale et la justice divine le réprouvait et elle se laissait aller à s’abandonner dans des paradis artificiels qu’elle se créait elle-même. Elle aimait le choc des corps, les odeurs de peau, la douceur des caresses. Les mélanges de sens, les rencontres des sentiments contraires, les vertiges des regards perdus faisaient qu’ici, ça ne pouvait être ailleurs. Il fallait tout cette vie pour que les éléments se mettent sur le même chemin.

Cattiva stella

C’est une tempête qui me porte vers toi. C’est ce souffle venu d’ailleurs qui change tous les effets, toutes les certitudes, tous les maux. C’est cet air, cette onde qui bouscule les dunes des déserts et qui fait tourner les têtes les plus fortes. Et ce vent qui me porte vers toi ramène les pleurs, les larmes, les coups et toutes ces choses qui ont construit la chute. Les nuages sont poussés trop vite. Il n’y a plus le temps d’admirer les étoiles, il n’y a plus le temps de les transformer et elles restent les mauvaises étoiles sous lesquelles sont nées nos dernières illusions.
Et ce vent efface toutes les traces écrites dans le sable dans lequel respiraient encore les dernières promesses d’une histoire différente, d’une histoire qui portait l’un vers l’autre les évidences des corps et des êtres faits pour ne pas être séparés mais qui le sont et le resteront désormais. Chacun de son côté, chacun de son monde, à contempler sa propre mauvaise étoile en attendant l’orage qui lavera définitivement les plaies.
Toutes ces images qui ne font que me ramener vers toi et qui bercent les derniers espoirs des décédés des millénaires précédents lancent dans les airs les feux d’artifice qui écrivent ton nom dans les cieux au milieu de nos étoiles contraires, de nos mauvaises étoiles. Et ce nom résonnera dans des centaines de ruelles pavées, dans des millions de gouttes dans les canaux et sur des dizaines de fleurs pendues sur les balcons ombragés des fenêtres ouvertes sur les rayons des soleils d’été. Et les centaines de vagues qui heurteront les quais pour mourir danse cri de ton nom qui résonnera sur les palais pour emplir encore toutes les vies de sa présence. Et les inondations traversées encore et encore en entendant siffler ton nom et les tempêtes maritimes affrontées sur ce petit bout de terre au milieu du vide pour pouvoir coucher sur les papiers volants dans la pièce nue les mots que tu ne liras jamais et qui pourtant continuent de te rendre vivante malgré ton départ.
C’est ce vent qui me pousse tellement fort vers toi qui continue de porter l’odeur de ta peau dans un souffle mortel d’orages d’été. Une odeur de jasmin qui ne meurt pas et qui empreigne les murs et les étoiles les plus lointaines, une mauvaise étoile qui reste ma seule compagne dans mes nuits sans sommeil à errer dans une ville qui n’est pas la mienne mais qui me retient parce que tu n’y seras pas. Ce vent qui nettoie les chemins poussiéreux de mon âme et découvre les planètes sans nom qui me porte toujours vers toi, m’amène toujours vers toi mais je reste dans cette ville étrangère pour ne pas me blesser, pour me protéger de ta mauvaise étoile qui luit sur moi.
Et maintenant que les bateaux ne peuvent plus ensevelir mes rêves, je peux enfin regarder à nouveau les époques passer, les jours mourir et les heures frapper comme les balles qui transpercent les plus courageux d’entre nous, les amours défuntes dispersés dans les univers inconnus par ce vent qui me pousse vers toi. Dans mes meilleurs jours, je me surprends à sourire et à oublier ma mauvaise étoile.

Voleur d’Ombres (4ème époque, Episode 6) Passaggeri del vento

Depuis quelques mois, elle avait décidé de s’installer dans la chambre au dessus de sa loge. Contrairement au rêve de son père, elle refusait de se produire. Les femmes étaient toujours interdites de scène et le doge ne l’aurait pas vu d’un bon œil, d’autant que les relations avec le pape n’étaient pas forcément au beau fixe. Elle avait déjà dû demander une ordonnance papale pour hériter. C’est finalement le doge qui avait pris sur lui de lui accorder ce privilège afin d’éviter une émeute. Dans la cité elle-même, les différentes iles montraient des signes de crispation. Le ghetto devenait une poudrière et bien que l’autorisation accordée à Francesca ne changeat rien pour la communauté juive, le doge avait considéré qu’il n’était pas opportun d’ajouter la disparition d’un théâtre. Elle avait fait preuve de force de caractère et annoncé devant toute la communauté que le lieu serait vendu au premier qui ferait du théâtre n’importe quoi, sauf un théâtre. Déjà, plusieurs entrepreneurs avaient fait des offres de service pour profiter d’autant d’espaces dans le cœur de la ville. Le risque de voir le San Moise devenir un entrepôt à vins ou à céréales, à l’entrée du Gran Canale, ne pouvait être pris par les autorités. Elle outrepassa ses droits, elle outrepassa ses pouvoirs. Elle s’opposa et ce combat fut une révélation pour elle. Il s’agissait de la première fois de sa vie qu’elle osait dire non aux hommes et plus encore, à des hommes de pouvoir.
En réalité, souvent elle avait dit non à son frère qu’elle s’était crée en rêve. Elle jouait seule autour des puits de la place Campo Santa Margherita et elle s’autorisait, enfant, à gronder son frère imaginaire. Elle n’avait pas vraiment d’amis, ni de réelle compagnie. Le métier de son père et l’absence de sa mère construisaient une distance naturelle avec les autres enfants de son âge. Elle reçut une instruction que beaucoup d’enfants des sestieri de la ville ne pouvaient recevoir. Son père ne pouvait que lui offrir l’accès à la culture et au savoir. Il aurait voulu lui apprendre l’amour paternel, il aurait voulu pouvoir remplacer la mère disparue mais il ne savait que gérer les multiples aléas que son affaire engendrait dans sa vie. Il ne pouvait même pas vivre sans eux finalement.
Dans sa chambre austère, elle entendait les bruits qui montaient des sous-sols. Elle ressentait une ambigüité dans cette idée. Elle aimait l’idée d’entendre, de pouvoir surveiller et savoir tout ce qui se passait chez elle mais elle sentait aussi une culpabilité à se placer au dessus, à être dans une sorte de supériorité. Elle entendait les textes et les musiques, les respirations et les larmes. Elle sentait le pouls de la scène, les vibrations des mondes imaginaires qui s’épanchaient sur le proscenium et qui parcouraient le parterre et toutes les allées des sièges aux tapisseries et boiseries vieillies.
Ce lieu subissait déjà les outrages du temps. L’humidité de la ville, le passage quotidien et répété des spectateurs et des différentes troupes, les matériaux d’un autre âge faisaient que déjà il était vieux. Toute cette atmosphère, toute cette ambiance faisait que le San Moise empreignait la ville de sa magie. Certains, la plupart, disaient que c’était la ville avec ses passages escarpés, ses ponts tarabiscotés, ses places immenses et ses quais dégagés qui respiraient dans le théâtre mais l’amour que Francesca portait à ce lieu lui faisait dire que c’est le théâtre qui apportait la vie dans la ville. Sans lui, la ville serait triste, terne, fermée, opaque. Grâce à lui, malgré les crises, malgré la peste, elle rayonnait encore de part le monde. Elle existait aux yeux de tous et déjà, elle représentait la magie, le paradis, le centre du monde, à la fois son poumon et son cœur, son cerveau et sa main, et même si certaines villes comme Florence, voulaient rivaliser avec elle, elle était unique. La mer qui vivait partout en elle, les montagnes qui la surveillaient, les marais qui la protégeaient, la lagune qui l’enjolivait. Toute la nature céleste s’était réunie pour faire de ce lieu, un endroit à part que rien, pas même les tromperies, les mensonges, les secrets d’alcôve et les mesquineries de l’époque ne pourraient ternir. Les chants venus de la scène traversaient tout l’espace et la sortirent de sa rêverie. Elle aimait ce lieu davantage encore qu’elle n’eut pu aimer un homme ou une femme. Tout ce qu’elle voulait respirait ici et tout ce qu’elle désirait mourrait ici avec ou sans elle mais c’était là. Parfois, les lieux sont plus forts que les blessures. Les abandons, les oublis, les fins du monde ne résistent pas à la force de ce qui vibre en soi. Cette ville et plus encore le théâtre de son père étaient le cœur qui battait en elle et la maintenant vivante malgré sa solitude.

Je ne m’habitue pas à la mer

 

Et malgré toutes ces heures et toutes ces nuits passées et dépassées, je ne m’habitue pas à la mer, je ne m’habitue pas à l’absence. Je continue à vivre avec ce parfum d’abandon qui embaume les nuits où je m’autorise enfin à me coucher de ton coté du lit puisque tu n’y seras plus. Les excuses explosaient par milliers et m’appelaient par mon nom comme si j’étais déjà condamné. Chaque jour devenait une épine de plus enfoncée sous l’ongle, dans la peau, dans la chair, à vif. J’aurai tellement aimé me dire que mon amour c’était toi mais pour cela il aurait fallu que je ne sois plus le seul à éprouver ce sentiment. S’entendre juste dire au creux de l’oreille que c’est toi, juste toi, seulement toi, encore toi et pouvoir hurler des rêves qui s’accrochent encore aux nuages. Et écouter ton souffle résonner en moi et me traverser comme la lame du couteau que je n’ai pas et me dire que je ne m’habitue toujours pas à la mer et que le parfum des jasmins en fleurs flotte autour de moi comme l’empreinte de tout ce qui ne sera jamais vécu.

La pluie frappe le sol et cette petite musique m’accompagne comme cette nostalgie accrochée à mes semelles et qui me suit et pourtant, autour de moi, tout est magnifique. Le sublime côtoie le merveilleux et malgré tout, je ne parviens pas à transformer ces lèvres closes et pincées en un sourire ou même juste en une esquisse d‘émerveillement. Les goûts n’ont plus de saveurs, les lumières n’ont plus d’éclats, les parfums n’ont plus d’odeurs. Seuls les souvenirs et les images restent animés et même si tout est magnifique, je ne vois plus que les reproches, les pertes, les ombres. S’il y eut de l’ambre, des perles et des joyaux, ils sont devenus les cendres incandescentes d’un feu de joie nourrit de toutes les tristesses de ces jours et de ces nuits, de toutes ces images qui traversent sans cesse l’esprit et frappent sur les parois de la mémoire pour rebondir plus fortes encore et tourner sans cesse comme je tourne dans mon lit en attendant un signe qui ne viendra jamais.

Il est possible que je ne fis que de mauvais choix, je n’en fis jamais de bons et pourtant tout reste magnifique autour de cette vie mais tout est vide dans cette vie. Il est possible que tout soit plus simple quand il n’y a rien à attendre et que tout soit plus beau quand tout est déjà triste. Il n’existe plus aucun sourire dans le vol des oiseaux, il n’existe plus aucun éclat dans la courbe des vagues, il n’existe plus de beauté dans la fonte des neiges et je ne m’habitue pas à la mer, ni à l’absence du parfum des jasmins en fleurs. Et même si tout passe et que rien ne change, les sourires qui m’accompagnent, les caresses qui me poussent, les baisers qui m’encouragent ne tuent pas les mauvais rêves et ne rendent pas les plus belles journées de mes pires années plus supportables.

Et je continue à chercher mes chaussures dans le frigo, et je continue à trouver mes chemises dans la baignoire, et je continue à voir des nudités dans le tambour, et je continue à relever des cheveux dans les verres et je continue à me demander si je vais finir par m’habituer à la mer, si je ne me suis pas tué et si un jour, les jasmins auront à nouveau le parfum des lendemains.

Acte 2

Second temps non négociable, une véritable politique concernant l’UE. 2005 a prouvé que les français pouvaient s’intéresser à la question européenne mais que encore une fois, la fameuse démocratie représentative a balayé d’un haussement de menton la parole populaire. Evidemment, pour moi, le rêve serait une sortie inconditionnelle de ce machin mais on ne peut se prévaloir de démocratie d’un côté et imposer une décision de l’autre. A moins donc d’un référendum faisait office de loi applicable et non négociable sur le sujet, je ne m’amuserais peut être même pas cette fois à lire les promesses électorales des uns et des autres qui n’engagent que ceux qui encore croient ces bonimenteurs.
Mise en place d’une véritable démocratie (c’est-à-dire voter les lois impactantes au quotidien) et mise en place au minimum d’un référendum sur la question de l’UE avec une vraie campagne pédagogique et non idéologique sont les deux préalables indispensables et qui conditionnent clairement tous les autres sujets. L’environnement, le social, le sécuritaire, l’immigration, la laïcité, l’économie, le militaire, l’éducation, la santé, la formation, la famille, la ville, le plan, l’agriculture, le chômage, la retraite, la politique sportive, égalitaire ne sont que des domaines, selon moi secondaires et qui seraient seulement discutable dans une perspective où les citoyens seraient concernés de part leur vote et leur prise de position et dans une perspective où ces mêmes citoyens auraient décidé d’eux-mêmes si les décisions supra nationales devaient continuer à l’être.
On peut bien sûr m’objecter que les sujets cités sont plus importants. Evidemment. Pour moi, les deux thématiques que je mets en avant sont les points de départ d’un traitement es autres points. On peut vouloir lutter contre le réchauffement climatique, et à l’exception de quelques illuminés, tout le monde est plutôt d’accord sur la nécessité écologique mais une vraie politique écologique passe par la fin du lobbying, la mise en place de lois et de règles contraignantes mais acceptées et voulues par tous et non imposées par certains sans visée pédagogique. On peut même croire que les citoyens sont suffisamment intelligents pour comprendre une obligation de réforme de la retraite ou du chômage ou de je ne sais quoi si cette obligation est expliquée, si elle est adoptée avec concertation, si elle est amendable en cas d’échec, si elle est discutée et discutable. Or aujourd’hui, cela n’existe pas et c’est l’une des raisons des multiples refus de réformes. Les français, comme d’autres, ne sont pas contre les réformes. Ils sont contre les obligations, les diktats, les impositions. En discutant, on arrivera à davantage de consensus et davantage d’implication mais pour que des personnes privilégiant leurs postes à l’intérêt général comprennent enfin ce genre de choses, je pense que nous ne serons plus ici pour le voir.
On peut encore me rétorquer que si les citoyens décidaient de leur gestion, ils remettraient en place la peine de mort, la fin de l’immigration ou je ne sais quelle autre saloperie. Evidemment, je serai plutôt contre mais s’il s’agit de la volonté du plus grand nombre, il faut l’accepter. Aujourd’hui, les décisions sont prises par un petit nombre concernant le plus grand nombre et les imposent. Si demain, le vote populaire décide de remettre en place la peine de mort, je suis en droit de quitter le pays, de m’y opposer pacifiquement, de lutter contre sans être à tour de rôle affublé de sobriquets tels que fachos ou gauchos, racistes ou suceur de babouches.
L’an prochain je ne voterais donc pas pour les partis pro UE, ce qui fait que je ne voterais pour personne et pour être bien sûr que je ne voterais pas, je ne voterais pas pour un parti qui considère la république et donc l’élection de maitres comme ne obligation en prétendant qu’il s’agit de la démocratie mais une démocratie sans le peuple. Ni Mélenchon, ni Le Pen, ni Macron, ni Bertrand, puisque tous républicains et tous pro UE. Inutiles dès lors de venir m’expliquer les vertus d’un programme inapplicable, aucun parti aujourd’hui ne répond à mes désirs d’égalité, de justice, de liberté, de paix.
Pour finir, l’abstention est aujourd’hui, le seul véritable geste politique de contestation selon moi. Voter pour des gens qui ne prennent jamais en compte la parole populaire, c’est clairement se soumettre. C’est d’autant plus risible de se considérer insoumis dans ce cadre mais ça n’est pas la seule contradiction. De très loin, aujourd’hui, les abstentionnistes sont pour beaucoup, plus politisés que les votants, plus au fait des enjeux que les votants. Les votants votent par tradition, par reflexe, par paresse intellectuelle et réflexive et certains, encore, quelques uns votent par conviction. Des convictions de soumission à l’UE et des convictions de soumission à une pseudo élite totalement déconnectée et méprisable. Ce n’est qu’une piste mais plutôt que de pleurer une fois par an environ sur les taux hallucinants de l’abstention et sur des députés élus avec 15% des voies des inscrits ou des présidents de régions avec moins de 10%, il serait temps de remettre les individus au centre de la politique et de laisser enfin les citoyens participer aux décisions qui les concernent.

Acte 1

J’avais, durant ma pénitence Facebookienne, écrit quelques bafouilles que j’envisageais de divulguer et puis… Finalement, le constat aurait été le même. Rien ne change et rien ne changera. Que ce soit d’un côté ou de l’autre, les fanatiques soumis hurlent, avec les loups, la nécessité du vote. A l’exception de quelques occasions où je me déplace parce que j’ai encore des connaissances qui croient en la politique politicienne non démocratique actuelle et qui se présentent et que donc, par amitié, je soutiens, je ne vote plus.
Ainsi, il est acté pour moi que je ne voterais pas aux présidentielles. Ou plutôt je voterais pour le candidat qui mettra dans son programme deux éléments essentiels et je suis tranquille, ça n’arrivera jamais. Outre les préoccupations sociales et environnementales dont tous les candidats se targueront, la nécessité d’une véritable mise en place de la démocratie sera un préalable non négociable. Par démocratie, évidemment, je n’entends pas cette supercherie républicaine qu’on nous vend depuis bientôt un siècle en appelant cela démocratie, alors qu’elle n’est qu’un carcan, peut être plus dur encore, que les régimes totalitaires qu’il nous plait de haïr.
Tout le monde le sait mais tout le monde fait comme si cela était normal. La république n’est pas la démocratie et l’inverse encore moins. Je ne suis pas républicain. Je n’ai pas besoin d’avoir un inconnu qui me représente dans quoique ce soit pour, en plus, le plus souvent, ne pas me représenter selon mes envies et intérêts. Tant que nous serons dans ce système représentatif, il n’est même pas tolérable de parler de démocratie.
Premier temps donc, la mise en place d’un véritable système démocratique, à savoir que les décisions qui impliquent véritablement la vie des gens soient des décisions collégiales et non des décisions posées par quelques personnes élues à 20% au maximum quand elles ne sont pas élues comme les ministres. A quel moment ai-je accordé un mandat à Darmanin ou plus encore à Dupont Moretti ? De quel droit ces personnes prennent elles des décisions qui impactent ma vie, ma sécurité, ma morale, mes finances sans que je sois consulté ? Certains appellent cela la démocratie. J’appelle cela infantilisation ou pire encore, mais la décence et la menace Fb m’empêchent de dire tout ce que je pense. Premier temps donc, la mise en place d’un système démocratique efficient qui concernerait enfin les citoyens et non plus exclusivement une élite déconnectée et qui n’a d’élite que le nom qu’elle s’est elle-même octroyée.

Voleur d’Ombres (4ème époque, Episode 5) Passaggeri del vento

Ses pas résonnaient sur les pavés humides de la ville endormie. Depuis toujours, elle entendait les rumeurs d’une vie nocturne dangereuse, opaque, mystérieuse. Elle n’en avait jamais vu la moindre esquisse. Elle aurait aimé croiser ces soirées de débauche, de luxure, de stupre. Elle voulait croire que cela pouvait être le piment qui manquait à sa vie. Tout le monde pensait que sa vie n’était que folie, lumière, effervescence. Elle était la reine du soir de cette ville de toutes les exubérances et pourtant, elle ne savait rien de ces nuits légendaires qui finalement n’existaient pas. Comme prise dans un tourbillon infernal, elle restait malgré tout en quête de ces lieux, de ces gens.
Ses journées finalement étaient tellement chargées de toutes ces contrariétés qui rendaient sa vie si pesante qu’elle ne savait où trouver le repos, l’abandon. Il lui fallait combler les absences, les abandons, les trahisons. Depuis qu’elle était seule, elle avait dû affronter les choses qui n’étaient pas les siennes. Elle était préparée certes mais le monde ne l’était pas. Une femme avec tant de responsabilités, tant de pouvoirs sur des hommes, même maudits, ce n’était pas dans les habitudes de ce monde, de cette époque. Personne n’avait jamais remis en cause sa position, personne n’avait jamais osé lui dire en face ce que tout le monde disait dans les ruelles, sur les places, dans les églises. Elle savait ce qui se disait dur elle. Malgré sa force affichée, elle n’était pas sourde aux rumeurs. Elle avait choisi de ne plus s’arrêter sur tout ce qui pouvait se dire. Elle travaillait, nuit et jour, jour et nuit, tous les jours, à chaque instant, partout et les rares fois où elle s’accordait l’abandon, elle se donnait à la première ou au premier qui voulait bien lui donner un moment de bonheur synchrone.
Elle se savait condamnée désormais à cette vie. Sa chance était passée depuis sa naissance. Cette chance que Dieu lui avait donnée d’obtenir ce que toutes les autres n’auraient jamais, elle le payait par l’absence de ce qu’elle savait naitre n’importe où, n’importe quand, n’importe comment. Elle savait qu’elle risquait de croiser un regard là où elle ne l’attendait plus. Elle se savait trop faible intérieurement pour résister au naufrage. Souvent, elle s’asseyait, tard, sur les marches de la cathédrale nouvellement érigée à la pointe de l’ile à l’extrême sud de la ville. Elle aimait marcher jusque là et laisser ses yeux se perdre dans les flots et survoler les maisons de terre cuite de la ville, les campaniles et les quais. Et, assise là, face à l’immensité de ce monde qui restait à conquérir elle s’imaginait ces autres mondes qu’elle n’avait pas le droit de rencontrer. Tous ces battements de cœur qui naissent d’une rencontre improbable, d’un regard, d’un geste maladroit.
Elle se savait épargnée par des forces divines de ce sentiment qu’on ne peut comprendre, de ces pensées permanentes qui envahissent ton esprit au milieu de la journée, au lever, pendant que la discussion s’envenime avec un autre. Elle avait lu depuis que son père l’avait obligé à apprendre en lui payant une fortune les services d’un prêtre défroqué, les récits fiévreux de toutes ces personnes incapables d’effacer le visage de l’autre, incapable de faire autre chose que de ressentir l’autre au fond de soi. Elle avait peur de ce sentiment mais elle rêvait secrètement d’en être une victime. Elle qui parlait sans cesse, s’imaginait déjà tellement bousculée qu’elle ne trouverait plus les mots pour dire à quel point son cœur la brulait. Elle voyait depuis son promontoire toutes les ruelles, tous les passages, tous les chemins et elle les faisait mentalement déboucher sur un point unique, sur le cœur de l’autre qu’elle cherchait depuis toujours en sachant déjà qu’elle ne trouverait jamais sa trace. Elle voulait se confronter à cette force qui venait de nulle part et qui disparaissait plus vite encore, elle aussi voulait se sentir incapable de retenir ce qui la faisait vivre, elle voulait manquer d’air, elle voulait manquer d’eau, elle voulait manquer de vie parce qu’elle ne trouverait pas de sens, parce qu’il n’y a pas de raison, parce qu’elle se sentirait enfin toute petite face à tant de grandeur, parce qu’elle voulait ce qui lui était interdit. Parce qu’elle voulait pouvoir dire : « mon amour, c’est toi » parce que cela lui était interdit.
Alors, elle trouvait toujours le temps de se plonger dans ce type de pensées. C’était son échappatoire, sa chapelle ardente, son exil. C’était encore ce qui lui permettait de rester humaine. Croire qu’un jour, elle serait comme d’autres en sachant que ça n’arrivera jamais.

Voleur d’Ombres (4ème époque, Episode 4) Passaggeri del vento

 

Les années passaient et rien ne changeait. Elle avait espéré que tout serait différent, que tout changerait mais elle avait beau regarder dans les mots et au travers des yeux de tous, elle avait beau écouter ces regards, sourire sous la pluie ou pleurer les jours de canicule, elle savait que ses essais ne seraient qu’échec. Pour chaque rêve qu’elle faisait, pour chaque espoir qu’elle construisait, elle perdait davantage que ce qu’elle pouvait imaginer.

Elle avait vu trop d’arrivistes. Elle avait dû sortir le fer et défendre un honneur qu’elle n’avait pas mais qu’elle avait construit à force de résistance et de refus. Elle avait vu des cartes e retourner, des deux de bâton et des dix d’épée qui finalement ne changeait rien au cours des choses. Trop de fois elle avait entendu des : « je t’aime » des « je te veux » et toujours, elle avait répondu : « Je ne peux pas » alors que tout son corps, tout son cœur, criaient : « je ne veux pas ».

Elle aurait voulu essayer les sentiments mais ils n’étaient pas faits pour elle alors elle s’efforçait de parler comme tout le monde, de trouver les mots enfouis dans les autres mémoires parce qu’elle ne voulait pas de cette guerre, elle ne voulait pas de cette conquête, elle voulait continuer à ne pas être d’accord.

Autour d’elle, tout était toujours sublime et même si ses rêves étaient toujours des cauchemars, ils étaient à elle. Les ponts, les places, les pavés renvoyaient à chaque instant la perfection de la création et de la volonté humaine mais pourtant elle restait triste, déçue, amère. Quelque chose, désespérément, lui manquait et ça n’était pas l’amour en soi. C’était simplement la force d’aimer. Plus encore que l’envie, il s’agissait réellement de la force. Elle en éprouvait le besoin mais elle ne se sentait pas capable de ça.

Elle s’était résolue à toujours vivre avec ce manque mais elle refusait finalement de donner les plus belles journées de ses pires années à cet autre qui ne ferait que dormir de son côté préféré du lit.

La salle couverte de terre battue exhalait ces parfums d’envie, de désir, d’emphase, de trop plein et à chaque sortie, elle aimait humer l’odeur de renfermé que toutes ces âmes portées au même endroit, au même moment avaient construite. C’est ce moment où elle sentait enfin qu’elle recevait l’amour qu’elle ne connaitra jamais. C’est cet amour là qu’elle voulait, qu’elle aimait. Elle savait que personne, jamais, ne lui dirait je t’aime comme cette salle lui criait, lui gémissait, lui chantait. Cette salle c’était son père, c’était toutes les personnes qui avaient cru l’aimer et qui n’auraient en réalité réussi qu’à laisser ici cette parcelle de sentiments pour qu’enfin, tout cela devienne un océan d’amour que seule, ce lieu pouvait encore lui envoyer.

Il fallait pour qu’elle ait sa dose d’amour qu’elle soit dans cette salle, quelle prenne ce que, sincèrement, les gens pouvaient lui donner. Elle avait vu défiler des dizaines de vies, de fictions mais à chaque fois elle trouvait une nouvelle splendeur qui lui prouvait encore qu’elle avait raison d’être là et de faire ce qu’elle faisait.